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Ecrits suivis

Mère (7), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 27 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

63 ? N’est-ce pas ?

Oui, en octobre.

Il paraît que les grands peintres sont tous nés entre le quinze et le trente et un.

Tu es encore là ?

Oui.

Cette angoisse.

Ce que l’on ressent quand on quitte l’objet de son obsession, et que l’on retrouve soudain l’impression de liquidité des sentiments, la fluidité des émotions. C’est très fort.

Mère (6), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 21 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Moi, je ne voyage plus, et c’est la dernière fois que je viens ici. J’en ai assez.

Une identité à part entière.

Une transformation progressive des caractères naturels pour aller du côté de la mère, de la mère et ses crises d’hypocondrie. Ses plaintes.

Mon frère et ma sœur.

Enchantée.

Elle s’est prise dans des histoires de karma hindou inextricables. Et c’est à cette époque qu’elle a fréquenté assidûment les diseurs de bonne aventure, à tirer le Yi-King sans aucune cohérence. Ma mère ne voyait rien et préférait jouer au Triomino des heures entières dans la cuisine et se fermer doucement à toute idée de guérison. Elle est morte, voilà tout.

L’absente (3, suite et fin) - Réparation, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Mercredi, 19 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Nous sommes bien davantage que ce que nous sommes. Nous percevons à travers nos propres programmations, c’est notre cerveau qui voit. Nous pensons à partir de notre ressenti et nous ressentons à partir de nos pensées, c’est donc ce bain chimique que nous devons modifier si nous désirons changer (1).

J’avais donc fait un cauchemar. Assez commun, voire obscène. J’avais été dupé.

Nous étions samedi. Et sous « notre » baie vitrée ces mêmes qui bondissaient avant dix heures du matin, pour faire du sport, ces chiens se précipitant sur des bâtons, ce même horizon à marée basse un peu gris, un peu vert coincé sous une voûte mauve. Un décor étanche.

Rien n’avait été vraiment dérangé.

Mère (5), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 14 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Elle aimait son cousin.

Cette affection à la mère, à tout ce qui touche de près ou de loin la famille, ça le rend à moitié fou.

Mais, notre mère ? Qu’aurait-elle dit ? Elle aurait aimé ce fauteuil vert ?

Cette argenterie, par exemple.

C’est l’opus 28, car c’est avec lui que j’ai passé mes deux ans à la Villa Médicis comme correspondant. Un mode de vie. L’opus 28 !

Le cinéma des années 60. Toute cette période qui jouxtait la Guerre d’Algérie.

Et elle ?

Une addiction médicamenteuse. C’est pour ça, le suicide.

63 ?

Oui, octobre 63.

L’absente (2) - Brisure, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Jeudi, 13 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Des étendues et des jours qui commençaient à 6.15 am, à marée basse. Mon épouse prenait un bain devant « chez nous » entre maîtres et chiens, jeux de bâtons et aboiements autorisés avant dix heures du matin. Des odeurs de vase. Depuis notre terrasse, je guettais ses brasses, un point noir en surface, je guettais son retour. J’étais inquiet.

Zéro goutte en provenance des nuages.

On nous avait bien renseignés. 8000 résidents, 30.000 en période de vacances, une communauté d’artistes, de hippies, de gens fortunés, des retraités, des mines refaites, des mines affaissées. Des maoris chauffeurs de bus, des maoris avachis sur des chantiers, défaits, des femmes obèses, des femmes en pause, des femmes âgées caissières au supermarché. Puis des vacanciers chinois et français, des serveurs ou des jeunes « waffeurs » venus d’Europe ou d’Amérique pour parfaire divers apprentissages. Une destination dite phare, « encore vierge d’un tourisme de masse ». Oneroa nous attirait, Oneroa m’impressionnait.