Identification

Nouvelles

Recueil - Les Pays Imaginaires Épisode 4

Ecrit par Ahlem B. , le Mercredi, 01 Juillet 2015. , dans Nouvelles, Ecriture, La Une CED

 

Le Photographe - Les Pays Imaginaires

 

Il était une fois, dans un lointain lointain royaume, nichée dans une vieille vieille vallée, une paisible médina.

Ah, qu’il y faisait bon vivre ! C’est que l’on venait de loin pour en admirer les allées aux doux reflets opalins, ses mille nuances de bleus qui faisaient paraître la lumière dans toute sa splendeur, et ruisselaient sur les murs tantôt aigue-marine tantôt ciel, tantôt cyan tantôt roi.

Ici, les maisonnettes s’alignaient sur les ruelles étroites, bordées de vignes suspendues et de géraniums ; l’aube irisait les murets tandis que le soleil, une fois levé, dévalait gaiement les chemins escarpés.

Les portes en bois bigarrées étaient grand-ouvertes, elles réunissaient sur le seuil les enfants espiègles et rieurs, et l’on pouvait entrevoir les artisans travailler leurs ouvrages, tapant du pied au rythme des aiguilles et des rouets.

Golden Life

Ecrit par Thomas Chaline , le Mardi, 30 Juin 2015. , dans Nouvelles, Ecriture, La Une CED

 

Les oiseaux sifflaient plus haut au crépuscule et les fougères étaient humides. La veille, la brise avait frappé fort sur la forêt paisible. Cela devait être une de ces putains d’alertes orange organisées par le gouffre d’État Météo France.

Souillé par les remords, Herbert avait le sommeil léger depuis son retrait de la vie des autres.

Cette vie bordélique, coincé dans un système monochrome allant dans le sens « échec » qui devait n’avoir que pour unique ambition : l’appât du gain. Ce gain névrosé dans lequel les hommes de chaque société s’étaient promis une guerre sans merci. Prêts à jouer des coudes, distribuer les baffes, faire chialer son prochain comme une madeleine, sans ménager les chèvres et les choux de Bruxelles. Terrasser le concurrent direct à la place de petit « Nobel » qui aura la faveur du patron qui, lui, ne connaît que le numéro qu’il porte sur son dossier à la DRH.

Recueil Les Pays Imaginaires, Épisode 3

Ecrit par Ahlem B. , le Samedi, 20 Juin 2015. , dans Nouvelles, Ecriture, La Une CED

 

Le gai pinceau - Les Pays Imaginaires

 

Bansky

Il était une fois, dans un lointain lointain royaume, une blanche blanche ville.

Blanche ? Ah bah ! il y avait longtemps qu’elle ne l’était plus vraiment : il y avait maintenant tant de maisons et de monde et de bruits, que tout paraissait étroit, comme si la ville se resserrait à mesure qu’elle grandissait. Ses murs étaient étriqués, mal bâtis, ses bâtiments s’empilaient, gris et enfumés, et les maisons, laides, étaient plantées au milieu de tas d’ordures et de détritus.

Les habitants vivaient à l’étroit, on les voyait errer dans la grisaille, de plus en plus sales, coléreux ou taciturnes : ils avaient fini par se traiter avec le même mépris que leur ville.

C’était dans cette contrée morose que se déroula l’aventure que je vais vous conter.

Recueil Les Pays Imaginaires, Épisode 2

Ecrit par Ahlem B. , le Mardi, 09 Juin 2015. , dans Nouvelles, Ecriture, La Une CED

Le Magicien d’Ô - Les Pays Imaginaires

 

Il était une fois, dans un lointain lointain royaume, un vieux vieux métier, qui se transmettait de père en fils : le métier de Guerrab*.

Ah, le Guerrab ! Quelle fière mine il avait ! Toujours un large chapeau multicolore sur la tête et vêtu d’une longue tunique rouge tombant jusqu’aux genoux, l’homme superbement apprêté parcourait les douars, traversait les villages, arpentait les villes, à pied et dans une cadence entraînante : Ding Ding les cuivres percutaient, Ting Ting les tasses tintaient, Drin Drin la cloche sonnait, El Maâ Lillah, W’lli Ata chi, Fi sabil Allah, la voix claironnait.

À son passage, les passants assoiffés criaient « Ya Guerrab ! » et l’homme s’arrêtait, détachait de sa ceinture l’outre en peau de chèvre, puis l’air cérémonieux, il versait l’eau précieuse et parfumée dans une tasse en cuivre. Une fois désaltérés, ils le remerciaient avec un sourire reconnaissant et lui tendaient quelques piécettes. Quant aux enfants, lorsqu’ils le voyaient défiler ainsi paré, ils le regardaient passer comme un rêve. Et alors l’homme reprenait sa marche sous le soleil de plomb, le pas lascif et la mine paisible.

Un phare

Ecrit par Noémie Aulombard , le Vendredi, 05 Juin 2015. , dans Nouvelles, Ecriture, La Une CED

 

Je suis la fiancée bretonne qui allume à sa porte une lanterne, dont la lumière se maintient toujours. Je garde le phare, celui qui ramènera à bon port mon amour, dans le lointain parti. Qu’il brille à travers les couloirs du temps ! Je veux que mon homme soit guidé dans l’éternité du voyage par cette lueur amoureuse. Je veux qu’il me revienne vite, entouré de senteurs nouvelles et de couleurs épicées. Je ne veux plus sentir ce manque béant, au creux de mes côtes ; ce souffle glacé dans la nuque, la respiration de l’absence. Je ne veux plus percevoir l’éclat mat du silence de son visage et de sa voix.

Dans le secret de mon cœur, je me remémore tous les instants d’amour. Ils sont là, gravés dans ma chair, inscrits sur ma peau. Je les sens encore, comme une immortelle présence, avec l’exactitude des gestes et des frôlements, la minutie des mots et des douceurs. Ils sont toujours là, ces instants, survivant à tous les périples, à toutes les turbulences de la mer et du cœur. Je t’aime, dans le souvenir, mon bien-aimé.