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Ecrits suivis

Le Jardin de derrière (8) - Où les enfants arrivent à la maison

Ecrit par Ivanne Rialland , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

À 10 heures, Georges prit la voiture pour aller chercher Pierre et Louise à la gare. Ils passaient tous deux par ce qu’avec leur mère Georges appelait une crise d’adolescence raisonnable. Louise, à 13 ans, ne se séparait pas depuis le mois d’avril de ses lunettes de soleil à gros verres de mouche qui, posées sur sa tête, retenaient en arrière ses cheveux châtains égayés d’une mèche bleue. Elle portait ce jour-là un débardeur gris laissant apparaître les bretelles de son soutien-gorge fluo. Son slim bleu foncé accentuait la rondeur de ses cuisses dont son frère adorait se moquer. Elle arborait des converses beiges signées au marqueur par ses copines, qui lui faisaient les pieds légèrement en canard. On l’entendait venir de loin grâce à la quincaillerie qu’elle portait au cou et aux poignets. Son frère, la mèche longue, devant l’œil, affectait le style rocker, tee-shirt déchiré, troué çà et là de façon suspecte, décoré à la bombe d’un grand A, jean usé flottant aux hanches, heureusement retenu par une ceinture de cuir. Il portait au doigt une grosse bague en argent terni, et aux pieds des converses noires flambant neuves qui accentuaient l’allongement démesuré de ses pieds.

Kafka tefka (8)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mercredi, 21 Janvier 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

"Elle déversa son rire entre ses mains

Que restait-il en moi à prostituer ?

Vas y faire le faisable. Honorable

Tellement de choses, Putain de choses.

Vivant pour Mûrir. Oui mourir !

Faut apprendre à Panser comme moi.

Je ne fais que ça. Penser comme moi.

Non ! Pas penser, mais Panser. Apprends donc à panser.

Panser les pensées !

Avec les femmes, j’aime parler de femmes.

Être le même, éternellement avec les mêmes

Elles meurent en muses.

Je me ruine de ruse.

Le Jardin de derrière (7) - Où l’Association prend de l’importance. Les tunnels aussi

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 14 Janvier 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Le mercredi matin, Georges fit un saut chez le notaire à L’Isle-sur-Serein. L’ancien propriétaire l’avait déjà appelé, visiblement inquiété par son coup de fil. Le notaire était assez jeune et ne savait rien de cette histoire de buses. Il se demandait mollement si cela pouvait être considéré comme un vice caché, mais Georges le rassura : les buses, la salle de bain, tout lui allait très bien. Il ne demandait rien, n’attendait rien. Il avait juste trouvé cela curieux.

– En tout cas, maintenant, ce sont vos buses, avait conclu le notaire en le raccompagnant à la porte. Georges en éprouva une étrange allégresse.

Kevin et Julien arrivèrent avec la camionnette à 14 heures très précises, une fille avec eux, un peu plus jeune, l’air timide. Georges les envoya au grenier où il avait trié la veille ce qu’il voulait jeter et ce qui pouvait encore resservir. Les jeunes, en passant, lançaient des regards curieux sur le séjour, la cuisine, les travaux en cours. Refusant l’aide de Georges, ils gravissaient puis dévalaient d’un pas léger l’escalier de devant et l’échelle menant au grenier, chargés de vieux cartons, d’une chaise cassée, portant à deux une malle au fond rongé par la rouille.

Kafka tefka (7)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mardi, 13 Janvier 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Ainsi, le renfermé de mon théâtre s’est déversé dans la rue. Le carnaval en convention. Les fauves gémissent, les traumatismes rôdent, la lumière jouée en comique tragédie.

Les femmes incarnent les larmes, chacune en perle […] l’imagination s’est emparée de la destinée sans se l’approprier.

– Un mot à la fois, je vous prie.

– Un mort à la fois, je vous prie.

– Il va falloir vivre encore un peu.

Du fond de mon délirium j’aperçois le classeur mauve, laissé pour compte sur une chaise de paille. Je fais l’effort d’aller le chercher.

L’errance intérieure - Chapitre 4 et fin : la nuit

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 09 Janvier 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

C’est inouï, je suis tout bouillonnant. J’ai l’impression d’être une aspirine plongée dans un verre d’eau. Mon cœur bat à cent à l’heure. C’est passablement curieux pour quelqu’un qui est allongé dans son lit et ne produit aucun effort. Pourquoi ne parviens-je donc pas à dormir ?!

Et cet air qui est saturé, brumeux, partout ! Sans cet air omniprésent, je dormirais déjà, à n’en pas douter.

Peut-être ai-je bu trop de café. Mais qu’aurais-je fait si je n’avais pas bu autant de café. Je me serais ennuyé à coup sûr. J’aurais perdu ma contenance, lézardé mon charisme et n’aurais pas osé sortir pour le coup.

Certes, je ne suis pas sorti… Quelles en sont les raisons légitimes, à votre avis ?

Inutile d’attendre une réponse, tout le monde doit dormir à cette heure-là. Ou alors, ils m’évitent… Gougnafiers, va !