Identification

Articles taggés avec: Rafécas-Poeydomenge Marjorie

Leadership & Coaching Global, Philippe Rosinski (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Jeudi, 21 Février 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais

Leadership & Coaching Global, Philippe Rosinski, Editions Valeurs d’avenir, mars 2018, trad. Jean Taillardat, 385 pages, 28 € . Ecrivain(s): Philippe Rosinski

 

 

Le coaching, notamment en entreprise, est souvent considéré comme légèrement suspect, dans la mesure où calquer un mode d’emploi sur tous les individus, sans les analyser en profondeur dans la durée, paraît superficiel. Le coaching global, contrairement au simple coaching, prend en compte l’ensemble de l’individu, de sa santé physique à sa spiritualité. Ce type du coaching est en phase avec la société d’aujourd’hui et son changement de paradigme. Le monde est assurément complexe, il n’est plus possible de se contenter du modèle cartésien. Le corps ne peut être séparé de l’esprit. Ce mode de coaching s’imprègne du modèle holographique. Tout est interconnecté, chaque partie fait partie d’un tout et inversement. Ce qui évoque instantanément la conception spinoziste du monde. D’ailleurs, Spinoza y est cité plusieurs fois.

Le pouvoir de l’optimisme, Christelle Crosnier (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Vendredi, 01 Février 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais

Le pouvoir de l’optimisme, Idéo Editions, septembre 2018, 273 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Christelle Crosnier

 

Pourquoi une telle floraison de livres sur la pensée positive et le développement personnel ? Il semblerait que la recherche de son propre accomplissement soit devenue depuis quelques décennies le nouveau Graal pour survivre à une société individualiste. L’optimisme est-il une façon de se protéger des horreurs de l’extérieur ? Lorsqu’on ouvre le livre de Christelle Crosnier, on se rend compte au contraire que l’optimisme est un élan vital indispensable pour faire confiance à la vie et aux autres.

Lire des livres sur l’optimisme, comme ceux sur le bonheur, est une thérapie, un entraînement pour muscler notre persévérance. Car contrairement à la culture Instagram où l’on fait miroiter aux jeunes que l’on peut devenir une star en quelques clics, réussir passe nécessairement par une série d’échecs. Et c’est pour cette raison que nous avons besoin de la magie du pouvoir de l’optimisme. Aucune grande victoire ne s’est accomplie sans petites victoires.

Einstein, le sexe et moi, Olivier Liron (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Jeudi, 24 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Alma Editeur, Roman

Einstein, le sexe et moi, septembre 2018, 200 pages, 18 € . Ecrivain(s): Olivier Liron Edition: Alma Editeur

Rythmé par le jeu de Questions pour un champion, les « Olé » et le couscous de langues de la grand-mère Josefa de l’auteur, Olivier Liron nous révèle dans ce roman sa différence, à la fois si géniale et douloureuse.

A coup de buzzers, on avance dans le roman dans la vélocité des réponses savantes sans queue ni tête de l’émission de Julien Lepers et le tourbillon des pensées incessantes de l’auteur qu’il nous livre sans censure.

L’auteur se sent comme un ovni à l’école. L’esprit critique y est banni. Quand il ne comprend pas la différence entre immigré et émigré, son professeur s’énerve. C’est d’ailleurs un problème en France, « cette obligation de se ranger en permanence du bon point de vue, édicté par des élites totalement à côté de la plaque, sans transiger ». Sa grand-mère d’origine espagnole est-elle immigrée ou émigrée ? Tout dépend de quel côté de la frontière on regarde. Cependant, quelles que soient les frontières, l’auteur se sent étranger. « Ma vie c’était ce sentiment, la honte. Pour moi il était normal d’avoir honte comme ça de son corps, la honte pour moi était normale comme le vent, comme l’eau du robinet, normale comme le fait de trier les poubelles, normale comme les nuages noirs en hiver ».

Tous les hommes désirent naturellement savoir, Nina Bouraoui (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Mardi, 08 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

Tous les hommes désirent naturellement savoir, août 2018, 264 pages, 19 € . Ecrivain(s): Nina Bouraoui Edition: Jean-Claude Lattès

 

Ce livre est une douceur poétique mêlée à la violence du désir. Dans les allers retours incessants d’une Algérie à la beauté sauvage et insaisissable et d’un Paris nocturne qui permet de consoler le désir frustré du jour, l’auteure nous raconte comment son enfance a façonné les pérégrinations de sa jeunesse. Le style de Nina Bouraoui est si sincère et vif qu’il en devient dérangeant. Elle dépeint avec précision ses angoisses et ses désirs, ses fantasmes tant refoulés qu’elle n’assume pas et qu’elle rejette honteusement dans la boîte de nuit de la rue du Vieux Colombier, le Kat. On vit son impasse, son attachement fusionnel à sa mère, sa sœur, son Algérie indomptable. Ses désirs hors norme sont vécus comme autant d’attentats à son corps.

C’est dans l’Algérie où elle a vécu jusqu’à son adolescence, en 1981, qu’elle pense pouvoir retrouver les morceaux de sa personnalité amoureuse. Sa vraie nature, comparable à la végétation algérienne, est dense et hors du temps. « Les amandiers en fleurs, les brassées de mimosas, les criques de Cherchell, les massifs de l’Atlas, les vagues de dunes sur la route de Timimoune, la beauté dense, insaisissable, éternelle de là-bas ».

Guérir de nos dépendances, Pascale Senk, Frédérique de Gravelaine (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Mercredi, 17 Octobre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais

Guérir de nos dépendances, éditions Leduc.s Pratique, avril 2018, 333 pages, 18 € . Ecrivain(s): Pascale Senk, Frédérique de Gravelaine

 

Le titre du livre, Guérir de nos dépendances, peut paraître angoissant, voire culpabilisant. Mais, ce serait dommage de s’arrêter à cet a priori car il s’agit là d’un livre véritablement bienveillant qui explique les mécanismes de l’addiction en toute simplicité et révèle cette part d’ombre que l’on cherche tant à cacher. Les auteures ont un style vivant et rassurant qui nous prend immédiatement par la main. Elles nous invitent à renouer avec nous-même, notre être profond que nos petites addictions maltraitent.

La dépendance humaine repose sur un curieux paradoxe : « Je dépends d’un autre pour devenir moi-même…, mon autonomie dépend de son état mental ». Dépendre pour être libre, telle est la situation de départ d’un enfant. On ne naît pas indépendant. Les dépendances sont souvent liées à des attachements fragiles de l’enfance.

Plus on est confronté à la tyrannie d’un moi idéal, plus on cherche de l’aide dans des remèdes extérieurs. Or ces « colmatages » accentuent la perte de l’estime de soi et conduisent à un cercle vicieux.