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La Minute bleue de l’aube, Estelle Fenzy (par France Burghelle Rey)

Ecrit par France Burghelle Rey , le Jeudi, 27 Juin 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

La Minute bleue de l’aube, Estelle Fenzy, éd. La Part Commune, mai 2019, 120 pages, 13 €

 

Forte de dix recueils déjà parus, Estelle Fenzy a consacré une année à ces cent pages de « minutes » éclairant comme des flashs aube après aube. Proches par leur concision des haïkus deux ou trois textes occupent chacune des pages de ce nouvel opus.

Celui-ci s’ouvre sur une naissance, celle du jour, de la lumière et de la vie, pour se clore sur le vide, le silence et la mort. L’importance de l’écriture est annoncée d’emblée et les allusions métapoétiques seront récurrentes jusqu’à la fin :

 

Ecrire

Tenir ouverte

la bouche de l’enfance

Amours sibériennes, Ismaël Billy (par France Burghelle Rey)

Ecrit par France Burghelle Rey , le Mercredi, 05 Juin 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Editions du Cygne

Amours sibériennes, Ismaël Billy, éditions du Cygne, 2018 Edition: Editions du Cygne

 

 

Dès la première page de ce recueil qui a reçu le prix d'Honneur 2018 de La Cause littéraire un chant, comme celui de Maldoror, se lève. Avec un lexique et un rythme dignes de Lautréamont l'amour s'exprime dans "la sauvagerie du monde" :

Aux noirs océans, dans la calme mort des eaux assombries

des soleils impuissants qui jamais ne profanent

L'introduction de l'alphabet cyrillique va contribuer à personnifier la mère Russie rendue déjà vivante par l'adresse aux eaux :

L'Amour est un fleuve ; je t'aime, marée de l'Est.

Cité perdue, Marie-Bénédicte Loze, Lyonel Trouillot (par France Burghelle-Rey)

Ecrit par France Burghelle Rey , le Lundi, 15 Avril 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Cité perdue, Marie-Bénédicte Loze, Lyonel Trouillot, éditions Bruno Doucey, mars 2019, 80 pages, 14 € . Ecrivain(s): Lyonel Trouillot

 

A l’orée du Printemps des poètes, Bruno Doucey publie un recueil écrit à quatre mains par le grand écrivain haïtien Lyonel Trouillot et une jeune française qui signe son premier ouvrage ; celui-ci est accompagné de très beaux dessins d’Ernest Pignon-Ernest. Le poète fait partie des écrivains de son pays qui ont fait le choix de rester vivre à Port-au-Prince. Le voici sans doute inspiré par son pays que l’on sait en détresse.

Après deux exergues d’Aragon et Davertige, dans lesquels revient trois fois l’idée d’amour, le livre s’ouvre sur un texte en prose qui sera unique et qui parle d’un conte sans le nommer où de la haine naîtra « la beauté des recommencements ». Plus qu’un pari, cette expression annonce le thème du chant proposé. Et cela, malgré l’incipit du premier poème qui convie le lecteur à une triste aventure humaine :

Pas perdus, Jean-Yves Cousseau (par France Burghelle Rey)

Ecrit par France Burghelle Rey , le Jeudi, 28 Mars 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Arts, Les Livres

Pas perdus, Plessis éditions, mars 2018, 248 pages, 39 € . Ecrivain(s): Jean-Yves Cousseau

 

Avec son sous-titre Sur le passage de Guy Debord à travers une assez courte unité de temps, Jean-Yves Cousseau invite plus sûrement le lecteur à lire l’introduction longue et passionnante qu’il a écrite pour cette Anthologie littéraire et palimpsestes photographiques, comme l’indique une référence en dessous. Sa démarche artistique liée à la photographie se veut, il le dit d’emblée, « pas légers qui s’emboîtent volontiers sur le passage de quelques personnes, perdus dans l’hiver et dans la nuit ».

La rencontre avec Guy Debord commence par un échange d’ouvrages parmi lesquels un livre de photographies, Lieux d’écrits, sur « les maisons d’écrivains » commis par l’auteur lui-même.

Ce n’est que vingt ans après qu’il retrouvera, dans le volume VI de la Correspondance de son ami, la liste de 60 noms que celui-ci avait dressée pour son projet suivant. A partir de là il lui resta à rechercher des « morceaux choisis » et à tisser « le fil » qui reliait ces auteurs « au travers de situations et d’époques éloignées ». A revisiter également l’ensemble de ses archives argentiques conservées depuis trente années pour s’engager dans une aventure « où la matière visuelle d’un savoir et celle savante d’un voir s’uniraient ».

Poèmes Western, Estelle Fenzy (par France Burghelle Rey)

Ecrit par France Burghelle Rey , le Lundi, 17 Décembre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Editions Lanskine

Poèmes Western, novembre 2018, 64 pages, 14 € . Ecrivain(s): Estelle Fenzy Edition: Editions Lanskine

 

Le dernier recueil d’Estelle Fenzy s’ouvre sur une naissance. Naissance d’un monde, naissance à la vie et, par là, une espérance : « Ici le voyage commence ».

Alors de la nuit naît l’aube. Des antinomies subsistent puisque restent « des ombres oubliées »  et « Si l’on s’approche, quelles ténèbres à lire sur (le) visage »« d’une madone en prière ».

Cette fois-ci la poète a choisi comme rythme celui du verset qu’elle écrit court, alternant avec des pièces de plusieurs lignes. Un creuset qui privilégie à la fois le balancement et le heurt par le choc de phrases brèves.

Ce road-trip, dont le travail photographique de Bernard Plossu a été l’inspiration, emmène le lecteur dans une Amérique fantomatique. Le journal de bord ainsi conçu œuvre comme un film. Du gros plan au plan d’ensemble. Des confettis de « la maison de Peter » – on sait le regard de l’auteure sur l’enfance et son génie à en traduire la magie – de la camionnette, de Susannah Gun, la vieille au pistolet, jusqu’au brouillard « qui recroqueville la terre », jusqu’aux « champs de coton »et aux« sillons de bitume ».