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Revue Dissonances N°22 - Rituels

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 26 Juin 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

La revue Dissonances N°22 – été 2012 – a choisi pour sous-titre « Rituels ». Parfaite mouture pour névrosés obsessionnels. Un régal.

Dans une mise en page soigneusement désordonnée et graphiquement dérangeante, les textes et articles de cette livraison nous interrogent sur le cœur du symptôme obsessionnel : la répétition, l’ « ostinato » diraient les baroqueux italiens.

 

« Liturgie anodine du matin, entre tartines beurrées et café noir, envoûtement nuptial avec ses robes blanches et ses cantiques, conditionnement pavlovien, danses de houri en quête d’extase, ritournelle poussiéreuse des dimanches de la vie (…) »

 

Côme Fradaigue ouvre la danse en un petit « édito » construit sur le champ lexical de l’obsession : rituel, ritournelle, liturgie. La métaphore musicale surgit, inévitable. Comment faire autrement dans une revue qui s’intitule « dissonances » et c’est bien la structure du KV 465 de Wolfgang que l’on retrouve ici, dans une construction qui allie les harmonies les plus classiques et les « dérapages » plus ou moins contrôlés.

Revue 303 : on tire aussi la culture en pays de Loire !

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 19 Juin 2012. , dans Revues, Les Livres, La Une Livres

Revue 303, arts, recherches, créations

Clin d’œil aujourd’hui à une publication alternative qui vous sert le must de la Culture aux petits oignons, en tranches, façon mijoté en série, faisant écho dans nos pages à une question sidérante d’actualité entre Beauté et Toc. Les ricochets sont faciles. Surtout lorsqu’ils coulent sous le sens. Née il y a 27 ans du besoin de transmettre une empreinte culturelle forte, comme du désir d’unir les pôles Recherche, Art et Création depuis la région unique des Pays de la Loire, la Revue 303 s’anime d’un souffle explorateur prêt à nous remettre les boussoles à l’air ! De superbe facture, forçant l’exigence dans la richesse des thèmes abordés, voici un cabinet de curiosités éditoriales qui lorgne ses utilités du côté de l’Indispensable, et ses hommages proches du Nécessaire. En effet, la politesse intellectuelle n’a pas d’heurts, et l’équipe à la barre de la Revue 303 connaît son alphabet sur le bout des lettres en exhibant la partie le plus charnue de son anatomie : l’esprit. Mi-livre d’art, mi-catalogue d’expo, cet hybride iconoclaste publie quatre trimestriels d’une centaine de pages et un hors-série de 250 pages par an. Puisant une inspiration gourmande et bestiaire au sein des références identitaires phares de la région Loire vineuse, riche d’Histoire et profuse en cépées, sa ligne éditoriale étend ses serments de la mode à l’architecture, des Arts outsider jusqu’à la linguistique, en passant par le sport, le voyage, les légendes arthuriennes, Jacques Demy et le patrimoine littéraire de Loire, avec Gracq et Verlaine en témoins.

New York, petit pop-up panoramique (illustrations Sarah McMenemy)

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 29 Mars 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Casterman

New-York, Petit Pop-up Panoramique, Mars 2012, 6,95 € . Ecrivain(s): Sarah McMenemy Edition: Casterman


Et voilà un cadeau rigolo à glisser au fond de sa poche, dans un coin de son sac ou à poser sur sa table de chevet : un petit coffret cartonné aux couleurs pastel, qui vous propulse directement au cœur de la Grosse Pomme. Sortez le livre de son étui et visitez les douze plus grands sites new-yorkais. En un rien de temps, vous vous dirigerez du Flat Iron Building à la Statue de la Liberté sans vous perdre grâce au petit plan qui semble croqué à la hâte par un voyageur émerveillé. Envie de culture ? Pas de souci, le Musée Guggenheim vous ouvre ses portes. Un peu d’air marin ? Le Brooklyn Bridge et ses haubans vertigineux vous proposent une traversée de l’Hudson. Vous pourrez ensuite faire quelques emplettes chez Macy’s : les images de papier se déploient sous vos yeux grands ouverts.

Casterman, maison phare de l’édition graphique, nous propose ici un produit dépaysant et amusant : deux méthodes de lecture, soit à feuilleter comme un pop-up traditionnel, soit à déplier comme le soufflet d’un accordéon. Le livre se pose et se transforme en véritable décor de théâtre. Les textes informatifs synthétisent remarquablement l’essentiel à savoir sur chacun des monuments présentés.

Revue Carré N°1, éditeur Rhubarbe

, le Lundi, 26 Mars 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Éditions Rhubarbe

Revue Carré n°1 (le noir), mars 2012, 80 pages, 15 € Edition: Éditions Rhubarbe


La revue Carré, comme son nom l’indique, propose une première livraison de 80 pages de 17 cm x 17 cm. Un beau papier glacé, de belles photographies en noir et blanc. Le sous-titre, « revue intéressante », donne le ton d’ensemble : ce que l’on y trouve est effectivement intéressant, tout en ne se prenant que moyennement au sérieux, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. La contrainte imposée aux rédacteurs dans chaque livraison sera celle de la couleur, sous forme de nouvelles ou de récits, de poèmes, de maximes… Pour le noir, les déclinaisons s’inspirent de la petite robe noire, de la peur du noir, de la Mer Noire, de la Série Noire… La nouvelle d’Edgar Poe, Le Chat noir, y est en bonne place, dans sa traduction par Baudelaire, lequel Baudelaire nous incite, dans la page suivante, à nous enivrer, autant dire à « être noir ».

Quelques apophtegmes, proverbes, sentences, poussent allègrement à la réflexion : « le savon noir est une imposture ! », « humour noir ou clown blanc, à vous de choisir ! » tandis que dans d’autres pages on revient sur l’étymologie de « blackbouler » ou de « nigelle ».

Voies de traverse (3). La revue MONSTRE N°3

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 24 Mars 2012. , dans Revues, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

La revue MONSTRE, « Indétectable », N° 3, semestriel, janvier 2011, 112 pages, 15 €.


Le projet de La revue Monstre a de quoi retenir l’attention : elle se définit comme une « revue qui épuise le genre », une « revue d’exploration pédé ». Une position choc et excessive, mais un pari tenu. Voici une revue qui dérange et qui entend bien sortir du champ des productions gay grand public. Une revue qui interroge concepts et clichés et refuse toute hiérarchie : mots et images y pèsent du même poids ; artistes, écrivains, chercheurs, militants LGBT y apportent librement leur contribution personnelle au projet choisi. Revue d’art ou recueil universitaire, Monstre ne tranche pas, elle associe et dissocie, elle crée son propre genre.


Après le placard et les clichés  « gay », La revue Monstre met le doigt sur ce qui échappe, sur ce qui reste à découvrir ou à couvert, en interrogeant « l’indétectable ». A l’heure où on ne se cache plus, où la visibilité est même de mise, faut-il paradoxalement s’exposer et se fondre dans la masse ? « être out par fierté, mais banalisés » ? Que signifie pour un « gay » de se dire « indétectable » ?