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Dissonances N°23 : Superstar

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Lundi, 05 Novembre 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

 

Dissonances trace sa route. Non, la métaphore ne colle pas. Dissonances trace son chemin vicinal, sa voie – une voix – décalée et salutaire. En ces temps de rentrée littéraire et de prix déprimants, lire les étoiles, enfin les « superstars » de ce numéro 23, fait un bien fou. Au moral, à l’intelligence, aux zygomatiques aussi car on sourit, on rit, souvent.

Superstar, ça déménage. Imaginez seulement : il y a Johnny bien sûr, et Elvis, et Lou, Et Bob, et Mick, et James. Il y en a même pour les footeux, avec Marco, Alain, Sylvain. Vous pourrez vous amuser à refaire le chemin de Petit Poucet qu’on vient de vous suggérer. Et vous pourrez trouver d’autres cailloux à semer au long de cette piste aux étoiles.

 

Par chemin encore plus détourné, on a même la joie suprême – et l’immense honneur -  de croiser François. Oui LE François, le premier des Français. Sous forme d’un rap en anaphores. « Moi président de la république, je préfère me faire me faire sucer au bord de l’eau ». Oh pardon. Le choix n’est pas des plus élégants. Difficile de faire plus convenable cependant.

Au lièvre Mort 3 + 9 = Bleu - Nouvelle revue de poésie

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 23 Juillet 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Il faut saluer l’effort de Laura Vazquez et Virginie Girault pour faire vivre, vivre d’une vie d’audace et d’électricité soufflée sur l’échine du langage, de tout langage (trait, son y compris), l’innovante nouvelle revue de poésie multi-média titrée Au Lièvre Mort 3 + 9 = Bleu. C’est un « espace numérique d'expérimentations poétiques » qui « interroge notre rapport à la langue démultiplié ou radicalement modifié à la fois par les nouveautés technologiques et par les nouveaux usages de la technologie ». Ainsi, « se plaçant elle-même dans la mutation du support et du medium artistique, la revue […] est animée non seulement de lectures visuelles plurielles, mais aussi de lectures sonores. »

C’est dire sa richesse, son urgence, qui tient aussi au fait qu’elle est entièrement gratuite et disponible en ligne. S’y reporter, c’est plonger dans le vivifiant méandre d’innovations formelles et sonores, qui ont toujours trait à un pas de côté avec l’ordinaire de la prose et avec les conventions qui y sont rattachées, du moins eu égard à la doxa.

Cet espace sans limites qu’est Au lièvre mort, sans frontières autres que celles que lui confèrent notre regard, notre acte de feuilleter intense et hasardeux, vise à interroger notre rapport au langage, et à approfondir, de salvatrice façon (eu égard à notre époque douée de carcans en tous genres), nos questionnements :

Revue Dissonances N°22 - Rituels

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 26 Juin 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

La revue Dissonances N°22 – été 2012 – a choisi pour sous-titre « Rituels ». Parfaite mouture pour névrosés obsessionnels. Un régal.

Dans une mise en page soigneusement désordonnée et graphiquement dérangeante, les textes et articles de cette livraison nous interrogent sur le cœur du symptôme obsessionnel : la répétition, l’ « ostinato » diraient les baroqueux italiens.

 

« Liturgie anodine du matin, entre tartines beurrées et café noir, envoûtement nuptial avec ses robes blanches et ses cantiques, conditionnement pavlovien, danses de houri en quête d’extase, ritournelle poussiéreuse des dimanches de la vie (…) »

 

Côme Fradaigue ouvre la danse en un petit « édito » construit sur le champ lexical de l’obsession : rituel, ritournelle, liturgie. La métaphore musicale surgit, inévitable. Comment faire autrement dans une revue qui s’intitule « dissonances » et c’est bien la structure du KV 465 de Wolfgang que l’on retrouve ici, dans une construction qui allie les harmonies les plus classiques et les « dérapages » plus ou moins contrôlés.

Voies de traverse (3). La revue MONSTRE N°3

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 24 Mars 2012. , dans Revues, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

La revue MONSTRE, « Indétectable », N° 3, semestriel, janvier 2011, 112 pages, 15 €.


Le projet de La revue Monstre a de quoi retenir l’attention : elle se définit comme une « revue qui épuise le genre », une « revue d’exploration pédé ». Une position choc et excessive, mais un pari tenu. Voici une revue qui dérange et qui entend bien sortir du champ des productions gay grand public. Une revue qui interroge concepts et clichés et refuse toute hiérarchie : mots et images y pèsent du même poids ; artistes, écrivains, chercheurs, militants LGBT y apportent librement leur contribution personnelle au projet choisi. Revue d’art ou recueil universitaire, Monstre ne tranche pas, elle associe et dissocie, elle crée son propre genre.


Après le placard et les clichés  « gay », La revue Monstre met le doigt sur ce qui échappe, sur ce qui reste à découvrir ou à couvert, en interrogeant « l’indétectable ». A l’heure où on ne se cache plus, où la visibilité est même de mise, faut-il paradoxalement s’exposer et se fondre dans la masse ? « être out par fierté, mais banalisés » ? Que signifie pour un « gay » de se dire « indétectable » ?

Revue Rue Saint Ambroise N° 28

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 13 Janvier 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Rue Saint Ambroise N° 28

Elégant, clair, aéré, le N°28 de « Rue Saint Ambroise » semble à l’image de l’entreprise de ses créateurs et animateurs. Il faut au moins ces trois qualités pour s’aventurer dans la publication de micro-nouvelles issues de la plume d’auteurs aussi différents que possible !

Le genre en effet, la nouvelle très courte, est des plus exigeants. Toute médiocrité, imitation ou faiblesse d’écriture y est impitoyablement visible, comme le nez dans la figure ! La brièveté amène naturellement le lecteur à une attention qui n’a pas le temps du relâchement.

L’équipe de « Rue St Ambroise » l’a parfaitement compris. Elle l’écrit d’ailleurs dans la présentation de sa revue : « Attention aux auteurs, temps pour lire ». Et la plus belle qualité pour réaliser pareil projet est, assurément, la curiosité d’esprit, la certitude que des auteurs ont quelque chose à raconter, à apporter, et pas forcément des auteurs connus.

19 petites nouvelles, joyeuses ou tristes, graves ou pas sérieuses, classiques ou innovantes. Avec une qualité en commun : la … qualité ! Une vraie rigueur de choix, tant dans les trames narratives que dans l’élégance de l’écriture. Avec une palette d’auteurs – d’auteures – qui présente aussi bien des plumes déjà reconnues et d’autres … pas encore !