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Articles taggés avec: Faurieux Alain

Griffes 31 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Mardi, 19 Mai 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Le crime du Paradis, Guillaume Musso. 2026. Calmann-Levy. 480p. 22,90€

Et bien voilà, je viens de finir le dernier (ne pleurez pas, il y en aura d’autres) Musso. Le plus gros vendeur français. Belle couverture. Vraiment : un côté vintage aux douces couleurs pour attirer de la mamie à sa petite-fille, du geek du lycée au prof de français à la plage. Un livre pour les gens avec du goût. Une lecture pas désagréable, sur la première moitié en tout cas. Ensuite on se lasse. Et la fin ressemble aux derniers épisodes de Lost, plus personne au gouvernail, laissons le bateau dériver vers les récifs et se fracasser. Le Pitch ? Un roman policier (PAS un polar) inspiré du Agatha Christie pour lequel la reine de l'énigme s'était inspirée de l’affaire Lindbergh. Mais un roman dans lequel l’auteur (M le grand) prend la parole, sandwich-like, pour bien nous montrer que c’est là un peu plus que votre distraction habituelle. Un des personnages serait le grand père de M, héros réel utilisé comme personnage dans un faux roman d’un des personnages du récit, permettant par ailleurs un final en poupées russes.

Coups de griffes 30 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 27 Avril 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Corps à cœur, l'intégrale. Jessie Auryann. Auto-édition 2025. Indisponible.

Addition de 2 volumes (2023 et 2024), qualifié d’intégrale. Pourquoi l’avoir ouvert ? Début 2026 le buzz s'en est saisit. Amazon l’a retiré de son catalogue, une ministre l’a qualifié (sur lecture d’extraits) d’apologie de la pédophilie, un député LFI l’a appuyée, des pétitions l’ont dénoncé, des voix se sont élevées pour défendre la Dark romance, comme si un ouvrage définissait un genre, et inversement. Bref, il y a eu du bruit. Alors que vais-je en dire ? Visiblement bien mieux écrit que …Sarah Rivens par exemple. Les personnages sont différenciés, de vrais décors sont plantés, l’écriture maîtrisée, lexicalement riche et moins passe-partout que le menu habituel...Et je n’ai pas lu jusqu’au bout. Le premier volume est simplement pornographique, version maso hard. Très graphique, avec (on est tenté de dire bien sûr) un personnage central féminin humiliée, battue, torturée, mais manipulatrice et meurtrière, ce n’est pas illégal d’en faire un roman. Hypocritement et avec grande facilité de l’auteure il existe une “explication” psychologique-presque une justification- à sa noirceur. Nous pouvons donc apprécier sans remords avilissement et emprise.

Griffes 29 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 23 Mars 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Arizona, Sissy Batzy. 21/01/2026. Editions Butterfly, 306p. 20€

Je poursuis courageusement mes lectures des livres qui vendent beaucoup, ceci en fait partie. Apparemment une version améliorée d’un « Arizona Dream” de 2021, qui était le deuxième volume d’une trilogie mais le premier ouvrage de notre auteur. Mieux vaut ne pas savoir à quoi cela ressemblait. Dès le nom de l’auteur on y croit, dur comme fer, Sissi Batzy c’est un nom d’auteur pour de vrai. Une trentaine de pages à la fin vont faire la pub pour une autre pensionnaire de l'écurie, c’est toujours ça de gagné. L’histoire se déroule de 2023 à 2026. Sans raison aucune : nous pourrions être en 2018, ou 1989. C’est du pareil au même puisque rien ne nous ancre dans une période. Les seuls repères temporels sont les extraits de chanson que l’auteure utilise avant chaque chapitre pour... on se demande quoi.Dans les premières pages l'héroïne, jeune vierge de 21 ans qui veut devenir procureur, parvient pour la première fois à braver l'interdit paternel et se rend dans un bar où un beau policier la trouble... La base de tout, le bar/salle à tout faire s’appelle le Carpe Diem et il est situé à San Francisco. On le sait parce que c’est marqué. Sinon on ne le saurait pas.

Griffes 28 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Mardi, 17 Février 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Le Crépuscule des Hommes, Alfred de Montesquiou. 2025, Robert Laffont. 384p. 22€

Pas un mauvais livre. Très documenté, visiblement. Prix Renaudot Essai 2025. Alors que lui reprocher ? Qu’il vienne de nulle part et n’aille nulle part. L’auteur choisit quelques reporters ou photographes, nous les suivrons de leur arrivée à Nuremberg jusqu’à l’après-jugement. Après les procès, après les condamnations (et les acquittements), après les exécutions. Très chronologiquement nous partageons le quotidien, les amitiés, les coucheries, les alliances et trahisons. Nous assistons aux jeux politiques des alliés, voyons passer quelques personnages célèbres, leurs femmes ou leurs maîtresses… le lecteur a même droit à quelques coups d’œil sur les accusés. Bien moins importants sans doute que tout ce petit monde. Et c’est là que j’ai décroché : quel est en fait l’objectif de ce livre ? Son public ? Qui s’est intéressé à Nuremberg (car c’est de ces procès là que nos journalistes vont rendre compte) n’apprendra pas grand-chose. Qui en ignore la plus grande partie…n’apprendra rien.

Griffes 27 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 19 Janvier 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres


Anne Berest, Finistère. 2025 Albin Michel. 432p. 23,90€

Oui, encore une ”saga familiale”. Avec des variations. Pour une fois ce n’est pas un hommage à/règlement de comptes avec la mère de l’auteur(e). Il faut dire qu'apparemment Anne Berest a déjà traité (deux fois) le côté maternel. Mais on a droit au nombrilisme habituel : l’Auteur, sa vie parisienne, ses succès littéraires et ses rapports difficiles avec papa. Construction ? Une première partie censée être rédigée à partir de cahiers d'écolier. Le meilleur du volume, notre auteur ne se donnant même pas la peine de donner, par la forme ou le style, une idée des dits cahiers. Le livre s'appelant glorieusement Finistère, on y trouve l’origine de tout : l'arrière-grand-papa (père de l’auteur des cahiers) fondateur de la première coopérative du pays de l'artichaut. Puis on passera à son fils, à oublier en raison d’un manque de nécessité narrative et de l’inexistence d’un prétexte quelconque à sa présence dans ces pages. Puis viendra le papa d’Anne, dont l’histoire nous sera contée sous la forme de petits (voire très, très très petits) chapitres. Plus de cahiers cette fois ci, principalement des entretiens, se déroulant après la découverte par notre auteur de la grave maladie de son géniteur. Dernière partie (celle qui chevauche plus ou moins maladroitement toutes les autres) l’enfance, la jeunesse, le passage à l'âge adulte et le regard en arrière vers tout cela de devinez-qui.