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Ecriture

Le complexe de l’écrivain (6), par Eric Dubois

Ecrit par Eric Dubois , le Lundi, 26 Février 2018. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Je suis rentré chez moi. Laure m’attendait.

 

– Alors ?

– Rien.

– Comment rien ?

– Des considérations générales … Rien de plus !

– Des considérations générales ? Comment ? C’est tout ? Mais tu es nul !

– Non.

– Moi, je dis que si !

– Si tu le dis !

Les travaux et les jours (extraits), par Ivanne Rialland

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 14 Février 2018. , dans Ecriture, La Une CED, Bonnes feuilles

 

 

La mère

Assise poliment sur le canapé de cuir, son assiette à dessert posée sur ses genoux serrés, elle tâche de briser la pâte dure de la tarte avec le côté de sa fourchette, tout en balayant du regard le cercle des parents assemblés autour de la table basse. Du fond de l’appartement parviennent les cris excités des enfants. Sans être chaleureuse, l’atmosphère est cordiale, et chacun y va de son anecdote sur sa descendance, qui s’agite là-bas, dans les chambres des fils de la maison. On sourit, amusés, complices. Les plaisanteries fusent, qui manifestent chez certains une camaraderie ancienne qu’elle contemple à légère distance.

Hommage à Krzysztof Kieślowski et à son Décalogue, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 09 Février 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Les personnages des films de Kieślowski nous sont

Proches pour ce que dit Nathalie Sarraute dans Pour

Un oui ou pour un non : « Oui, comme maintenant, quand

Tu t’es arrêté là, devant la fenêtre… pour regarder…

Avec ce regard que tu peux avoir… il y a chez toi, par

Fois, comme un abandon, on dirait que tu te fonds avec

Ce que tu vois, que tu te perds dedans… rien que pour ça…

Oui, rien que pour ça… tout à coup tu m’es proche… »

Sensuelle, par Marcel Alalof

Ecrit par Marcel Alalof , le Jeudi, 08 Février 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

J’avance à pas rapides, dans le hall de ce centre commercial immense, pareil à celui d’un aéroport ultra-moderne, de structure toute métallique.

J’emprunte l’un des escaliers roulants descendant. Une personne, une femme, est à sept ou huit marches devant moi. Je me positionne sur la gauche pour la doubler, me rapprochant petit à petit. Elle se tient à la rampe, lascive. Elle a tout son temps, en fait elle est disponible. Je ressens cette détente qui émane d’elle avant même de l’avoir observée. Je suis près d’elle, à deux marches derrière et la contemple de demi-profil. Je vois ses cheveux châtains noués en un chignon léger sur un port de reine. Je devine ces formes de profil sous son pull de coton marron tricoté, assorti au ton sombre de sa chevelure, ses seins remplis, sa taille fine, la ligne de ses cuisses longues et musclées. Je ressens toute sa féminité, aussi bien par ce que j’observe que par ce qu’elle dégage.

Je dois l’aborder, faire sa connaissance. Mais, je sais que ma gorge déjà gonflée de désir, ne pourra laisser échapper de son qu’inharmonieux, que mon esprit déréglé par mes sens ne saura me venir en aide.

L’escalier roulant toujours descend, accompagnant l’incarnation parfaite de la volupté jusqu’au niveau inférieur.

Les enfants de Rodrigues, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Mercredi, 07 Février 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Cette sensation a commencé un 13 novembre, le lendemain de mon arrivée à Rodrigues. L’île Rodrigues. Par un petit-déjeuner d’abord sur une nappe bleue cousue de rubans rouges. Du riz, des lentilles, du potiron cuisiné avec soin, les soins de mon hôte dont le prénom aurait dû déjà m’éclairer. Héloïse. Son sourire d’abord, au téléphone, depuis l’aéroport de Port-Louis, à l’île Maurice. Un premier retard, un problème technique, un problème d’appareil, un problème de pilote malade, des passagers absents, des bagages à débarquer, cinq heures de retard. Par chance pas de vents violents, ce jour-là, je me souviens avoir regardé le ciel, je crois que le ciel était clair. Ses bras ouverts à mon arrivée, elle sur le seuil de son gîte, la terrasse entre nous, moi sur mes gardes. Où déjà ?

Rodrigues.