Je ne parlerai pas du héros de Vittorio De Sica, car il ne s’agit pas ici d’un unique et dramatique vol de vélo commis en raison du chômage et de la pauvreté, mais d’une série de vols de bicyclettes, d’un genre particulier, puisqu’elle concernait des bicyclettes de facteur. De plus le voleur n’agissait pas seul, et semble-t-il sans appât du gain, en fait c’était ce qu’il prétendait pour atténuer sans doute la sévérité de la justice au cas où il serait pris, le courrier étant réexpédié, d’une boîte à lettres quelconque, quelques jours après avoir été déclaré volé. En instance aurait été plus exact. Les bicyclettes, elles, restaient plus longtemps en instance. Elles étaient restituées, en état de marche, plusieurs mois après pour les premières, puis un à deux mois pour les suivantes. Les délais étaient ensuite réduits à une ou deux semaines. Cette différence de traitement, entre courrier et vélo, n’a pas été élucidée, préoccupant considérablement la Poste et un peu moins la Police. A juste titre, car la notion de délai est différente d’une institution à l’autre. La Police agit sans délai, autant dire sans obligation de délai. La Poste, elle, met un point d’honneur, et on le lui reconnaît, à respecter les délais. Elle doit savoir aussi que des billets de banque, protégés par l’épaisse banalité des correspondances, peuvent être glissés dans les enveloppes, et s’y trouver à l’abri.