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Ecrits suivis

Le Jardin de derrière (13) - Où certains rampent et d’autres courent

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 26 Février 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

– Allô ?

– Allô ?

– C’est moi.

– Tu ne dois pas m’appeler à ce numéro. Raccroche.

– Ils ont vu quelque chose.

– Qui ?

– Les gamins.

– Qu’est-ce que tu veux qu’ils aient vu ? Il n’y a rien à voir.

– Si, bien sûr que si.

– (soupir)

– Tu ne me crois pas ? Tu crois qu’il ne se passe rien ? Alors que c’est là, sous ton nez !

Kafka tefka (13)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mercredi, 25 Février 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

« Il y a toujours une raison à l’amour, c’est comme toute chose. Pour moi c’est la beauté. Je ne peux pas aimer un laideron-femme, ou une grosse. Surtout pas une grosse ».

Je ne parle pas de l’amour-chandelle, l’amour-poème, l’amour blanche neige, l’amour bancs des places publiques, l’amour FATIHA, l’amour dot, l’amour restant après censure des feuilletons mexicains, l’amour turc, l’amour Alfred de Musset, ou  l’amour tout court. Je dis amour pour éviter de me montrer vulgaire.

Elle s’est comportée comme la femme qu’on devait prendre par derrière. Elle a irrité tous mes sens. Pour tout dire, je ne pouvais pas rêver mieux, c’est comme ça. Le silence jusqu’à la gorge. Un génocide à chaque éjaculation, et le devoir de recommencer. La nécessité des va et vient, un besoin viscéral.

Quatre fois écrémé, son colon en réclame davantage.

– Tu veux que je fasse des efforts pour m’améliorer juste pour tes beaux yeux ! Trouve-toi un autre, je lui suggère.

Le Jardin de derrière (12) - Où le maire intervient. Louise aussi

Ecrit par Ivanne Rialland , le Vendredi, 20 Février 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

 

Hélène et Georges s’étaient réveillés très tôt le lundi matin. Ils avaient ouvert la porte du balcon malgré la fraîcheur matinale et seuls, l’un à côté de l’autre dans la cuisine encore sombre, ils buvaient leur café, un peu frissonnants. Le regard posé sur les collines encore noyées de brume, Hélène lui demanda alors : « Tu souhaites vraiment t’installer ici ? » Georges hésita à répondre. Hélène tourna la tête vers lui. Il lut dans ses yeux un acquiescement et ainsi, finalement, il put dire : « Oui ». Hélène ne répondit pas. Elle semblait sereine. Ils continuèrent à boire leur café en sentant la brise du matin sur leur visage. Il ne lui demanda pas si elle viendrait vivre ici. Elle ne lui demanda pas s’il allait chercher du travail. Ils se firent grâce, à cet instant, s’accordant non pas une trêve, ni même un sursis, mais une parenthèse, qui dans l’air frais allégeait soudain toute chose.

Kafka tefka (12)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mercredi, 18 Février 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

« Additionnez aux faux un petit quelque chose de vrai et vérifiable, vous aurez Dieu dans toute sa splendeur, vous aurez des infos sur France 24, vous aurez un avenir, un métier, une science. Vous aurez un monde ».

Samedi ! 19 vendredis plus tard. J’étale mes strings, mes soutiens-gorge sur ma table fabriquée par des matériaux de récupération, non par souci de la culture Bio-con (dans toute cette modernité BIO et green, je n’ai retenu que « bébé phoque » ça sonne bien !). C’est juste que ça ne coûtait rien du tout quelques cartons. J’installe donc mon commerce à côté de celui d’un barbu géant et j’attends des paires de fesses et seins jumeaux.

Rien ! Le barbu a vendu presque tout son stock et moi que dalle !

– Pourquoi, elles n’achètent rien chez moi ? je lui demande.

– A chacun son MAKTOUB…

Mon MAKTOUB à moi c’est zéro ! On m’a rien écrit à moi !

Le Jardin de derrière (11) - Où un archange descend du train

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 12 Février 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

« Faut aller chercher Tristan », proclama Pierre en déboulant dans la chambre de son père à 9 heures du matin. Georges était au téléphone avec sa femme, qui lui annonçait son arrivée pour 11 heures. Il entendait le brouhaha de la gare où se noyaient les paroles d’Hélène, et plaquait le téléphone contre son oreille. Il fit un geste d’impatience en direction de Pierre, répétant : « 11 heures ? Où ça ? Le seul train ? Oui, c’est noté. Oui ! » Quand il raccrocha, il entendit Pierre remuer bruyamment de la vaisselle dans la cuisine. Il mit un certain temps à réaliser qu’il ne connaissait aucun Tristan, qu’il n’en attendait donc pas, et de ce fait n’irait chercher personne, si ce n’est sa femme, à 11 heures, à la gare TGV de Montbard.

Son fils, dans la cuisine, était en train de remplir la cafetière d’eau, et avait posé en vrac des couverts et trois bols sur la table.