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Ecrits suivis

Henry Miller, le verbe en liberté (3) Big Sur, paradis non-climatisé, par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 04 Juillet 2018. , dans Ecrits suivis, Les Chroniques, La Une CED

 

 

En janvier 1940, Miller revient aux Etats-Unis qu’il parcourt de long en large en vue d’écrire Le Cauchemar climatisé, commande d’un éditeur. Peinant à l’achever, il y manifeste un anti-américanisme absolu. Il vit toujours aussi chichement et s’en sort grâce à la vente de ses aquarelles, à de minuscules droits d’auteur et à des dons divers, notamment ceux de Nin. En 1941, un éditeur de San Francisco publie un des livres préférés de Miller, Le Colosse de Maroussi, rêverie inspirée par son séjour en Grèce qui cette fois-ci n’a rien à craindre des foudres de la censure.

En 1942, il commence la rédaction de sa future trilogie La Crucifixion en rose (Sexus, Plexus, Nexus) qui revient sur ses quarante premières années d’existence et immortalise June. De 1940 à 1944, sa vie amoureuse semble très calme. Sa liaison avec Nin s’est considérablement asséchée.

Les enfants des égouts Chapitre III, par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Lundi, 02 Juillet 2018. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

 

Partie 01

On ne meurt jamais d’une vraie mort, on laisse toujours un témoin ou dix-neuf.

Il n’y aurait pas de chapitre deux. Il ne se passe jamais rien dans un chapitre deux, c’est de la littérature.

Les choses n’étaient pas venues à moi, elles ne m’attendaient pas non plus dans le temps, dans mon temps, ma chronologie. Je n’avais pas décidé un jour, d’aller d’un point A à un point B, je ne m’étais pas perdu en chemin. Il ne s’est rien passé, j’ai juste vieilli plus vite que je n’ai grandi.

Henry Miller, le verbe en liberté (2), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 26 Juin 2018. , dans Ecrits suivis, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

La passion Anaïs Nin

Après June, l’exil en France, un troisième déclic survient dans la vie de Miller, en la personne d’Anaïs Nin. Il fait sa connaissance à l’automne 1931. Nin décrit ainsi leur rencontre lors d’un repas organisé dans sa maison de Louveciennes : « Lorsque j’ai vu Henry Miller s’approcher de la porte, j’ai fermé les yeux un instant pour le voir d’un œil intérieur. Il était chaleureux, détendu, naturel. Il passerait inaperçu dans la foule. Il est svelte, maigre, pas très grand. Il a un air de moine bouddhiste, un moine à la peau rose, avec un crâne presque chauve auréolé de cheveux argentés et des lèvres pleines et sensuelles. Ses yeux bleus sont froids et inquisiteurs, mais sa bouche a quelque chose de vulnérable. Son rire est contagieux et sa voix caressante, chaude comme la voix d’un noir ». Nin, 28 ans, mariée depuis 8 ans au banquier Hugh Guiler, commence sérieusement à s’ennuyer. Ses aspirations artistiques et sensuelles étouffent sous le corset de l’épouse rangée et vertueuse : « Il n’y a aucune fécondité dans mon mariage avec Hugo. Nous ne créons rien. J’aurais dû avoir des enfants mais je suis une artiste pas une mère ».

Le complexe de l’écrivain (8 et fin), par Eric Dubois

Ecrit par Eric Dubois , le Jeudi, 24 Mai 2018. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

 

Epilogue 1

Christine Angot ne m’a jamais répondu. J’ai revu Frédéric Beigbeder et j’ai failli me battre avec lui, un verre de trop au Dôme. Je vois de temps en temps Eric Dubois qui continue son chemin, vaille que vaille. Laure m’a traité un jour de ringard et m’a plaqué sans coup férir.

Je m’appelle Bertrand Cire et j’ai peur de devenir écrivain.

 

Epilogue 2

Je suis un personnage imaginé par Eric Dubois. Je n’existe pas.

La nuit sans Zabach (III), par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 23 Mai 2018. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

En voyant la foule rassemblée devant la maison familiale, Mary’amcomprit que le moment ultime était arrivé. Elle se rappela alors des prières de sa grand-mère, Sara, et murmura :

– La lumière gît dans les confins des ténèbres, n’est-ce-pas ? Allah ya Allah,j’implore Votre protection ! Rebbi ya Rabbi, jeVous offre ma pureté, en échange, envoyez-moi l’ange rédempteur pour qu’il me sauve, ya El-Elohim ! Votre clémence, Seigneur ya Allah ; Votre compassion !El-Elohim, Allah, Seigneur ! Avé Mary’am !

Le père entendait les supplications de sa fille. Chaque mot prononcé agissait comme une balle tirée à bout portant dans son cœur tourmenté. Il avait honte d’être là, parmi ces hommes et ces femmes, participant à la lapidation de celle qui l’aida à surmonter tant d’obstacles. Si L’Hou-Sine, le vieux pieux, l’adorateur d’El-Elohim n’osait pas regarder sa fille dans les yeux. Comment faire face à celle à qui il avait prédit une vie couronnée de succès et de bonheur ? Comment contribuer à l’anéantissement de celle dont le nom revenait sans cesse dans ses prières ferventes et pleines de grâce et de miséricorde ?