On pense habituellement qu’un couple se forme par amour et qu’il suffit d’évoquer le premier pour que le second soit présumé. Mais, à y regarder de plus près, ce n’est pas aussi simple. Leur relation, qui semble si évidente, n’a en fait rien de clair. C’est que l’amour est parfois fulgurant, sans lendemain, quand le couple, lui, s’inscrirait plutôt dans la durée. Et que d’autres considérations que le seul sentiment amoureux entrent en jeu. Apparaissant davantage ancré dans les réalités du quotidien, plus concret, le couple est vu comme une extériorisation de l’amour, lui conférant visibilité et reconnaissance sans que soient évités pour autant les conflits qui le traversent, voire les ruptures.
C’est à lui que Miguel Coelho consacre son dernier recueil, intitulé précisément « Couple », au singulier pour en marquer le sens général. Publié aux éditions associatives du Feu humain consacrées à la poésie contemporaine, « Couple » tranche par le style, le ton, la manière d’aller tout de suite à l’essentiel. Dès le premier poème tout est dit ou presque, dans une grande économie de moyens, par quelques mots posés sur la page blanche, d’un vêtement laissé à l’abandon, d’un regard et de ce qu’il crée, et se termine comme un couperet : « sur la chaise une robe / et dans l’œil la silhouette / un fond / le froid ».