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Le Journal de MCDem (1), par Murielle Compère-Demarcy

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) le 30.11.17 dans La Une CED, Les Chroniques, Ecrits suivis

Le Journal de MCDem (1), par Murielle Compère-Demarcy

 

Lundi 6 novembre

 

Fossiles dans la caillasse ce matin, reste minéralisé d'un trilobite : des traces, toujours des traces fouillées d'un passé éteint, qui remontent à la mémoire... Survie des corps mous par leur coquille -empreintes rupestres- vidés de leur masse viscérale ; survie de l'Ère primaire, à des millions d'années. Des centaines de millions d'années. Tu es moins qu'une poussière, une micropoussière, 1/1000ème de micropoussière.

 

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Rire saccadé du pic-vert dans l'air ondulé. Pour un peu, il semblerait ricaner de toi. Tandis que tambourine tape à tue-tête cette migraine régulière qui saccade des pans entiers du jour sous ses bandeaux noirs. Quel oiseau de sagesse de folie délivrerait le passeport pour plus de sérénité ?

 

S'immerger dans la lumière, sans le reflux de conscience qui marque le malheur sur les êtres et les choses. Les oiseaux dorés de Kerouac devraient passer plus souvent sur l'infini de l'espace sans puiser dans les grains de sable du Pacifique...

 

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Elle est arrivée dans une lumière fauve tournant dans le vinaigre d'un ciel cinglé. Les hirondelles s'affolaient, gobant très bas leurs insectes. Je les imaginais, leurs insectes, grillés d'un coup par l'éclair, leur cri strident dévalant l'escalier écroulé du tonnerre. Elle est arrivée dans une lumière fauve -incroyable!- sous un ciel prêt de décharger tous les courts-circuits tectoniques jamais supportés par aucune marche, cadence, ouragan ciel mauve orangé avec, roulés, préoccupés à faire- le-mort, des boules de vies animales, terrorisées ! -les vigies n'ont pas tenu la tension du parapet sorti droit des peurs paniques -le monde a dressé ses erres mythomanes pour se donner un air plus cave pissant sur lui le palpitant emballé dans la tachycardie des émotions -au triple-galop !

La chevauchée flambait ! Une barrière a cédé-des gardes à cheval piétinés sous le laser foudroyant scindant la crinière hurlante de leur monture arrachée – du coin de l'oeil j'ai nerveusement tenté de choper un moucheron de la droite, comme il se débattait entre mes phalanges j'ai resserré mes doigts pour mieux gratter la guitare du ciel... je me suis aperçue qu'Elle était arrivée du coin de l'œil depuis mon guet dans la chambre bourdonnante...des visions d'aurochs du tonnerre sont passées dans la trépidation de mon ébranlement de haut en bas -la musique lâchait les brides de la poisse -l'apesanteur se palpait sous la plante, la voûte pliait... -c'était le rendu-fondu dans la masse terre.sueur.visages.ciel.terreur comme un message voltaïque, le fouet roux d'un renard traversant soudain la savane du salon où je m'étais déplacée en même temps que la fulgurance d'un buisson, jusqu'à lui ôter quelques crocs de carne rouge

 

-le rêve en morse à l'odeur fauve d'une sauvagerie réveillée de sa torpeur de bête morte, s'incarnait !

 

Le trac allumait des ravins abimés par des torches piquées jusqu'au flou des profondeurs, pour sonder la carcasse. Voui ! c'était le poignard de l'épervier planté droit dans la carne lost du gibier vautré dans l'ivresse du colza ! Les champs étaient entrés dans la maison, la déco' intérieure rougeoyait et se rétrogradait vintage pour donner un coup de sang à la routine -des fleurs d'orage poussaient dans les yeux des bêtes, nerveuses de sentir les arbres et surtout le chêne comme trembler sur son tronc. L'écorce-papier répercutait au centuple les percussions du pic-épeiche sur le bouleau blanc, cet incorrigible errant dont nos ancêtres s'étaient servi comme torches nuptiales pour brûler les feux de leurs noces et qui iraient à peine reproduits s'enraciner à des kilomètres d'ici. L'arbre de la sagesse ne m'avait jamais vraiment apporté le bonheur mais sa résonance cosmique avait fructifié mon Imaginaire. Mes ombres-à-100-têtes et autres Hydres dégénérées par la coriandre contrariée des rencontres mondaines -le monde après 2 commençant à faire foule...

