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Route du Rhum, métaphore du monde (par Laurent LD Bonnet)

Ecrit par Laurent Bonnet , le Jeudi, 06 Décembre 2018. , dans La Une CED, Ecriture, Récits

 

Rien ne sert de manger ses pairs, il faut courir à point.

Mai 79. J’avais 20 ans, lui 40.

Lulu, natif de Deshaies, tenait un bar sur la côte ouest de Guadeloupe. Il m’offrait mon premier rhum, ma première cuite. En désignant la goélette sur laquelle j’allais traverser l’Atlantique, il m’assena : « Ton bateau là ? C’est un vieux ! Le Canadien est passé en décembre avec sa mouette jaune, i bon memm ! Ce gars c’est un moderne ! ».

Cet Antillais exprimait au plus juste ce que je ressentais de plus intime à cet instant de mon parcours naissant de navigateur. Étrange affaire, puisque 27 jours de mer plus tard, habité de mes premiers élans d’écriture, j’avais lu et relu Pourquoi j’ai mangé mon père, roman de Roy Lewis dont la récente traduction française traînait à bord. Il en était donc ainsi de notre condition et son inévitable corolaire, le progrès ? En art de survivre comme en tout domaine, existerait toujours une querelle des anciens et des modernes ?

Voyager dans Gary (1) - Les Cerfs-volants, Romain Gary (par Laurent Bonnet)

Ecrit par Laurent Bonnet , le Mardi, 23 Octobre 2018. , dans La Une Livres, En Vitrine, Les Livres, Critiques, Folio (Gallimard)

Les Cerfs-volants, Folio, 1980, 384 pages, 8,90 € . Ecrivain(s): Romain Gary Edition: Folio (Gallimard)

 

Les Cerfs-volants, testament de Romain Gary

Que celles et ceux qui n’ont jamais lu Romain Gary (né Roman Kacew) s’emparent sans tarder de ce roman. Découvrir un auteur par sa dernière œuvre peut s’avérer risqué – savoir sortir de scène au sommet de son art n’est pas donné à tout le monde. Dans ce cas on parlera d’une aubaine, un couronnement.

On aura tout dit de Romain Gary. Et à peu près rien, si l’on n’a pas pris connaissance de ce court passage du roman : « J’étais certain que Tad se trompait et je le plaignais un peu. Il aimait passionnément l’humanité entière, mais au fond, il n’avait personne. Il croyait au malheur parce qu’il était seul. L’espoir a besoin d’être deux. Toutes les lois des grands nombres commencent dans cette certitude ».