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Articles taggés avec: Devaux Patrick

Le Cercle des Hommes, Pascal Manoukian (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Vendredi, 01 Mai 2020. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Seuil

Le Cercle des Hommes, Pascal Manoukian, janvier 2020, 336 pages, 19,50 € Edition: Seuil

 

Il faut savoir lire lentement. Ecrire aussi, parfois. Qualité oblige. Et c’est certainement le cas avec ce superbe roman inventif, porteur d’un sublime message, avec aussi le ton du divertissement tant on souhaite croire en l’intrigue.

Il n’y a que des héros et des héroïnes de tous les jours dans ces pages pensées dans le décor de l’Amazonie.

Quelques indiens, les Yacou, se sont volontairement limités en nombre pour jouir avec densité d’un substrat de vie préservée de ce qu’on appelle d’habitude la civilisation.

Un homme d’affaires, égaré aux commandes de son avion, survole le « Cercle des hommes » quand survient l’accident.

Pertes de repères, bien sûr et prise de connaissance, étonnante, avec les Yacou :

La fantaisie répond à la mélancolie, François Baillon (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Lundi, 20 Avril 2020. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Le Coudrier

La fantaisie répond à la mélancolie, François Baillon, novembre 2019, ill. Odona Bernard, 139 pages, 20 € Edition: Le Coudrier

 

Dieu hésite au-dessus de son œuvre dans la bouillante marmite de sa création. Aurait-il un doute ?

François Baillon l’aide-t-il à faire feu de tout poème à précipiter, entre les mots du juste questionnement, la vivacité culinaire de la Poésie ?

C’est qu’il ne manque pas d’ingrédients à épicer une mélancolie philosophale d’une pincée de fantaisie : « Je réduis la cuisson, se dit Dieu, et tous les éléments devraient pouvoir rester ».

Dieu et le scientifique se confrontent dans une sorte d’hilarité explosive qui n’a rien à envier aux rétrécissements et agrandissements « d’Alice » dans son « Pays des merveilles », François tirant les audaces littéraires d’une sorte de chapeau d’Eternité, laissant éclater une sorte d’irresponsabilité d’un Dieu laissant échapper un projet inabouti ou peut-être bien, plus volontairement, obligeant l’Homme à prendre ses responsabilités.

Les Fantômes de Théodore, Martine Rouhart (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Jeudi, 19 Mars 2020. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

Les Fantômes de Théodore, éditions Murmure des soirs, mars 2020, 118 pages, 16 € . Ecrivain(s): Martine Rouhart

 

D’emblée le roman nous propose, et dès les premières pages, une ambiance progressive digne des grands maîtres du suspense.

Dans cette réalité pensée sans cesse en trois dimensions, comme souvent au théâtre ou au cinéma, la géométrie de l’instant arpente un décor construit autour d’une idée principale : Théodore a disparu.

« Ah non, le vide ce n’est pas rien, c’est bien plus vertigineux. Sa parka n’était pas accrochée au porte-manteau. Ses pantoufles, abandonnées sur le paillasson m’ont bêtement serré la gorge ».

La façon de penser les personnages oblitère le temps et l’espace d’une façon originale et inhabituelle dans ce roman conçu comme une sorte de « script-journal » où les protagonistes semblent se regarder jouer leurs propres intrigues, l’auteur agissant depuis l’extérieur en endossant la psychologie de chaque individualité à tour de rôle, ce qui demande une maîtrise absolue dans l’évocation des sensibilités évoquées suivant leur caractère et le contexte.

Quitter Paris, Stéphanie Arc (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Jeudi, 05 Mars 2020. , dans La Une Livres, Rivages, Les Livres, Critiques, Roman

Quitter Paris, Stéphanie Arc, janvier 2020, 96 pages, 13,80 € Edition: Rivages

 

Avec un esprit pratique genre « liste de courses » ou « choses à cocher et à faire », Stéphanie Arc nous emmène à la fois dans l’organisation requise pour vivre dans un espace limité où il est permis de rêver de grandeur, de compagnie animale ou humaine et dans ses souvenirs d’enfance.

La narratrice s’en donne à cœur joie avec un ton d’humour original et particulier qui donne à sa démarche tout son sens : « Je vous l’accorde, il n’est pas simple de réaliser ses rêves, certaines difficultés paraissent insurmontables. Mais il y a une solution ! Vous avez de l’argent de côté ? Il est temps d’investir ! /600.000 euros pour 70 mètres carrés vous paraissent excessifs ? Optez pour la location/ Vous êtes free-lance, aucun propriétaire ne retiendra votre dossier ? Trouvez un contrat à durée indéterminée/ La presse est un secteur en berne ? Incitez votre conjoint(e) à signer un CDI, et installez-vous ensemble/ Vous refusez de vivre à deux dans 40 mètres carrés ? Il va falloir y mettre du vôtre…/ Avez-vous pensé à quitter Paris ? ».

L’inconnue, Intissar Haddiya (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Vendredi, 14 Février 2020. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Maghreb, Roman

L’inconnue, Intissar Haddiya, éditions St Honoré Paris 2019 . Ecrivain(s): Intissar Haddiya

 

Quelle est donc « l’inconnue » d’Intissar annonçant, dès le début de son roman, un veuvage dans une solitude forcée, cette solitude sociale s’accompagnant d’injustice matérielle et consécutive à un décès de l’époux suivant les lois en vigueur dans le pays concerné, son physique atteint parlant pour elle « Son sourire creusa des rides encore plus profondes. Sa peau ressemblait à un sol aride, à l’affût de quelques précieuses gouttelettes d’eau. Quelques années plus tôt, cette pensée aurait été une blessure à son ego de femme accomplie » ?

On frise, pour Layla, héroïne du roman, l’étrangeté annonciatrice, une amie voyante, Yvonne, suscitant l’intrigue d’un « changement de vie ». Ne nous sommes-nous pas déjà, alors, dans le roman, à une intrigue à plusieurs…inconnues ?

L’intrigue va crescendo, avec, pour Layla, la découverte d’un bébé sur le pas de sa porte.