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Revues

Revue Dissonances N°22 - Rituels

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 26 Juin 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

La revue Dissonances N°22 – été 2012 – a choisi pour sous-titre « Rituels ». Parfaite mouture pour névrosés obsessionnels. Un régal.

Dans une mise en page soigneusement désordonnée et graphiquement dérangeante, les textes et articles de cette livraison nous interrogent sur le cœur du symptôme obsessionnel : la répétition, l’ « ostinato » diraient les baroqueux italiens.

 

« Liturgie anodine du matin, entre tartines beurrées et café noir, envoûtement nuptial avec ses robes blanches et ses cantiques, conditionnement pavlovien, danses de houri en quête d’extase, ritournelle poussiéreuse des dimanches de la vie (…) »

 

Côme Fradaigue ouvre la danse en un petit « édito » construit sur le champ lexical de l’obsession : rituel, ritournelle, liturgie. La métaphore musicale surgit, inévitable. Comment faire autrement dans une revue qui s’intitule « dissonances » et c’est bien la structure du KV 465 de Wolfgang que l’on retrouve ici, dans une construction qui allie les harmonies les plus classiques et les « dérapages » plus ou moins contrôlés.

Voies de traverse (3). La revue MONSTRE N°3

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 24 Mars 2012. , dans Revues, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

La revue MONSTRE, « Indétectable », N° 3, semestriel, janvier 2011, 112 pages, 15 €.


Le projet de La revue Monstre a de quoi retenir l’attention : elle se définit comme une « revue qui épuise le genre », une « revue d’exploration pédé ». Une position choc et excessive, mais un pari tenu. Voici une revue qui dérange et qui entend bien sortir du champ des productions gay grand public. Une revue qui interroge concepts et clichés et refuse toute hiérarchie : mots et images y pèsent du même poids ; artistes, écrivains, chercheurs, militants LGBT y apportent librement leur contribution personnelle au projet choisi. Revue d’art ou recueil universitaire, Monstre ne tranche pas, elle associe et dissocie, elle crée son propre genre.


Après le placard et les clichés  « gay », La revue Monstre met le doigt sur ce qui échappe, sur ce qui reste à découvrir ou à couvert, en interrogeant « l’indétectable ». A l’heure où on ne se cache plus, où la visibilité est même de mise, faut-il paradoxalement s’exposer et se fondre dans la masse ? « être out par fierté, mais banalisés » ? Que signifie pour un « gay » de se dire « indétectable » ?

Revue Rue Saint Ambroise N° 28

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 13 Janvier 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Rue Saint Ambroise N° 28

Elégant, clair, aéré, le N°28 de « Rue Saint Ambroise » semble à l’image de l’entreprise de ses créateurs et animateurs. Il faut au moins ces trois qualités pour s’aventurer dans la publication de micro-nouvelles issues de la plume d’auteurs aussi différents que possible !

Le genre en effet, la nouvelle très courte, est des plus exigeants. Toute médiocrité, imitation ou faiblesse d’écriture y est impitoyablement visible, comme le nez dans la figure ! La brièveté amène naturellement le lecteur à une attention qui n’a pas le temps du relâchement.

L’équipe de « Rue St Ambroise » l’a parfaitement compris. Elle l’écrit d’ailleurs dans la présentation de sa revue : « Attention aux auteurs, temps pour lire ». Et la plus belle qualité pour réaliser pareil projet est, assurément, la curiosité d’esprit, la certitude que des auteurs ont quelque chose à raconter, à apporter, et pas forcément des auteurs connus.

19 petites nouvelles, joyeuses ou tristes, graves ou pas sérieuses, classiques ou innovantes. Avec une qualité en commun : la … qualité ! Une vraie rigueur de choix, tant dans les trames narratives que dans l’élégance de l’écriture. Avec une palette d’auteurs – d’auteures – qui présente aussi bien des plumes déjà reconnues et d’autres … pas encore !

La Revue Littéraire (ed. Léo Scheer) N° 51 : Hervé Guibert

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 09 Décembre 2011. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres


Excellent numéro que nous offre LA REVUE LITTERAIRE (Léo Scheer), pour saluer la mémoire d’Hervé Guibert, disparu il y a vingt ans, le 27 décembre 1991.

Excellent parce qu’il évite tous les écueils du genre « mémorial » qui plombent en général ce genre d’entreprise. L’hagiographie « enthousiaste », l’érudition épuisante, le papillonnage autour de la seule figure centrale.

Dès l’avant-propos, Arnaud Genon pose le fil rouge du projet : que reste-t-il d’Hervé Guibert vingt ans après ? Et sa conclusion est des plus claires : il reste … Hervé Guibert !

Toutes les interventions ici ont un ton, un propos, un regard authentiques et à la sortie de la lecture de ce numéro on connaît mieux, loin des volutes sulfureuses des « buzzs » médiatiques de l ‘époque, Hervé Guibert. L’écrivain authentique, l’amant vénéneux, la source d’inspiration d’écrivains marqués par le structuralisme, le photographe passionné et étrange, et la myriade de facettes d’un écrivain, d’un homme qui – malgré la brièveté de son existence – a eu le temps d’être fascinant. Trop sûrement : d’avoir été, par sa sexualité, sa souffrance, sa maladie, sa mort, hyper-médiatisé, il souffre assurément aujourd’hui d’une sorte d’oubli injuste.