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Articles taggés avec: Devaux Patrick

La Dérive des sentiments, Bernard Caprasse (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Vendredi, 07 Octobre 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman

La Dérive des sentiments, Bernard Caprasse, éditions Weyrich, Coll. Plumes du Coq, mars 2022, 384 pages, 18 €

 

Dans cette saga familiale l’auteur appréhende le milieu d’une certaine bourgeoisie où se mêlent intrigue, amour et manipulations tandis que les différentes époques, sont bien rendues, le 20ème siècle durant, avec le parcours d’Héloïse, bien née matériellement, partiellement infirme et suscitant toutes les convoitises.

Comme dans son roman précédent, Le Cahier orange, l’auteur s’investit totalement dans ses héros scrutant avec une empathie très personnelle la profondeur des âmes révélée par les situations, sans oublier quelques références historiques desquelles le romancier est friand. L’inattendu semble devenir la réalité avec cette plume précise qui, à nouveau, resitue avec brio les lieux de la campagne ardennaise que connaît bien l’ancien gouverneur de la province du Luxembourg.

Un peigne pour Rembrandt, et autres fables pour l’œil, Daniel Kay (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mercredi, 31 Août 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Arts, Recensions, Gallimard

Un peigne pour Rembrandt, et autres fables pour l’œil, Daniel Kay, mai 2022, 107 pages 12,50 € Edition: Gallimard

 

Voici la poésie « peinte » à l’instar des natures mortes. Voyage entre « consonnes épiphanes » et « Souvenir du Quattrocento » quand la nature, primordiale, sert de vecteur à une poésie qui macère l’idée, imprègne l’instant tel un vif trait de peinture tandis que les cinq sens font le reste : « Ce serait seulement quelques objets regardés avant même de recevoir le nom des couleurs, la forme des figures, quelques présences… ».

Tout serait Art à allumer les étoiles, à parfaire le langage qui devient résultante des ressentis. On ne se lasse pas de cette fabrication d’images en continu tandis que l’auteur semble faire grand cas d’une sorte de liaison esthétique entre nymphes et statues.

Les interprétations picturales sont détournées en autant de fables qu’il y a de sources d’inspiration.

Le tragique transparaît parfois entre corps vautrés « dans cette grande housse de plastique où coule la chair comme le fleuve dans sa gangue de ténèbres » tandis que les ombres, cependant, peuvent faire rayonner les objets puisque, « éternelles amies de la chandelle, elles donnent à être ».

D’une île à l’autre, Patrick Renou (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Jeudi, 27 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Presses de la Cité

D’une île à l’autre, Patrick Renou, août 2021, 320 pages, 20 € Edition: Presses de la Cité

 

Tout est vrai dans ce livre pourtant un roman. Dans sa préface l’historienne Arlette Farge parle d’un style tendre et persuasif.

J’ajouterai qu’il est sincère et efficace à plus d’un titre.

Tout d’abord, le romancier est un travailleur acharné de détails et de documentations diverses à partir du moment où le hasard lui met entre les mains, chez un bouquiniste, un livre ancien sur les paquebots et qui lui révèle, à bord, la présence d’une passagère clandestine donnant naissance, en pleine mer, à une petite fille. Ensuite il cherchera à savoir et construira, autour de la vie d’un couple et de l’enfant à naître, un roman profondément humain et attachant.

Passagère clandestine sur « L’Ile de France », Milena quitte la Lettonie avec New York pour objectif.

Enceinte, sur le bateau, initialement, personne ne la comprend : « Elle raccrocha, regarda Milena comme la Sainte Vierge “Mais d’où tu viens ?”. Toujours est-il que sainte, célibataire ou fille de joie, Jeanne la couvrait de soins ».

Okoalu, Véronique Sales (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Jeudi, 14 Octobre 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman

Okoalu, Véronique Sales, Éditions Vendémiaire, août 2021, 280 pages, 18 €

 

Il s’agit d’un roman en dehors de toute conception de lieu, de temps et d’action malgré des noms et une région citée pour situer une île qui, sans doute, n’existe pas. Révélée entre des routes maritimes contournées, elle est d’autant plus isolée, et c’est sur cette île que vont évoluer des enfants en dehors d’un contexte parental prétendument « normal » généralement.

Disons-le tout de go, le roman n’a rien à voir avec Robinson Crusoé. Le contexte, s’il peut parfois paraître comme étant « de survie » (et c’est forcé après un crash aérien laissant des enfants à leur propre sort), va au-delà de cette perception un peu immédiate. Rien non plus à voir avec un quelconque mythe du « bon sauvage ».

J’y verrais plutôt une maïeutique à construire l’être, à le modeler pour qu’il devienne lui-même en fonction des choix possibles : « Ce que l’île avait fait d’eux, c’était ce que disait brève, entêtante, la chanson de Mania – qu’ils étaient pourvus à présent, et il ne serait plus au pouvoir de personne de les en priver, d’une forme de vie nouvelle : primitive, insolente, éternelle ».

Lettres aux jeunes poétesses, Ouvrage collectif, préface Aurélie Olivier (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 07 Septembre 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, L'Arche éditeur, Poésie

Lettres aux jeunes poétesses, Ouvrage collectif, préface Aurélie Olivier, août 2021, 144 pages, 15 € Edition: L'Arche éditeur

 

Le titre de l’ouvrage en annonce bien le contenu : la démarche initiale est de vouloir faire écrire à des poétesses ce qu’elles auraient voulu recevoir comme conseils pour se préparer à l’aventure de l’écriture.

Tout y passe, les auteures pressenties s’y donnant à cœur joie en même temps que, souvent, à juste titre, « L’écrivain mâle sera questionné sur la conception de son ouvrage, l’élaboration de sa structure. Toi on te demandera si la sortie de ton livre t’a fâchée avec ta famille ».

L’intention de Claire Stavaux, l’éditrice, est de donner la parole. L’intention est louable et fonctionne parfois avec une dose d’humour : « C’est un milieu un peu hostile mais il y a de la sororité. C’est pas non plus franchement gagné/…/ Ne regrette rien et viens sans peur, tu marches déjà sur des braises, bientôt viendra le batême du feu. Allez bisou ».