 

"L'arbre sacré" continuerait de me respirer par son liber et je n'avais pas terminé de gratter son écorce aux points résineux et de sève noire de son essor juteux. C'était une question de foi... je l'avais, seule mais, dorénavant solide- désormais consolidée par les digues de l'isolement aride. L'aridité veille et redonne sang vif, où l'avidité se querelle et retourne sa peau frustrée de vieille dans la frigidité de son sommeil, hélas pour elle finalement.

 

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Pour les gens « normaux » un individu surdoué, très intelligent, est un « fou », un « idiot ». L'anglais utilise le mot geek pour désigner une personne réfractaire à la mode et peu douée pour les relations sociales, une personne obsessionnelle enthousiaste, entre autres sens. Étymologiquement, le mot geekvient de l'anglais dialectal geck, « idiot ». Éloquent...

 

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La nostalgie même dans mon être jeune m'a pelée la mémoire pour un rien. Écopant des pelures de souvenirs, j'écopai de quinze ans de retours dans l'arrière-pays du cœur où l'on houille, se vautre, des heures dans la souille, se lave des rancœurs, des rancunes ; où l’on va, vaille que vaille.

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1. Poème-fatigue- La fatigue dégonde un.deux vantaux du crâne -hémisphère nord, le nôtre, la pensée siphonne dans le sens des aiguilles d'une montre – hémisphère sud, le siphon les viscères du crâne happé dans le sens contraire, la Goule des ruminations sa course contre la montre. La fatigue dégorge le réel écorché d'un jadis en cours d'élucidation. L'ouverture à la lumière cliquètera dans le cri de l'aveuglement, ou délivrera.

Coupez mes mains abrutissez mon cerveau pour que l'envie du flux au dehors sur le ventre des mères ogresses, cesse, pour que jamais il ne se répande dans le rouge des saletés salies dans la muselière du déni.

La fatigue dégonde un.deux vautaux -plein vent comment se maintiendra la tête ? Je ne décrispe pas la main du stylo qui ne se décrispe pas de la main-à-écriture. J'écris l'écriture garde-fou à s'en couper / à sang coupé les mains.du monde. L'intérieur de ma bouche est cousu de lames de rasoir. 2 lames sous le fil duquel l'histoire de mon arbre interne grandit de ses anneaux de silence rentré, coupe chaque branche supplémentaire sur laquelle chaque nouvelle ramification généalogique tente, des fois qu'elle pourrait s'y asseoir- d'édifier/greffer sur sève neuve. Je m'enfourne dans un bain de sang dont l'encre s'éjecte, sur des ventres de vagins scellés par leur secret de famille Rien ne m'en distrait.les ressacs n'ont de cesse de revenir dans la mécanique des fluides.arrêter le cœur ne détraquerait que provisoirement la remontée des eaux, n'en supprimerait qu'un maillon dans le processus de poussée inéluctable -la fermeture d'une vanne n'a jamais arrêté le fonctionnement d'une écluse.

Ouvrez les écluses -toutes! - du crâne, pour que je braille.

 

2. Poème-fatigue- Qu'est-ce que le rapt d'une miette de bonté pour une « vieille » (« la vieille ») qui va crever d'ici là -disent-ils- pas loin.assez tôt. tout à l'heure. Qu'elle clamse sans douleur et que l'on en soit tranquille. Mon ami Éric Dubois a écrit : « L'amour est un asile psychiatrique ».* Et si l'Enfance  aussi était un...

