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Ecriture

Charles Baudelaire 31 août 1867 - 31 août 2017 (La Cause Littéraire. Hans Limon)

Ecrit par Hans Limon, La Rédaction , le Jeudi, 31 Août 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Aujourd’hui, 31 août 2017, nous célébrons les 150 ans de la mort de Baudelaire, phare éternel de la poésie française. Hommage à Paris et à son poète de toujours.


Paris

il me semble à présent que la belle Paris

gît sous un édredon, privée

de son mari

le métropolitain glissait vers les abîmes

les pensers souterrains ruminaient leurs victimes

les pas perdus tonnant sur les lugubres dalles

répandaient par à-coups leurs douleurs capitales

Ismaël, par Khalid El Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Jeudi, 31 Août 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

J’ai tes yeux.

Avant que je le prononce. Invisible.

Je vois un fantôme dans une veine invisible.

J’ai tes yeux.

On ne se souvient pas. Invisible.

Je vois un fantôme dans une graine invisible.

Je ne sais pas rire. J’ai tes yeux et tes dents.

Noires au fond mais blanches. Invisible.

La pluie tombera dans ma bassine invisible.

Ismaël invisible.

Fils invisible.

Sans voix invisible.

A mon père (1) - Peut-être te disais-tu, par Emmanuel Levine

Ecrit par Emmanuel Levine , le Mercredi, 30 Août 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

L’écriture économe et le rythme lent donnent au poème le ton d’une berceuse funèbre, adressée au lecteur et au défunt. De vieux mots juifs dérangent et complètent une langue ordinaire, pour raconter l’expérience d’un endeuillé, excaver ses souvenirs et ses mots. Toute une archéologie commence, qui cherche à les restaurer, pour abandonner nos passions tristes.


E.L.


PEUT-ÊTRE TE DISAIS-TU

 

Les clous du soir

tombaient sur tes jours.

Portrait d’artiste - « À pied d’œuvre" – Sur les traces d’Iris Terdjiman, Par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Lundi, 28 Août 2017. , dans Ecriture, La Une CED

 

Jeune femme électrique au milieu des carcasses de bagnoles, des cliquetis métalliques, meuleuses, clés, tournevis, marteaux, droite et dense entre deux riffs sursaturés qu’une enceinte vomit dans un coin, clope au bec, sur une toile d’infortune, drap de soi collé contre un mur en miettes, elle peint. Le reste est accessoire. Le pinceau métronomiquement nonchalant fait jaillir forces et formes avec la précision hachée d’un automate sensuel, mêlée d’une tendre brusquerie toute virginale dans ses timides égarements. Heidi peinturlure sa chambre au tomahawk, dérange les esprits depuis trop longtemps captifs des lieux, déménage à mesure qu’elle fixe, disparaît peu à peu devant sa Pangée blême et rend visible ou presque ce flot d’images obsédantes, furieuses et kaléidoscopiques sillonnant sans relâche ses pensées les plus sombres, les moins tristes, plats épouvantails pour champs de ruines, tapisserie fine d’un mausolée-garage à ciel ouvert, où les odeurs d’huile, d’essence et de bière côtoient les flaques de pluie largement répandues. De l’âme aux poils imbibés de mélasse à carrosseries, un seul flux, un seul circuit, ouvert, fermé, ouvert, parade alternative distribuant les touches par syncopes savantes, égrenant les terminaisons nerveuses par gerbes de suie pesamment gracieuses.

Hommage à Baudelaire (XX) - Sous les soleils mouillés de Baudelaire, Charles Duttine

Ecrit par Charles Duttine , le Lundi, 21 Août 2017. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Il fait beau en cette saison. Le soleil est omniprésent et parcourt son orbite d’une manière mathématique et insistante. Mais, qu’en est-il de cet astre chez Baudelaire ? A première vue, il ne semble pas peupler l’univers du poète. L’été n’est pas la saison que l’on associe à Charles Baudelaire, mais ce sont plutôt l’automne et l’hiver, lui le poète de l’ennui, du spleen et de l’affreuse mélancolie. « O fins d’automnes, hivers, printemps trempés de boue / Endormeuses saisons ! Je vous aime et vous loue… » écrit-il dans Brumes et pluies.

Pourtant combien d’occurrences sur l’astre solaire ! Et que de références ! Même un poème est intitulé Le Soleil (poème LXXXVII) curieusement placé dans la section Tableaux Parisiens. Lors de la première édition, celle de 1857, ce poème était d’ailleurs situé en deuxième position après Bénédiction dans la section Spleen et Idéal, place qui sera ensuite attribuée à L’albatros.

Par-delà ce poème, voici quelques modestes pistes sur cet astre chez l’ami Baudelaire.