Identification

Articles taggés avec: Faurieux Alain

Griffes 33 (Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 17 Août 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Cette semaine

 

Je suis drôle. David Foenkinos. Gallimard, Coll. Blanche. 2026. 192p. 20€

David Foenkinos. Auteur connu. Reconnu. Un petit livre de plus. Court, vite lu. Vite oublié sans doute. Doit ressembler aux autres Foenkinos que j’ai dû lire. Oubliés déjà. C’est agréable. Agréable cette sensation de flottement.  Aucun effort pour le lire. Écrit sans efforts. Un survol sans moteur d’un paysage sans relief. Une balade digestive en forme de sieste. Bienvenue au pays des somnambules. Le Pitch ? Un jeune homme beau et triste se veut drôle. Et vouloir c’est pouvoir. Le volume se termine par le titre. C’est fort, c’est beau. La patte de David est sans doute de voir tout cela de très loin, très vite. Comme si le livre allait commencer ensuite. Mais non, c’est fini. Le style est limpide : des phrases courtes, des propositions courtes. Le lexique est simple, de tous les jours sans être familier.  Du second degré, ou peut-être pas. Peut-être que tous les clins d’œil de David, les piques à sa propre écriture n’en sont pas ; peut-être l’ironie n’est-elle que du cliché…tout est tellement superficiel. Soigneusement, lourdement léger. Presque une grosse nouvelle, sans la précision, ou la chute. Foenkinos délaye au lieu de sabrer, on va très vite mais ça prend du temps. Foenkinos est un maître des paradoxes. Pondre un opuscule par an. Ne rien écrire.

Griffes 32 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 08 Juin 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres


Le visage de la nuit, Cécile Coulon. 8/01/2026. Eds de l’Iconoclaste, 275 p. 21,90€.

Me voilà bien embêté. Je viens de finir le dernier Cécile Coulon, une lecture d’une petite heure. Et là où l’auteure m’avait habitué à rire, rire de ses images contradictoires ou de ses allégories bancales, je suis resté de marbre. Là où sa poésie d’ado tardive me faisait impatiemment tourner les pages dans l’attente d’une nouvelle provoc cheap, je me suis ennuyé. Le Visage de la Nuit est un conte. Loin des incohérences narratives et stylistiques du Langue des choses cachées, une sorte de Céline 2.0. Très court, comme le veut un conte. Stylistiquement épuré : disparus les foisonnements d’images, les parallèles et les métaphores. Du simple. Du (presque) concret. Mais les images omniprésentes sont remplacées par de longues listes de noms ou d’adjectifs. Quelques paragraphes en sont même agréables à parcourir. Le Visage est donc un conte. Mais nous voilà bien loin des Contes Cruels, loin des frères Grimm, loin d’Andersen, loin de tout : dans un village dont le nom semble sortir de Tolkien.

Griffes 31 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Mardi, 19 Mai 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Le crime du Paradis, Guillaume Musso. 2026. Calmann-Levy. 480p. 22,90€

Et bien voilà, je viens de finir le dernier (ne pleurez pas, il y en aura d’autres) Musso. Le plus gros vendeur français. Belle couverture. Vraiment : un côté vintage aux douces couleurs pour attirer de la mamie à sa petite-fille, du geek du lycée au prof de français à la plage. Un livre pour les gens avec du goût. Une lecture pas désagréable, sur la première moitié en tout cas. Ensuite on se lasse. Et la fin ressemble aux derniers épisodes de Lost, plus personne au gouvernail, laissons le bateau dériver vers les récifs et se fracasser. Le Pitch ? Un roman policier (PAS un polar) inspiré du Agatha Christie pour lequel la reine de l'énigme s'était inspirée de l’affaire Lindbergh. Mais un roman dans lequel l’auteur (M le grand) prend la parole, sandwich-like, pour bien nous montrer que c’est là un peu plus que votre distraction habituelle. Un des personnages serait le grand père de M, héros réel utilisé comme personnage dans un faux roman d’un des personnages du récit, permettant par ailleurs un final en poupées russes.

Coups de griffes 30 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 27 Avril 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Corps à cœur, l'intégrale. Jessie Auryann. Auto-édition 2025. Indisponible.

Addition de 2 volumes (2023 et 2024), qualifié d’intégrale. Pourquoi l’avoir ouvert ? Début 2026 le buzz s'en est saisit. Amazon l’a retiré de son catalogue, une ministre l’a qualifié (sur lecture d’extraits) d’apologie de la pédophilie, un député LFI l’a appuyée, des pétitions l’ont dénoncé, des voix se sont élevées pour défendre la Dark romance, comme si un ouvrage définissait un genre, et inversement. Bref, il y a eu du bruit. Alors que vais-je en dire ? Visiblement bien mieux écrit que …Sarah Rivens par exemple. Les personnages sont différenciés, de vrais décors sont plantés, l’écriture maîtrisée, lexicalement riche et moins passe-partout que le menu habituel...Et je n’ai pas lu jusqu’au bout. Le premier volume est simplement pornographique, version maso hard. Très graphique, avec (on est tenté de dire bien sûr) un personnage central féminin humiliée, battue, torturée, mais manipulatrice et meurtrière, ce n’est pas illégal d’en faire un roman. Hypocritement et avec grande facilité de l’auteure il existe une “explication” psychologique-presque une justification- à sa noirceur. Nous pouvons donc apprécier sans remords avilissement et emprise.

Griffes 29 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 23 Mars 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Arizona, Sissy Batzy. 21/01/2026. Editions Butterfly, 306p. 20€

Je poursuis courageusement mes lectures des livres qui vendent beaucoup, ceci en fait partie. Apparemment une version améliorée d’un « Arizona Dream” de 2021, qui était le deuxième volume d’une trilogie mais le premier ouvrage de notre auteur. Mieux vaut ne pas savoir à quoi cela ressemblait. Dès le nom de l’auteur on y croit, dur comme fer, Sissi Batzy c’est un nom d’auteur pour de vrai. Une trentaine de pages à la fin vont faire la pub pour une autre pensionnaire de l'écurie, c’est toujours ça de gagné. L’histoire se déroule de 2023 à 2026. Sans raison aucune : nous pourrions être en 2018, ou 1989. C’est du pareil au même puisque rien ne nous ancre dans une période. Les seuls repères temporels sont les extraits de chanson que l’auteure utilise avant chaque chapitre pour... on se demande quoi.Dans les premières pages l'héroïne, jeune vierge de 21 ans qui veut devenir procureur, parvient pour la première fois à braver l'interdit paternel et se rend dans un bar où un beau policier la trouble... La base de tout, le bar/salle à tout faire s’appelle le Carpe Diem et il est situé à San Francisco. On le sait parce que c’est marqué. Sinon on ne le saurait pas.