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Ecriture

Vie de chien, par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 31 Janvier 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

De vie à trépas

il n’y a qu’un pas

père

quel est ce pas

qu’il vaut mieux pas

faire

faire de sa vie

une pute au pas

un plat amer

passer sa vie

à faire le mort

à la défaire

à se croire fort

TEMPUS FUGIT / TEMPUS SURGIT, Par Eric Poindron

Ecrit par Eric Poindron , le Mardi, 30 Janvier 2018. , dans Ecriture, La Une CED

Pour Marc Alyn, Rémois, Voyant, Phrère Nyctalope
& Pierre Michon, Vivant Minuscule

« S’il faut que l’esprit se dérange absolument pour nous mettre en communication avec un autre monde, il est clair que jamais les fous ne pourront prouver aux sages qu’ils sont au moins des aveugles. »


Gérard de Nerval à son ami Victor Loubens.

Le rendez-vous était pris / A la société plus discrète que secrète dite du « ténébreux mélancolique » /A l’angle mort de la tour Saint-Jacques

La nuit semblait faire des bonds de chats / des constellations grimaçantes / des cabrioles d’infortune

A l’image de ce fantôme en habit qui, la porte sourde une fois entrebâillée salua avec assurance l’incrédule le nouvel égaré avant de déclarer :

*

Ecoute-moi mon fils…, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Lundi, 29 Janvier 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

En cette heure solennelle de l’aurore bienfaitrice, ouvre bien tes oreilles hermétiques à la grâce de l’Amour et à beauté de la vie ! Ferme tes yeux qui s’écarquillent de stupeur devant le spectacle de la mort qui s’impose à nous avant même le lever du rideau de la tragédie humaine ! A l’heure où je te parle, des êtres sans tendresse, ni amour, regagnent les rives solitaires, de l’autre côté de nos vies orphelines ! Sois attentif à ma parole, cette herbe folle et clairvoyante qui raconte la légende heureuse des esprits libres et rebelles !

Ta naissance ?

Ah, ce jour béni par les astres flamboyants neufs ! Cette nuit-là, belle et magique, la lune noire avait été vaincue par les éclairs imprégnés par la couleur bleutée des feux follets. Aux confins de l’univers, les étoiles folâtres s’acoquinèrent avec le ciel bleui par les meurtrissures divines. Cette nuit de l’Amour, des oiseaux blanc-pureté, envoyés en éclaireurs, entonnèrent l’hymne de la « Joie Retrouvée » ; puis ils disparurent dans le mystère de l’obscurité lucide. Aussitôt ! Les notes de musique de ce chant aux sonorités allègres subjuguèrent nos sentiments bruts. Béatitude ! La vie frémissante de Beauté encore fragile re-naquit !

Jean-Jacques Marimbert : Poèmes

Ecrit par Jean-Jacques Marimbert , le Jeudi, 25 Janvier 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Intime joie


J’arrache au vol trois mots, tout s’efface si vite.

L’absence noie le domaine respirable, trois mots.

Bouts de peau, à quoi sert-elle si l’air manque et

Si les mains cherchent dans le noir. Oui je t’offre

 

Ma peau, elle est tout, je lui dois tout, ne possède

Rien. Je suis dessous, même pas, dessous, se tient

Un entrelacs de chairs le corps. Je sens mon cœur

Battre battre, penser à toi. Les poumons rythment

La jouer solo, par Marcel Alalof

Ecrit par Marcel Alalof , le Mercredi, 24 Janvier 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Lorsque la bouteille de champagne déborde sur la table, je me dis que ça ne m’était pas arrivé depuis que j’étais enfant. Toujours la question du temps qui passe. Et l’âge ! Son premier signe chez l’adulte « en bonne santé », les douleurs articulaires. Je me suis fait opérer de mes stigmates aux deux mains : un succès, mais je suis astigmate. Le seul souvenir de ma période d’introversion où j’écrivais la nuit, trois fois par an : l’alcool ; boire à gorge déployée et ne jamais être saoûl. Dire en titubant : « Je ne suis pas saoûl ». La saoûlitude tue la solitude. Au début, être seul avec soi-même c’est être mal accompagné. Et puis, après, une fois qu’on sait, c’est être quelqu’un ou avoir quelqu’une. On est saoûl quand on croit, au milieu des concessions, que tout va bien. En fait, tout va trop vite, on n’a pas le temps de faire le point ou l’appoint. On n’a pas le temps de penser, ou s’arrêter à ce qu’on pense, parce qu’il y a urgence. Partager à tout prix ; et le jardin secret ?

Boire du vin quand on est triste et de la bière pour le devenir. A l’aéroport de Tahiti on entend l’ivrogne dans les toilettes hurler : « Papeete ! ». Cet alcool qui brise les barrières fait venir l’esprit. Mais tous les gens saoûls ont le même humour qui me donne des hauts-le-cœur et me révulse.