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Nouvelles calédoniennes, collectif, Vents d'ailleurs

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 08 Mars 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Vents d'ailleurs

Nouvelles calédoniennes, Vents d’ailleurs/Ici & Ailleurs, 2012, 128 pages, 14,20 € Edition: Vents d'ailleurs

 

Sept auteurs, sept nouvelles, comme les sept notes de musique pour la richesse d’une mélodie, sept couleurs pour peindre l’arc-en-ciel d’une terre, celle de Nouvelle-Calédonie, terre de contraste, de métissage comme de conflits, terre d’ancêtres pour les uns, d’enracinement ou de passage pour d’autres. Sept nouvelles aussi différentes que les origines de leurs auteurs, et pourtant une terre, une seule, qui devient le lien, le creuset où se mélangent culture, rêves et parcours de chacun.

Sept nouvelles où souvenirs et fiction s’entremêlent pour tisser comme un manou, ce morceau d’étoffe à la fois utile et symbolique dans la coutume Kanak. Les Kanaks qui, ne l’oublions pas, sont le premier peuple de cette terre et on retrouvera leur souffle dans la majeure partie des nouvelles du livre, même si les auteurs sont d’origines diverses : kanak pour Waej Génin-Juni et Denis Pourawa, métisse pour Noëlla Poemate, néo-calédoniens de naissance comme Frédéric Ohlen et descendant de familles migrantes installées là depuis le XIXe siècle comme Nicolas Kurtovitch, mais aussi Française de Belfort comme Claudine Jacques, ayant pris racine là-bas à l’adolescence ou encore Bretonne partie vivre là-bas en 1989, comme Anne Bihan.

La Bouche (X & Fin)

Ecrit par Collectif "La Bouche" , le Vendredi, 23 Novembre 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

 

Consigne : Codage : un-zéro un-zéro un-zéro

(et l’ingrate tâche d’être le dernier auteur du projet !)

Proposition de Christophe Grossi

 

… et elles ont l’air de quoi ces deux-là franchement ?… non mais regardez-les bien, chacune à la merci de son obsession… la toute crispée, sa main serrant la poignée, prête à bondir, et l’autre, la même pas pulpeuse qui va et vient depuis des heures, qui se tord et geint, ce cul de poule qui se colle au plafond à la moindre contrariété… les humains se mettent dans des états parfois…

La Bouche (IX)

Ecrit par Collectif "La Bouche" , le Vendredi, 16 Novembre 2012. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Un projet d’écriture collective dirigé par Chris Simon, composé de 10 textes de 10 auteurs

 

Consigne : Ouvrir l’ordinateur, ou ne pas ?

Proposition de Ray Parnac

 

Olive avait toujours été de nature curieuse. Petite déjà, elle espionnait ses parents l’oreille collée à la serrure de leur chambre. Aujourd’hui, elle lisait Voici, Paris Match et Le Nouveau Détective avec une assiduité quasi religieuse. Elle faisait partie de ce peuple silencieux qui épie la rue et vibre au rythme du rideau qui tique.

Lorsqu’elle vit l’ordinateur de Viviane Cocco de Montgelat, elle y jeta un œil, évidemment (et en oublia même sa bouche un moment). Olive ne faisait pas de mal, elle s’informait voilà tout. Contre sa hanche, elle sentit la couverture vibrer. La bouche s’impatientait.

La Bouche (VIII)

Ecrit par Collectif "La Bouche" , le Vendredi, 09 Novembre 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Un projet d’écriture collective dirigé par Chris Simon, composé de 10 textes de 10 auteurs

 

Consigne : Face à face Bouche/éditrice

Proposition d’Isabelle Sojfer

 

Je me suis remise à fumer à cause de la réceptionniste et de Cocco de Montgelas. J’ai bien conscience que cette accusation n’est pas recevable. N’importe qui confirmera qu’à 71 ans, j’ai l’âge d’assumer mes responsabilités. Si je suis retombée dans la tabagie, je ne dois m’en prendre qu’à ma faible volonté. Un mot auquel j’ai toujours préféré celui de volupté, si voisin, si distinct. Il faut être fumeur dans l’âme pour comprendre le bonheur de l’inhalation. À peine avais-je regagné la rue que j’avais – à coups de rationalisations pessimistes sur l’environnement et l’avenir de l’humanité – vaincu toutes mes bonnes résolutions de l’année. Je suis allée droit au bureau de tabac. J’éprouvais une délicieuse impression de transgression. J’ai demandé au buraliste :

La Bouche (VII)

Ecrit par Collectif "La Bouche" , le Vendredi, 02 Novembre 2012. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Un projet d’écriture collective dirigé par Chris Simon, composé de 10 textes de 10 auteurs

Consigne : Olive, auteur, aux yeux de son collègue ?

Proposition de Maël Guesdon

 

Elle parle de sa bouche disparue. Elle caresse le tas de feuilles. Le tas de feuilles lui parle peut-être. Elle crie : ne m’appelez plus Olive. Appelez-moi Prolégomènes ou bloc-notes. Plaçant ses mains en porte-voix autour de ses lèvres par tremblement des lèvres : le monde des formules est ce fantôme qui demande qu’on le touche pour qu’il vive. Nous n’existons que sur ses lignes, les cartes, nous sommes atteints d’autophagie. Disparue de sa propre faim. Les nouvelles comme les libellules ne se vendent pas, elles circulent. Aimez le monde en moi. Les corps lisent et répètent : sur les lignes, les cartes, nous sommes ondée ou vertu. L’Histoire ne retient que les phrases construites. Elle s’assoit, dévorée. Elle bredouille. Elle voudrait raconter, expliquer, elle se barbouille les joues de salive, elle dit que chaque mot a neuf sens (plus un) : tête, être, abîme, pieds, langue, dents, cendre, ergo-centrie et sentiment. Puis elle marmonne pour elle-même : nous sommes atteints d’autopathie, vous savez, Cior Smoking Ca Ta Who Lharech Lharech. Ferme les yeux et s’endort.