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Articles taggés avec: Ferrando Sylvie

Belle-Amie, Harold Cobert (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mardi, 17 Septembre 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Les Escales

Belle-Amie, février 2019, 416 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Harold Cobert Edition: Les Escales

 

Belle-Amie est la très réussie suite du célèbre roman Bel-Ami, publié par Guy de Maupassant en 1885, et qui relate l’ascension sociale, à Paris, d’un peu scrupuleux aventurier d’origine modeste et normande. La fiction de Maupassant se clôt sur le deuxième mariage de Georges Du Roy de Cantel avec la fille de son patron, M. Walter, directeur du journal La Vie française. Comme dans tous les romans d’apprentissage du XIXe siècle, la réussite sociale va de pair avec les succès amoureux et les rencontres érotiques.

« Il était toujours bien fait de sa personne, blond, d’un blond châtain vaguement roussi, avec sa moustache retroussée, qui semblait mousser sur sa lèvre, des yeux bleus, clairs, troués d’une pupille toute petite, des cheveux frisés naturellement, séparés par une raie au milieu du crâne ».

Mais après l’ascension vient la chute, et Harold Cobert s’emploie à faire tomber dans l’excès d’ambition et de prise de risques le nouveau patron de La Vie française, devenu député puis ministre.

Dictionnaire des mots parfaits, Belinda Cannone, Christian Doumet (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 13 Septembre 2019. , dans La Une Livres, Anthologie, Critiques, Les Livres, Thierry Marchaisse

Dictionnaire des mots parfaits, Belinda Cannone, Christian Doumet, mai 2019, 216 pages, 16,90 € Edition: Thierry Marchaisse

 

Après le Dictionnaire des mots manquants (2016) et le Dictionnaire des mots en trop (2017), voici le Dictionnaire des mots parfaits, troisième (et dernier ?) volume de la série. De même que le Robert ou le Larousse pourraient être qualifiés de « dictionnaires des mots parfaits objectifs », reflets de l’usage de la langue, de même cet ouvrage est un « dictionnaire des mots parfaits subjectifs », mots chéris ou préférés, choix personnel de chacun des 51 écrivains qui en forment le collectif d’auteurs.

Comment recenser un ensemble de courts articles de dictionnaire, dont les entrées sont si singulièrement propres à chaque écrivain ? Certains de ces mots offrent une résonance particulière à l’oreille du lecteur, de même que certains articles font précisément sens à la lecture : mots cratyliens, respectant l’harmonie imitative, mots sémantiques, choisis pour leur polysémie lexicale, mots syntaxiques, dépendant du contexte d’emploi, ou encore mots morphologiques, néologismes ou mots-valises, à objectif ouvertement ludique.

Sélection du Prix littéraire de la vocation 2019 (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 06 Septembre 2019. , dans La Une Livres, Les Livres

Jiazoku, Maëlle Lefèvre, Albin Michel, janvier 2019, 352 pages, 20 €

Deux pôles : Tokyo et son tristement célèbre quartier des yakusas (voyous), et Shanghai. Deux personnages : Kei, l’enfant japonais qui devait devenir chinois, et Fen, la jeune fille de Shanghai originaire, sans le savoir, du Japon. Tous deux sont nés de la même mère porteuse, tous deux sont amenés à se rencontrer. L’auteure retrace peu à peu leur parcours : celui de Kei croise ceux de Guan Yin, à la fois mère porteuse et déesse de la fécondité, du proxénète et père putatif Daisuke, de Bo la prostituée, du délinquant Narumi et de la junkie An, son autre sœur biologique. Celui de Fen rejoint le destin de riches collégiens ou celui de sa tante, la cheffe d’entreprise Meili. Quels liens peuvent unir les trois enfants d’une mère porteuse, dont les destinées livrées à elles-mêmes sont bien différentes ? Les hasards et nécessités croisés de la famile sont exprimés par le mot-valise du titre du roman, jiazoku, formé de jia en chinois et de kazoku en japonais, qui signifie famille. Ce roman d’une toute jeune auteure de dix-neuf ans, qui prend place de 2016 à 2035, et dont les jeunes héros sont à peine un peu plus âgés qu’elle en fin d’ouvrage, est un roman d’anticipation en matière de droit de la société et de la famille. Tendresse infinie et violence extrême s’y font jour, témoignant d’une justesse de ton romanesque.

Magie et Rhétorique en Grèce ancienne, Jacqueline de Romilly (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mardi, 27 Août 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Les Belles Lettres

Magie et Rhétorique en Grèce ancienne, avril 2019, trad. anglais Nicolas Filicic, 160 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jacqueline de Romilly Edition: Les Belles Lettres

 

Ces quatre conférences ont été données en avril 1974 à Harvard, dans le cadre des conférences Carl Newell Jackson et à l’invitation de Glen Bowersock, directeur du département d’études classiques. Ecrites en anglais, elles n’avaient été jusqu’à présent jamais traduites en français. Jacqueline de Romilly nous offre ici un lent et remarquable voyage dans l’art du discours tel que les Anciens le concevaient, de la magie à la logique.

La grande helléniste remarque tout d’abord que les mots « grimoire » et « grammaire », tout comme les mots « glamour » et « grammar » sont issus de la même racine : « le lexique associe donc à l’origine l’aspect magique et la dimension rationnelle du langage ». Le premier exposé concerne Gorgias et son Eloge d’Hélène, discours qui a pour but de disculper l’Hélène de la Guerre de Troie. Le sophiste Gorgias insiste sur le merveilleux pouvoir du discours, qui oscille entre poésie et magie, la poésie étant elle-même de nature magique.

Quinze causeries en Chine, Aventure poétique et échanges littéraires, J. M. G. Le Clézio (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 23 Août 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Gallimard

Quinze causeries en Chine, Aventure poétique et échanges littéraires, mai 2019, 208 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): J-M G. Le Clézio Edition: Gallimard

Ces quinze causeries sur la littérature ont été données par J. M. G. Le Clézio d’août 2011 à octobre 2017, tout autour de la Chine, à l’initiative de l’écrivain Xu Jun, professeur à l’université de Nankin et traducteur de son œuvre. L’Avant-propos de l’auteur chinois retrace l’historique de la relation des deux hommes depuis la parution du Procès-Verbal en 1963 (prix Renaudot), écrit par un jeune auteur de 23 ans qui allait recevoir en 2008 le Prix Nobel pour l’ensemble de son œuvre. Retour de civilités amicales et institutionnelles, à cet Avant-propos répond un Final de Le Clézio intitulé « A Xu Jun, l’ami exemplaire ».

Les lieux où sont prononcés les discours forment dès l’abord du texte un véritable périple à la fois poétique et académique dans l’immense Empire du Milieu : Au salon du livre de Shanghai, A l’université de Nankin, de Yangzhou, du Heilongjiang, A l’université des études internationales du Guangdong, A l’occasion du 20e anniversaire de la revue Grands Maîtres, dans la ville de Lijiang, A l’université normale de Pékin (discussion animée par Mo Yan), Au Forum Boya sur la littérature à l’université de Pékin, A Wuhan, A l’université des sciences et technologies de la Chine centrale, A l’occasion de la fête des Ecrivains du fleuve Yangzi au Jiangsu, et enfin A l’occasion de la fête littéraire Dayi à Xi’an.