Identification

Articles taggés avec: Blanche Catherine

À bout, Nathalie de Courson (par Catherine Blanche)

Ecrit par Catherine Blanche , le Lundi, 25 Mai 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman

À bout, Nathalie de Courson, Editions Isabelle Sauvage, octobre 2019, 128 pages, 19 €

 

Voici un roman qui tient beaucoup de la prose poétique avec du mordant, du répondant. Qui fait rire. Qui bouleverse.

Il résonne en nous comme un écho à deux facettes. Familier et lointain. Douloureux et salutaire. Qui passe, passe encore et repasse. Revient sans cesse.

Une histoire de famille.

Avec les souterrains qui vont avec. Les choses tues de longue date ou lâchées trop vivement ; les plaies vives qui en résultent.

Devenu veuf depuis peu, le vieil About perd la tête ; son esprit en déroute vacille, déraille, disjoncte. Sa logique échappe.

Ses enfants font bloc autour de lui, se relayent, tentent de l’aider.

Elmet, Fiona Mozley (par Catherine Blanche)

Ecrit par Catherine Blanche , le Mardi, 05 Mai 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Joelle Losfeld, Iles britanniques, Roman

Elmet, Fiona Mozley, janvier 2020, trad. anglais, Laetitia Devaux, 237 pages, 19 € Edition: Joelle Losfeld

 

Ce récit, qu’on prendrait de prime abord pour un conte aux accents bucoliques s’avère être un brûlot social, une tragédie des temps modernes.

Le Comté du Yorkshire est le lieu d’enfance de Fiona Mozley. C’est aussi celui où se déroule cette histoire.

Pas un hasard assurément.

Il suffit de fouiner un peu dans les cinquante dernières années de ce coin d’Angleterre pour mesurer l'ampleur de sa paupérisation : fermetures de sites industriels, âpres luttes de classe, révoltes ouvrières musclées, chômage de père en fils ; alcool et misère ravageant le pays. Il s'y ajoute des « faits divers » donnant froid dans le dos : violeurs et éventreur ont abreuvé ces terres avec des larmes et du sang. Des faits qui ne peuvent que hanter longtemps les esprits et générer des peurs…

Les Sœurs de Blackwater, Alyson Hagy (par Catherine Blanche)

Ecrit par Catherine Blanche , le Lundi, 30 Mars 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, USA, Zulma

Les Sœurs de Blackwater, Alyson Hagy, janvier 2020, trad. anglais (USA) David Fauquemberg, 226 pages, 21,80 € Edition: Zulma

Une atmosphère lourde aux effluves narcotiques, cruels et sensuels, baigne cette histoire, en plein cœur des Blue Ridge Mountains de l’Est américain.

Nous voilà plongés dans un monde violent balayé par des hordes de mercenaires et de vagabonds.

Un pays à genoux après une guerre civile suivie d’épidémies et de fièvres ayant décimé les plus fragiles, entre autres les tout petits « que nul ne pouvait soigner ».

« Les villes s’étaient mises à pourrir de l’intérieur. Les hommes avaient commencé à s’emparer de tout ce qu’ils voulaient, ce qui leur faisait envie, et ils appelaient cela la loi ».

Hantée par le spectre de sa sœur défunte, l’héroïne du récit (son nom n’est jamais prononcé) vit seule sur les terres qui l’ont vu grandir. Elle rend service aux autres en usant de son don d’écriture et maintient grâce à ça un certain équilibre autour d’elle.

Elle passe aussi pour détenir des pouvoirs : « Elle pourrait médiciner ma peau pour la faire détacher de mes os. On dit qu’elle connaît les potions pour ça ».

Les chevaliers de l’escalier rond, Einar Már Guðmundsson (par Catherine Blanche)

Ecrit par Catherine Blanche , le Lundi, 09 Mars 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Pays nordiques

Les chevaliers de l’escalier rond, Gaïa Editions, décembre 2019, trad. islandais Eric Boury, 250 pages, 11 € . Ecrivain(s): Einar Már Guðmundsson

Années 60 dans un quartier populaire de Reykjavik.

Les tribulations de Johann, petit garçon de 6-7 ans. Ah ! il en fait des frasques, le gamin, des bêtises en veux-tu, en voilà, et de toutes les couleurs. Nous, lecteurs, nous ne pouvons que le suivre. Mieux que cela : nous entrons dans la tête de ce narrateur en culottes courtes, nous devenons son double. Parfois même, il nous interpelle comme dans ce passage :

« Tout le monde à table ! Eh oui, chers lecteurs, si l’on exclut les résultats des matchs de foot, nommez-moi donc une nouvelle susceptible de se répandre plus vite parmi les hommes que cette annonce diffusée par les mères de famille poussées par le devoir ».

L’écriture de Guðmundsson est bluffante : elle arrive à nous faire entrer dans cet état d’enfance tout en ne faisant aucune concession (ou presque) au langage. L’écriture n’a rien en effet d’enfantine. Elle est drue, généreuse, enlevée, pétillante et apporte une vie en surabondance où rêve et réalité se mêlent sans cesse, à l’instar de ce gamin à l’énergie et à l’imagination débordante.

Un éléphant, ça danse énormément, Arto Paasilinna (par Catherine Blanche)

Ecrit par Catherine Blanche , le Jeudi, 07 Novembre 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Folio (Gallimard), Pays nordiques, Roman

Un éléphant, ça danse énormément, septembre 2019, trad. finnois Anne Colin du Terrail, 304 pages, 7,90 € . Ecrivain(s): Arto Paasilinna Edition: Folio (Gallimard)

 

12 septembre 1986, triste jour en Finlande : Il est « désormais interdit, y compris dans les cirques, de présenter des spectacles mettant en scène des animaux sauvages. […] Mieux valait un éléphant mort qu’un éléphant exploité, tel était le mot d’ordre du jour ». Ainsi, Emilia, bébé éléphante de 7 mois, se retrouve privée de sa mère vendue en RDA. Lucia, sa soigneuse, décide de tout tenter pour la sauver.

Dans ce roman de Arto Paasilinna, on apprend beaucoup sur la gente éléphantesque. Par exemple :

– qu’ils font partie de la famille des proboscidiens ou périssodactyles ;

– que les plus grands représentants peuvent atteindre sept tonnes ;

– qu’ils « ont une large tête, avec une boîte crânienne composée d’os alvéolés au tissu spongieux pneumatisé » ;

– que « leurs sinus sont en partie tapissés de muqueuses et contribuent à la finesse de leur odorat » ;