L'existence raccommode bien vite, trop longtemps, les vieilles chaussettes pressées en jus dans nos pas cadencés (trop souvent automatisés), filés avant qu'ils ne soient stoppés sur le bord de la route, avant l'asile.

 

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A suivre


Murielle Compère-Demarcy


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A propos du rédacteur

MCDEM (Murielle Compère-Demarcy)

 

Lire toutes les publications de Murielle Compère-Demarcy dans la Cause Littéraire

 

Est tombée dans la poésie addictive (ou l'addiction de la poésie), accidentellement. Ne tente plus d'en sortir, depuis. Est tombée dans l'envie sérieuse de publier, seulement à partir de 2014.

A publié, de là jusqu'ici :

Je marche--- poème marché/compté à lire à voix haute et dédié à Jacques DARRAS, éd. Encres Vives, 2014

L'Eau-Vive des falaises, éd. Encres Vives, 2014

Coupure d'électricité, éd. du Port d'Attache, 2015

La Falaise effritée du Dire, éd. du Petit Véhicule, Cahier d'art et de littératures n°78 Chiendents, 2015

Trash fragilité (faux soleils & drones d'existence), éd. du Citron Gare, 2015

Un cri dans le ciel, éd. La Porte, 2015

Je Tu mon AlterÉgoïste, éd. de l'Ecole Polytechnique, Paris, 5e, 2016

Signaux d'existence suivi de La Petite Fille et la Pluie, éd. du Petit Véhicule, coll. de La Galerie de l'Or du Temps ; 2016

Co-écriture du Chiendents n°109 Il n'y a pas d'écriture heureuse, avec le poète-essayiste Alain MARC, éd. du Petit Véhicule ; 2016

Le Poème en marche suivi par Le Poème en résistance, éd. du Port d’Attache ; 2016

Dans la course, hors circuit, éd. Tarmac, coll. Carnets de Route ; 2017

Poème-Passeport pour l’Exil, avec le poète et photographe ("Poétographie") Khaled YOUSSEF éd. Corps Puce, coll. Liberté sur Parole ; mai 2017

S'attèle encore. À écrire une vie, ratée de peu, ou réussie à la marge.

Publie en revues (La Revue Littéraire (éditions Léo Scheer), Poezibao, Phoenix, FPM-Festival Permanent des Mots, Traction-Brabant, Les Cahiers de Tinbad, Poésie/première, Verso, Décharge, Traversées, Mille et Un poètes (avec "Lignes d’écriture" des éditions Corps Puce), Nouveaux Délits, Microbes, Comme en poésie, Poésie/Seine, Cabaret,  …).

Rédactrice à La Cause Littéraire, écrit des notes de lecture pour La Nouvelle Revue Littéraire (éd. Léo Scheer), Les Cahiers de Tinbad, Poezibao, Traversées, Sitaudis.fr, Texture, …

Effectue des lectures : Maison de la Poésie à Amiens ;  à Paris : Marché de la Poésie (6e), Salon de la Revue (Hall des Blancs-Manteaux dans le Marais, Paris 4e), dans le cadre des Mardis littéraires de Lou Guérin, Place Saint-Sulpice (Paris, 6e), Festival 0 + 0 de la Butte-aux-cailles, Melting Poètes (Paris, 14e) ; auteure invitée aux Festival de Montmeyan (Haut-Var)[depuis août 2016] ; au Festival Le Mitan du Chemin à Camp-la-Source en avril 2017;  [Région PACA] ; au Festival Découvrir-Concèze (Corrèze) du 12 au 18 août 2018

Lue par le comédien Jacques Bonnaffé le 24.01.2017 sur France Culture :

https://www.franceculture.fr/emissions/jacques-bonnaffe-lit-la-poesie/courriers-papillons-24-jour-deux-poemes-de-front