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Rien n’est perdu Tout est perdu, Philippe Leuckx (par Eric Allard)

, le Lundi, 30 Août 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

Rien n’est perdu Tout est perdu, éditions Les Lieux-Dits, Coll. Cahiers du Loup bleu, juillet 2021, 36 pages, 7 € . Ecrivain(s): Philippe Leuckx

 

Ce recueil de Philippe Leuckx s’inscrit sous le signe du retour (« Chaque jour je reviens vigile / border l’enfant perdu » (…) « Neige revenue poudrer / le ciel de marbre »). « Un air de printemps » imprègne ses pages même s’il charrie de récentes et durables blessures.

En coulant les anciennes fatigues dans le renouveau printanier, sans évacuer la mélancolie qui garde trace des affects, dans cette confiance accordée à la nature et aux éléments, le poète fait le pari de la vie sans cesse recommencée.

Poésie ultrasensible que celle de Leuckx qui ne verse jamais dans l’impudeur des sentiments et des douleurs. Pas de détails expressément narratifs, d’exposition de soi sans le filtre du verbe : le poète y met les formes, il s’agit d’habiller les affects pour les déposer sur la page, dans ce souci de partage avec le lecteur qu’est pour lui l’écriture. Le domaine de l’intime est précieux, il réclame des trésors de soin.

Prendre mot, Philippe Leuckx (par Eric Allard)

, le Lundi, 14 Juin 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Prendre mot, Editions Dancot-Pinchart, Poésie, avril 2021, 41 pages, 13 € . Ecrivain(s): Philippe Leuckx

 

« Tout au fond du jour […] juste avant le soir », Philippe Leuckx recueille ce « peu de nous qui tranche entre jour et fuite », pour « un périple étrange dont [on] ne revient pas toujours ».

C’est le moment où le jour, et toute une vie, remonte à la surface de la conscience, où la mélancolie affleure et où le poète Leuckx établit, à l’orée de la nuit, ses quartiers d’écriture.

Souvent, au revers de soi, est rameutée l’enfance : « ce puits sans tain / où puiser / quelque transparence ».

C’est l’heure où la petite musique leuckxienne se fait entendre, à laquelle il faut tendre l’oreille comme on « écoute le cœur », comme on regarde son âme. Elle joue sur une gamme de notes graves, des notes de cœur, justement, et quelques thèmes, qu’on reconnaît de recueil en recueil, familiers mais nouant à chaque fois des liens neufs pour de subtils accords.

Pas de tapage dans la poésie de Philippe Leuckx ; les mots se forment dans « la forge du silence ». C’est sa façon de « prendre la mesure du monde » mais aussi de ce qui bout dans le sang et « incise le cœur ».