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Articles taggés avec: Compère-Demarcy Murielle

L’arche inuit, Fragments de l’arche-inuit, Denis Ferdinande (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 24 Février 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

L’arche inuit, Fragments de l’archi-nuit, Denis Ferdinande, éd. Atelier de l’agneau, Coll. Architextes, novembre 2020, 146 pages, 18 €

 

« Et si tout revenait à ne plus savoir écrire ? », interroge le « diariste littéraire » d’entrée, dans l’« Avant-dire », sous « l’arche » du Langage dont, il prévient, la syntaxe (liée à la sémantique) est ici l’objet d’investigation primordial (« de la syntaxe avant toute chose », écrit Denis Ferdinande, où Paul Verlaine écrivit « de la musique avant toute chose » dans son Art poétique). L’auteur évoque bien la possibilité de « ne plus savoir écrire », et non de ne plus vouloir écrire. Nous touchons là à l’articulation de l’être et du monde, dans l’Histoire qui s’écrit, sur le fil linéaire déroulant le parchemin-palimpseste expérimental du Je alias « Personne ». La nuit s’ouvre arche éperdue, porte battante sur le seuil du jour, et « l’écrivant » ne peut que s’autoriser la forme linéaire du journal sauf à rejoindre l’indicible vacuité de ce qui s’écarterait de son expérience même scripturale. L’Écrire tourne ici roue libre sur l’axe d’une pensée itinérante, cadre roulant construisant sa voie tel ce E dessiné sur le frontispice de ces « Fragments de l’archi-nuit » (métal tenant lieu d’armure de la lettre) : AVEC ROTULE CENTRALE EN ACIER par quoi la lettre pouvait être mue, y ajoutant l’accent, XIIIe siècle).

Mirlitontaines et chansons oubliées, Marcel Amont (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 02 Février 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Mirlitontaines et chansons oubliées, Marcel Amont, Les éditions du Mont-Ailé, janvier 2021, 80 pages, 15 €

 

La première de couverture précise que cet ouvrage de la Collection « Poésie et chanson (presque) en poche », dirigée par Matthias Vincenot, nous offre ici des « Raretés et inédits illustrés par des dessins de l’auteur ». L’objectif du communiqué de presse s’exprime avec vigueur en quelques mots clairs : « Les temps que nous traversons nous pressent à accueillir cette fantaisie qui colore le cœur ! ». Cet ouvrage – orchestré par « un amuseur, un fantaisiste » comme il se définit lui-même : Marcel Amont – familier de Boris Vian, Charles Aznavour, Georges Brassens, apprécié d’auteurs-compositeurs comme Alain Souchon, Francis Cabrel, Maxime Le Forestier – réussit à réveiller le merveilleux, parvient à laisser monter l’enchantement au cœur de l’anodin, comme ce voyage à Babylone en plein cœur d’ici :

Pauvres de nous, Jean-Louis Rambour (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 25 Janvier 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Gros Textes

Pauvres de nous, 2020, 76 pages, 12 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Rambour Edition: Gros Textes

 

Dans Pauvres de nous, Jean-Louis Rambour pose son regard humble d’homme-poète sur la pauvreté d’hommes et de femmes en marge de la société, humbles eux-aussi : « On passe devant eux, devant elles, et le plus souvent on les oublie. Mais dans ce livre, pas question : on fait la pose ». Des « pauvres » que l’on croise encore en nos années 2020 et que l’homme-poète a photographiés avant de les vêtir de ses mots, ces « pauvres » sur lesquels nous fermons souvent les yeux de crainte d’y voir une autre face de nous-mêmes dans notre miroir, « pauvres de nous »… Après moult promesses politiciennes tonneaux percés d’hommes avant tout assoiffés de puissance, malgré la mise en place de dispositifs sociétaux d’entraide, à côté de l’aisance d’une société devenue grâce au progrès industriel et technologique relativement confortable à vivre, ces pauvres continuent de croiser nos regards mal à l’aise devant tant de précarité, comme si nous étions passés à côté de l’essentiel : l’écoute, l’acceptation et l’intégration des plus démunis d’entre nous, la générosité, le don altruiste de soi, en d’autres termes la preuve par les faits de l’existence du cœur solidaire.

L’instinct du tournesol, Patricia Castex Menier (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 18 Janvier 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

L’instinct du tournesol, Patricia Castex Menier, Les Lieux-Dits éditions, 2020, 37 pages, 7 €

L’instinct du tournesol tourne dans le temps solaire, héliotrope auquel la poète s’identifie et donc qu’elle personnifie (« assouplirai / la tige de ma nuque, // et / boirai le ciel jusqu’aux racines »), elle aussi tournée spontanément vers la lumière, loin de « l’arrogance du monde ». Une allégorie de la patience et de la persistance s’écrit par le biais de la figure du grand-soleil, la poète refusant la résignation :

« Je

ne veux pas,

résolument,

de

cette pente toujours possible,

Et plus si affinités, Werner Lambersy (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 15 Janvier 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Editions du Cygne

Et plus si affinités, juillet 2020, 46 pages, 10 € . Ecrivain(s): Werner Lambersy Edition: Editions du Cygne

« Et plus si affinités », dit-on quand l’amour est une possibilité ouverte sur le terrain de la rencontre. Dans la poésie de Werner Lambersy, l’amour est cette possibilité comme dépassement de soi, à l’instar de l’écriture. Le mystère de l’écriture poétique est laissé intact encore dans cet opus du poète, le chant divin sourd de l’inconnu vers l’inconnaissable sur la crête vertigineuse de la connaissance intuitive et créative. « (…) fais des / Meules hautes », écrit le poète, « Et des bottes liées des foins fauchés / de ton poème ». L’acte de création s’accomplit, dans le consentement à l’observation pacifique des êtres et des choses. Consentement, non résignation qui serait renoncement à la beauté du monde malgré nos attentats à son cours.

 

Rien ne sert de lapider le vide rempli

De cailloux

Rien ne sert d’insulter les nuages qui

Menacent