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Ecrits suivis

La supercherie (3), par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mardi, 25 Septembre 2018. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Pétale la pétasse, la masseuse de bites et colleuse d’annonces, avec des fesses à faire bander Jésus, était chaque matin attendue par le collectif des masturbateurs de la ville, c’est-à-dire tout le genre masculin entre treize ans puant le sperme et soixante-dix-neuf ans empestant le cimetière. Toute une légion de sodomites. Sodomites malgré eux. Il devrait y en avoir aussi quelques autres filles qui s’essaieraient à la beauté, qui l’essaieraient en vêtements, en fards, en gesticulations obligées pour forcer l’image féminine, pour agresser les sens de la masculinité. Qui viendraient agiter leurs attributs pour obtenir et souhaiter que les hommes leur racontent leurs âmes alors qu’ils n’en avaient pas une. Exiger qu’ils révèlent leur vie sans vie. De jeunes filles qui souffriraient de leur beauté pour des mâles empoisonnés au sperme, mais on ne les voyait pas… Dans cette nation, on ne prend pas les femmes, on ne se frotte pas à elles, on ne les aime pas. Par ici, les femmes on les envisage, voilà tout.

La supercherie (2), par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Lundi, 17 Septembre 2018. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Trouver autre chose à appeler « vie » n’importe quoi, une petite conviction pour passer la journée. Le mieux serait de se payer un agenda pour inscrire les 365 personnalités nécessaires pour passer l’année. Ainsi peut-être serait-on compatible quelques jours par an avec l’indéterminé national et pouvoir repousser sa folie personnelle, la remettre à plus tard. Avoir comme tout le monde le choix entre le rien et le deux fois rien, et comme tout le monde choisir le deux fois rien et s’étonner de n’observer aucun changement. Etre un penseur de quantité, préférer la certitude d’un événement pour le lendemain plutôt que l’espérance d’y être avec tous ses sens. Attendre que les autres viennent se révolter dans nos propres têtes et les laisser exiger qu’on regarde le ciel dans leurs yeux, sans jamais lever la tête vers ce plafond, être de ceux qui s’usent pour ceux qui sucent. Une sorte de bourgeoisie kabyle sortie de nulle part, une aristocratie-prostituée où tout est dans le mot. Toute cette doctrine conçue sur la base de l’art de faire jouir les mots sans jamais arriver à les féconder. Qu’avions-nous à reprocher à l’Algérie si ce n’était l’Algérien !?

La supercherie (1), par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mardi, 11 Septembre 2018. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

I

Un matin hivernal au réveil vigilant coutumier, aux environs de six heures d’un décembre comme tous ceux passés et ceux à venir. Un écran grille gris foncé occultait le ciel, et l’obscurité se mêlant à la brume fermait la ville à tout regard. Rien ne montait au ciel et rien ne dévalait. J’ouvrai les yeux sur le visage insoupçonné d’une compagne qu’encore je n’avais jamais vue, mais le jour s’annonçait pour continuer ! Rien qu’à l’odeur je pouvais deviner que j’étais à mille lieux de mon chez moi. Sans étonnement je quittai son lit et allais prendre une douche. Il me sembla à cet instant, évident, de faire l’effort d’être ce que j’étais pour cette madame. Les murs mentaient, les meubles aussi, mais cela semblait me correspondre. Tout s’avérait à ma convenance. Je me laissais donc servir par cette féminité qui était du genre à trafiquer dans le domaine de l’audio-visuel. Une animatrice, actrice, ou top model… ce genre de conneries quoi ! Elle était, j’en étais persuadé, une femme de race, une miss quelque chose… Au pire une algéroise qui articule français. Le genre pour qui on flingue le monde, quand on n’a rien d’autre à faire.

Les enfants des égouts Chapitre III, par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mardi, 21 Août 2018. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Partie 03

La plupart des gens croient que leurs problèmes commencent quand ils prennent conscience de ces dits problèmes. Comme par exemple ma mère qui tombe pour la première fois sur une publicité des moyens de contraception. Elle a dû prendre conscience que j’étais un putain de problème. Mais ce jour-là j’avais déjà vingt ans, je ne commençais pas, je continuais.

Pousser des cadavres dans une brouette fait surgir le passé. C’est probablement dans la même logique de prendre conscience d’un problème !! Comme si mon cerveau essayait de me faire comprendre que tout cela n’est pas le commencement du problème mais plutôt la conséquence. Le problème se construit d’abord avant de se poser.

Henry Miller, le verbe en liberté (4 & fin), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 11 Juillet 2018. , dans Ecrits suivis, Les Chroniques, La Une CED

 

Le mirage féminin

La placidité de surface, le stoïcisme affiché par Miller n’en recouvraient pas moins un bouillonnement abyssal, spécialement dans son commerce avec les femmes. Tout au long de sa vie, Miller fut irrépressiblement attiré par elles. Attiré par leur beauté, par la promesse de jouissance que leur fréquentation éveillait, par la révélation et la connaissance de son identité qu’elles induisaient : « Sans l’amour la vie ne vaut rien. On existe seulement ». Au contact des femmes, son insouciance s’effaçait, son flegme se désagrégeait. Facilement amoureux, son esprit s’emballait, ses sentiments flambaient. Colère, euphorie, jalousie, extase, ressentiment, désespoir ponctuaient invariablement ses relations amoureuses, tant avec Cora, Béatrice, June, Lepska, Hoki, qu’avec Nin. Ces femmes ont parfois laissé de profondes cicatrices en lui, notamment June : « June m’a rendu infirme… C’est une horrible, profonde blessure, et je sais qu’elle ne sera jamais cicatrisée. Jamais. On ne se remet pas de certaines choses ». Le rapport à la femme mobilisait son être entier. Elle seule était capable de conduire ce capitaine nonchalant au naufrage dans la mesure où elle favorisait la résurgence d’affects enfouis depuis son enfance, laquelle fut marquée par l’autoritarisme maternel. Sa tentative de suicide lorsque June le trompe avec une autre femme atteste de cet embrasement émotionnel.