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Ecrits suivis

L’absente (2) - Brisure, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Jeudi, 13 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Des étendues et des jours qui commençaient à 6.15 am, à marée basse. Mon épouse prenait un bain devant « chez nous » entre maîtres et chiens, jeux de bâtons et aboiements autorisés avant dix heures du matin. Des odeurs de vase. Depuis notre terrasse, je guettais ses brasses, un point noir en surface, je guettais son retour. J’étais inquiet.

Zéro goutte en provenance des nuages.

On nous avait bien renseignés. 8000 résidents, 30.000 en période de vacances, une communauté d’artistes, de hippies, de gens fortunés, des retraités, des mines refaites, des mines affaissées. Des maoris chauffeurs de bus, des maoris avachis sur des chantiers, défaits, des femmes obèses, des femmes en pause, des femmes âgées caissières au supermarché. Puis des vacanciers chinois et français, des serveurs ou des jeunes « waffeurs » venus d’Europe ou d’Amérique pour parfaire divers apprentissages. Une destination dite phare, « encore vierge d’un tourisme de masse ». Oneroa nous attirait, Oneroa m’impressionnait.

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (39) - FIN

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 08 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Toutes les fois qu’il voudra, du crépuscule à l’aube, plonger en soi-même, n’insiste pas, efface-toi, prononce seulement les mots qui, en rêve, vous rendent fluide et vous munissent d’ouïes et de nageoires, car c’est le seul moyen de le suivre jusqu’au fond où tu apercevras, toute noire de poissons cendrés et ceinturée d’écume, son île, qui s’appelle

Un poème

 

FIN

 

Matthieu Gosztola

 

Mère (4), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 05 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Moi, j’aime les parfums. C’est une indication pour moi. C’est un signe, si tu préfères. Je reconnais que je suis ému par une odeur, la fragrance d’une tubéreuse par exemple. Et puis, les odeurs âcres qui dénotent du mauvais sort de l’horoscope du jour. C’est juste un peu mystique, si tu préfères.

Il faut tourner son doigt sur le planisphère, et là tu pointes un lieu : Punta Arenas. C’est la fin du monde !

Elle a pris un vol Bruxelles/Limoges avec 40 euros de bagages et un recueil des poèmes de Maria Tsvetaïeva. Et pour signet une photographie des colosses de Memnon.

Et puis, c’est le destin.

Tu vois, je te dis cela parce que mon idéal ce n’est pas cette partie de ma vie que je ne peux pas refaire, et qui est passée, qui est une chose brûlante en un sens, et même dangereuse.

Tiens, là, une odeur de cosmétique. De crayon de bois.

L’absente (1) - Rétractation, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Mardi, 04 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

J’avais été happé jusqu’à cette maison, située au bord d’Oneroa, en bord de mer. Un « bateau ancré au port de Waiheke attendant son hôte ». J’avais jugé ce descriptif traduit en français, mauvais, ordinaire. Néanmoins, j’avais réservé pour dix-neuf nuits. Depuis un site internet. J’avais versé une caution dès ma transaction confirmée. J’étais pressé.

J’étais. J’étais heureux parce que nous fêtions, mon épouse et moi, nos deux anniversaires, ses quarante ans, mes cinquante ans, nés un douze janvier.

Waiheke était une étendue de terre éventée au sud de Sydney, au sud de Nouméa, un point dans un océan Pacifique. Nous partions au bout du monde, pour vingt-et-un jours, au pays des kiwis, sans trop savoir où. Je refusais de voir des images, j’écartais toute documentation qui m’informerait sur ma prochaine destination. D’abord m’immerger puis nous surprendre. Je me renseignerai dès notre retour. Je procédais ainsi, organisant nos escapades par intuition, toujours au dernier moment. Nous voyagions avec un bagage, des papiers et un bouquin pour deux. