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Articles taggés avec: Fiorentino Marie-Pierre

La Gouvernante italienne, Iris Murdoch (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 20 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Folio (Gallimard), Iles britanniques, Roman

La Gouvernante italienne, Iris Murdoch, Folio, 1964 (première publication en français en 1967, réédition de septembre 2001), trad. anglais, Léo Lack, 220 pages, 6,90 € Edition: Folio (Gallimard)

 

La Gouvernante italienne… Ce titre devient de plus en plus intrigant au fil de la première moitié du roman où le personnage éponyme, entrevu au début, reste quasiment invisible. Murdoch sait créer le suspense avec des riens. D’ailleurs, cette gouvernante italienne est-elle réellement un individu ou bien un genre ?

Giulia, Gemma, Vittoria, Carlotta et à présent Maria, surnommée Maggie, se sont succédé dans la maison de Lydia, laissant aux enfants qu’elles ont élevés des impressions douces et protectrices toutes confondues dans cette fonction qui sonne comme un nom : la gouvernante italienne, sévèrement vêtue et coiffée, logée au dernier étage mais maîtresse dans la cuisine et la lingerie pour veiller silencieusement au confort de tous.

Ne détient-elle cependant pas des pouvoirs qui vont se révéler, en quelques jours, décisifs dans l’existence de la famille Narraway, réunie pour les obsèques de Lydia ?

Le Rivage des Syrtes, Julien Gracq (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 30 Septembre 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Editions José Corti

Le Rivage des Syrtes, 322 pages, 20 € . Ecrivain(s): Julien Gracq Edition: Editions José Corti

« Le rassurant de l’équilibre, c’est que rien ne bouge.

Le vrai de l’équilibre, c’est qu’il suffit d’un souffle

pour tout faire bouger ».

« On dirait le Sud, le temps dure longtemps… ».

 

Lire Le Rivage des Syrtes, c’est partir en voyage. Sagra, l’île de Vezzano, Fabrizio, Giovanni, Belsenza… L’Italie ? Les noms de lieux et de personnages du roman de Gracq en ont la sonorité. La Seigneurie d’Orsenna, ce pays imaginaire, lui ressemble.

Loin de sa capitale, Aldo, le jeune héros désœuvré, décide d’aller tromper son ennui et s’offrir l’illusion d’un début de carrière. Il part donc sur le rivage des Syrtes pour tenir informées les autorités sur le commandement de la forteresse par la rédaction des rapports scrupuleux.

Amour profane, amour sacré, Iris Murdoch (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Mercredi, 08 Septembre 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Iles britanniques, Roman, Gallimard

Amour profane, amour sacré, Iris Murdoch, L’imaginaire Gallimard, 1978 (réédition janvier 2015), trad. anglais, Yvonne Davet, 450 pages, 11,50 € Edition: Gallimard

« La vie est absurde et en grande partie comique.

Là où la comédie fait défaut,

ce que nous avons,

c’est le chagrin, pas la tragédie ».

 

Tandis que dans sa villa de Locketts, Monty Small, riche et célèbre romancier, est absorbé par la souffrance du deuil de son épouse Sophie, tout semble tranquille chez ses voisins, les occupants de Hood House.

Là, David traverse les affres de l’adolescence, sa mère Harriet comble son besoin de câlins qu’elle n’ose plus lui prodiguer en adoptant régulièrement un chien abandonné, son père Blaise y exerce le jour la psychologie et se détend le soir par une lecture familiale rituelle et la réparation de menus objets.

Le Prince noir, Iris Murdoch (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Mercredi, 19 Mai 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Iles britanniques, Roman, Gallimard

Le Prince noir, Iris Murdoch, L’imaginaire Gallimard février 2015, trad. anglais, Yvonne Davet, 530 pages, 28 € Edition: Gallimard

 

« Dans la plupart des cas,

le sac aux chiffons de la conscience

n’est unifié que par l’expérience vécue

du grand art ou de l’amour intense ».

 

Bradley Pearson, cinquante-huit ans, à ses heures critique littéraire, ne vit que pour le projet d’écrire, enfin, la grande œuvre de sa vie. Estimant le moment venu, il a pris sa retraite et se trouve sur le point de quitter, pour une durée indéterminée, son logement londonien vers une destination au calme. Il s’apprête donc, ce matin-là, à partir à la gare. Mais l’angoisse le saisit. N’a-t-il rien oublié ? Il défait sa valise, atermoie, ignorant que cet instant de doute va lui valoir de vivre une dizaine de jours décisifs dans son existence et aux lecteurs une plongée dans une sorte de vaudeville trépidant que la traduction d’Yvonne Davet rend haletant.

Les Animaux dénaturés, Vercors (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Mercredi, 03 Mars 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Le Livre de Poche

Les Animaux dénaturés, Vercors, 222 pages, 4,50 € Edition: Le Livre de Poche

 

Le roman s’ouvre sur un infanticide immédiatement revendiqué par Douglas Templemore. Comment ce journaliste de trente-cinq ans, passionné de littérature et jeune époux très amoureux de Frances, est-il devenu assassin ? Tout commença, lors d’une expédition qu’il accompagnait en Nouvelle-Guinée, par la découverte des Tropis. Mais ces êtres sont-ils des hommes ou des animaux ? Les passions vont se déchaîner autour de la question.

 

« Si la cour voulait simplement nous rappeler… la… quoi, la définition de l’homme, la définition ordinaire, enfin celle dont on se sert en général, quoi, la définition légale, juridique… est-ce que… quand même, cela ne déborderait pas les attributions de la cour ?

– Non, dit le juge en souriant ; toutefois, cette définition légale, il faudrait d’abord qu’elle existe. La chose est étrange peut-être, mais le fait est qu’elle n’existe pas » (Chapitre XIV)