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Articles taggés avec: Tramier Germain

Orance, Ahmed Slama (par Germain Tramier)

Ecrit par Germain Tramier , le Mardi, 23 Octobre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman

Orance, éditions Incipit en W, septembre 2018, 100 pages, 15 € . Ecrivain(s): Ahmed Slama


Il croyait avoir isolé son problème, deux syllabes et quatre lettres, Oran ; cloche de verre des passions tristes.

Après Remembrance, récit d’enfance en hyperliens, Ahmed Slama revient avec Orance, son premier roman : biographie imaginaire, celle d’une enfance oranaise, d’une adolescence et d’une jeunesse, tentant de se soustraire à cette ville-cadavre qui l’entrave.

Orance, que l’on pourrait qualifier d’autobiographie fictive  à la troisième personne, nous plonge dès la première errance du personnage au cœur d’une ville étrangère, cet Oran où il s’ennuie, fantasme sur des relations interdites, comme sur cet ailleurs, la France tout aussi lointaine.

Carnet pour habiter le jour, Thomas Pontillo, par Germain Tramier

Ecrit par Germain Tramier , le Mercredi, 29 Août 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Carnet pour habiter le jour, Thomas Pontillo, Les éditions de la Crypte, février 2018, 79 pages, 14 €

 

Je dois faire tomber en moi

tous les murs d’amertume

creuser davantage

laisser venir le miracle

à pas de soleil

le suivre jusqu’à l’étoile prochaine

jusqu’aux pieds de la beauté

 

Pratiquer le lyrisme, malgré la stérilité des mots, pour vivre avec intransigeance et passion, voilà ce que propose Thomas Pontillo dans son recueil, Carnet pour habiter le jour.

Exhumation poétique, Andrée Vernay, par Germain Tramier

Ecrit par Germain Tramier , le Mardi, 23 Janvier 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Andrée Vernay, Dernière terre, 1962, 60 pages

« Le triomphe ne sera jamais pour vous.

Faites un baluchon de vos rêves, et le jetant sur vos épaules, partez pour ne plus l’écouter…

Pensez à vous… Jetez-vous sur les grands chemins martelés du pas des multitudes…

J’irai, chantant pour vous, des mélodies robustes »

Andrée Vernay

 

Ce n’est pas une « revie » littéraire que je me propose de faire, mais une exhumation. Qui connaît encore Andrée Vernay, née à Lyon en 1914 et morte à Marrakech le 2 janvier 1942 ? Un phénomène (si ce n’est un lieu commun) n’a cessé de se vérifier au fil des générations, depuis Théophile de Viau ou certains préromantiques, jusqu’à la mort accidentelle de Geneviève Desrosiers dans les années 90 : de nombreux poètes sont morts jeunes, sans avoir le temps de parachever leur œuvre.

Remembrances, Ahmed Slama

Ecrit par Germain Tramier , le Lundi, 18 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Récits

Remembrances, Hypallage éditions, juin 2017, 46 pages, 4,74 € . Ecrivain(s): Ahmed Slama

 

Un « dédale des sens » :

Dès l’ouverture de son récit, Ahmed Slama nous convie dans ce que l’on pourrait nommer à sa suite un « dédale des sens ». Les paragraphes s’enchaînent parsemés d’hyperliens, qui renvoient à des pages postérieures ou antérieures, et permettent de découvrir, sous de multiples facettes, un univers mémoriel où le temps n’est pas linéaire, mais volumique et participatif. La description tactile du quotidien d’enfance nous donne à voir, à toucher, à entendre, le passé par la rythmique de phrases à la syllabie choisie, rendant ainsi palpables les souvenirs clairsemés, les images et les gestes. Ce dédale des sens, c’est avant tout un livre sensuel, qui pourrait être rapproché de la « mémoire involontaire » de Proust. L’appartement familial, la tasse représentant l’arche de Noé, le coiffeur, la tirelire, la cuisine, la famille assise autour du « totem télévisuel », autant de matériaux permettant de rendre concrètes et de multiplier ces remembrances :

L’heure heureuse, Zakane

Ecrit par Germain Tramier , le Lundi, 20 Mars 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais

L’heure heureuse, QaZaQ, 2015, 44 pages 2,49 € . Ecrivain(s): Zakane

 

Synthétiser le monde

Expérimenter le monde contemporain dans une synthèse des sens ; fuir la banalité, éprouver la désespérance ou l’extase. Une invitation à la poésie, au plein chant, au cri.

 

Zakane c’est un « farouche, vivant », un « clown triste […] artisan de parole », et ça se confirme au travers de son blog : des mots et des espaces (dont nous parlerons prochainement), un espace, une photographie, prolongé par ses textes, convié l’année dernière par Jan Doets à rejoindre sa maison d’édition numérique QAZAQ, L’heure heureuse est son premier recueil, un titre qui, à lui seul, introduit dans sa poétique : cette tentative d’engendrer des instants de lumière ou d’obscurité, au plus près des existences. Le poète est ici perçu comme un être à l’affût du présent, et la poésie comme la possibilité d’expérimenter le monde avec plus d’intensité.