Identification

Articles taggés avec: Ferrando Sylvie

Magie et Rhétorique en Grèce ancienne, Jacqueline de Romilly (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mardi, 27 Août 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Les Belles Lettres

Magie et Rhétorique en Grèce ancienne, avril 2019, trad. anglais Nicolas Filicic, 160 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jacqueline de Romilly Edition: Les Belles Lettres

 

Ces quatre conférences ont été données en avril 1974 à Harvard, dans le cadre des conférences Carl Newell Jackson et à l’invitation de Glen Bowersock, directeur du département d’études classiques. Ecrites en anglais, elles n’avaient été jusqu’à présent jamais traduites en français. Jacqueline de Romilly nous offre ici un lent et remarquable voyage dans l’art du discours tel que les Anciens le concevaient, de la magie à la logique.

La grande helléniste remarque tout d’abord que les mots « grimoire » et « grammaire », tout comme les mots « glamour » et « grammar » sont issus de la même racine : « le lexique associe donc à l’origine l’aspect magique et la dimension rationnelle du langage ». Le premier exposé concerne Gorgias et son Eloge d’Hélène, discours qui a pour but de disculper l’Hélène de la Guerre de Troie. Le sophiste Gorgias insiste sur le merveilleux pouvoir du discours, qui oscille entre poésie et magie, la poésie étant elle-même de nature magique.

Quinze causeries en Chine, Aventure poétique et échanges littéraires, J. M. G. Le Clézio (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 23 Août 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Gallimard

Quinze causeries en Chine, Aventure poétique et échanges littéraires, mai 2019, 208 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): J-M G. Le Clézio Edition: Gallimard

Ces quinze causeries sur la littérature ont été données par J. M. G. Le Clézio d’août 2011 à octobre 2017, tout autour de la Chine, à l’initiative de l’écrivain Xu Jun, professeur à l’université de Nankin et traducteur de son œuvre. L’Avant-propos de l’auteur chinois retrace l’historique de la relation des deux hommes depuis la parution du Procès-Verbal en 1963 (prix Renaudot), écrit par un jeune auteur de 23 ans qui allait recevoir en 2008 le Prix Nobel pour l’ensemble de son œuvre. Retour de civilités amicales et institutionnelles, à cet Avant-propos répond un Final de Le Clézio intitulé « A Xu Jun, l’ami exemplaire ».

Les lieux où sont prononcés les discours forment dès l’abord du texte un véritable périple à la fois poétique et académique dans l’immense Empire du Milieu : Au salon du livre de Shanghai, A l’université de Nankin, de Yangzhou, du Heilongjiang, A l’université des études internationales du Guangdong, A l’occasion du 20e anniversaire de la revue Grands Maîtres, dans la ville de Lijiang, A l’université normale de Pékin (discussion animée par Mo Yan), Au Forum Boya sur la littérature à l’université de Pékin, A Wuhan, A l’université des sciences et technologies de la Chine centrale, A l’occasion de la fête des Ecrivains du fleuve Yangzi au Jiangsu, et enfin A l’occasion de la fête littéraire Dayi à Xi’an.

Un chien sur la route, Pavel Vilikovsky (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mardi, 09 Juillet 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Pays de l'Est, Roman, Phébus

Un chien sur la route, mars 2019, trad. slovaque Peter Brabenec, 224 pages, 19 € . Ecrivain(s): Pavel Vilikovsky Edition: Phébus

 

Remettre à l’honneur la Slovaquie, sa capitale Bratislava et sa littérature, Livre Paris l’a fait en mars 2019 avec ce roman de Pavel Vilikovsky, à la fois récit d’un exil et de la reconnaissance de son pays et de son identité de Slovaque. En voyage de promotion culturelle de la littérature slovaque après la chute des régimes communistes, dans des pays voisins comme l’Autriche, la Pologne, la Hongrie, l’Allemagne, le narrateur, écrivain slovaque retraité, y cherche des points de convergence et des points de divergence d’avec son peuple. Il remarque que les Slovaques ont tendance à transgresser les règles dans leur pays, mais s’adaptent aisément à la vie en pays étranger. L’Europe demeure un espoir pour lui.

S’il y a un peu du Voyage sentimental à travers la France et l’Italie (1768), écrit et publié à la fin de la vie de l’écrivain irlandais Laurence Sterne, c’est Thomas Bernhard que Vilikovsky prend pour modèle, auteur autrichien internationalement célébré, qui dénigre son pays. Le narrateur est accompagné de Gabo et Dusan, poètes et écrivains slovaques avec lesquels il entretient des conversations littéraires et se livre joyeusement à la boisson.

L’ombre du crime, Panique sur Brive, Virginie Anglard (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 29 Mai 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Polars, Roman

L’ombre du crime, Panique sur Brive, Editions Le Geste noir, mars 2019, 400 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Virginie Anglard

 

Virginie Anglard livre ici un roman policier que l’on lit sans souffler de bout en bout, avec un suspense bien mené. Les chapitres font alterner personnages et lieux de Brive-la-Gaillarde et de ses environs. Brive-la-Gaillarde est une ville gastronomique de Corrèze qui héberge chaque année au mois de novembre le salon du livre qui porte son nom, événement très prisé des auteurs et des éditeurs. Mais ceci n’est peut-être qu’anecdotique. Il n’y a en effet nulle référence directe au livre et à l’édition dans ce roman qui met aux prises un assassin aux rituels pervers, une enquêtrice-stagiaire qui cache un lourd secret et deux victimes torturées. Ces deux victimes, deux belles femmes célibataires de quarante ans, l’une gérante d’une boutique de prêt-à-porter féminin, l’autre maire de Brive, disparaissent tour à tour et font l’objet d’une macabre mise en scène.

Peu à peu l’enquête avance, menée au commissariat de Brive par le commandant Victor Guiliano et ses adjoints les lieutenants Franck Bréchard, Befey et Djomo, personnages hauts en couleurs, dont les dialogues font vivre le récit.

La Femme aux Cheveux roux, Orhan Pamuk (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Lundi, 13 Mai 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Gallimard

La Femme aux Cheveux roux, mars 2019, trad. turc Valérie Gay-Aksoy, 304 pages, 21 € . Ecrivain(s): Orhan Pamuk Edition: Gallimard

 

Habituellement chantre d’Istanbul, Orhan Pamuk se fait ici, dans la première partie de La Femme aux Cheveux roux, écrivain du monde rural : on y retrouve des échos de la célèbre saga romanesque des Memed – Memed le Mince, Memed le Faucon, Le retour de Memed le Mince, et Le dernier combat de Memed le Mince – publiés par Yachar Kemal en Turquie de 1955 à 1984.

Mais il s’agit aussi d’un roman d’apprentissage dans lequel le jeune narrateur de 16 ans, Cem, pour payer ses études, est engagé comme apprenti pour l’été par un puisatier, Maître Mahmut. Sur la commande d’Hayri Bey – bey signifie en turc « chef de clan » –, un riche bourgeois, ils vont forer en zone aride et rocheuse à la recherche de la précieuse eau, « aux alentours de Kuçukçekmece » (l’un des trente-neuf districts d’Istanbul), non loin du bourg d’Öngören. Entre le maître et l’apprenti se noue une relation, paternelle pour l’un, de filiation pour l’autre, mêlée de souvenirs récurrents du mythe d’Œdipe.