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Ecrits suivis

Les Folles Histoires du Chat Crotté (1) La Partie de Dames, par Ahlem B.

Ecrit par Ahlem B. , le Mardi, 09 Février 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Épisode 1

J’ouvre un œil, puis un second, encore somnolant. J’adore dormir. D’ailleurs, je fais ça la moitié du temps. L’autre moitié, je la passe à flâner dans les rues ou à guetter mes repas.

Je suis un chat. Chez nous, on dit qu’il faut crever le chat avant qu’il ne franchisse la porte de ta maison, et même si j’aime pas beaucoup cette expression, je préfère te prévenir dès maintenant, j’ai sale caractère.

Je n’ai rien d’un charmant chaton élevé dans la chaleur d’un foyer bien nourri. Même, je ressemble plus à un rat qu’à un chat. Mais te moque pas. Essaie de grandir toi, dans une poubelle.

Je suis né avec une patte courte, alors je marche en claudiquant, et à cause de ta foutue pollution, je suis asthmatique. Je suis aussi épileptique. L’épilepsie en revanche, c’est pas toi. Ça, c’est parce qu’avant ma naissance, ma mère vivait dans une pharmacie et je la soupçonne de s’être envoyé des trucs dingues.

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (10), Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 29 Janvier 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Vivre

Sur cette étendue

 

Sur toute

Cette étendue

 

Où les morts

Et les vivants

 

Étaient pareillement

Couchés

Un lecteur adoubé (Lecture de Don Quichotte de la Manche de Cervantès en La Pléiade) - 3

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 28 Janvier 2016. , dans Ecrits suivis, Les Chroniques, La Une CED

 

L’on a retenu surtout du chevalier à la triste figure – ainsi qu’on le nomme quand on cherche à donner dans la référence cultivée et partagée – sa folie et son projet de chevalier galant et errant au service de toutes les causes désespérément imaginaires, déjà anachronique en ces temps reculés.Non-spécialiste de l’œuvre, je découvre que Don Quichotte se construit lui-même comme un personnage de fiction, né de ses propres lectures. Nous voilà entraînés dans une fiction à double niveau : histoire d’un personnage qui s’invente un personnage. Une lecture démultipliée : celle d’un récit qui parle de lectures. Récit dans lequel le narrateur ne manque pas non plus de s’adresser au lecteur, plus ou moins directement. Le « procédé » (les guillemets s’imposent à moi car le mot pourrait renvoyer à un vulgaire « truc » pour se mettre le lecteur dans la poche, à une astuce stylistique et rhétorique plus ou moins indigne) est toujours séduisant pour le lecteur qui se sent associé à l’œuvre en train de s’écrire, a-t-il l’illusion, alors qu’il n’est qu’en train de la découvrir. Il nous donne l’agréable sensation d’être peut-être le seul destinataire de l’œuvre, il converse avec nous par-delà les pages, par-delà les siècles. Il est vrai que le lecteur que je suis, facilement un peu exclusif dans ses attachements livresques et littéraires (mais je ne dois pas être le seul) aime cette complicité qu’il a pu rencontrer chez Diderot ou Dickens, même s’il la sait illusoire.

Dédicaces (Lecture de Don Quichotte de la Manche de Cervantès en La Pléiade) - 2

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 23 Janvier 2016. , dans Ecrits suivis, Les Chroniques, La Une CED

Il est d’usage aujourd’hui qu’un auteur dédicace le livre qu’il publie, qu’il s’agisse d’un roman, d’un recueil de nouvelles, de poèmes ou d’articles, d’un ouvrage à vocation scientifique, etc. Chacun y va de sa petite dédicace à un parent, à des proches, à un maître… Et je parle bien ici de la dédicace qui est imprimée, pas celle griffonnée plus ou moins à la hâte sur un coin de table à l’occasion d’une présentation, d’une rencontre ou d’un salon du livre. On peut aussi trouver des remerciements, plutôt en fin d’ouvrage, à ceux qui ont rendu possible l’écriture et la publication de l’œuvre. Parfois il n’y a rien, ou presque rien, tant publier un livre semble devenu une chose somme toute ordinaire, banale. Combien de livres sont en effet publiés, exposés quelques semaines, pour finir par repartir au pilon ? Beaucoup. Trop. Notre temps a, il est vrai, érigé le gaspillage en art de vivre. Il n’en était pas de même au temps de Cervantès où publier un livre était réservé à bien peu, tout comme les lire sans doute. Etre édité relevait d’un privilège et nécessitait reconnaissance et protection, soutien. Imagine-t-on aujourd’hui une œuvre éditée devant rendre autant d’hommages et de remerciements, de dédicaces – pour nous, bien obséquieuses – que le fait Cervantès ? L’on rirait sans doute d’une telle flagornerie, espérant qu’au moins leur auteur le fait par dérision, par humour, craignant trop que la flagornerie ampoulée, hors d’âge et hors de propos, nous procure une honte étrange : celle du lecteur vis à vis du livre qu’il a entre les mains.

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (9), Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 19 Janvier 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Regarder la nuit

Caresser la neige

 

C’est une étrange façon

De dire adieu

 

*

 

Vivre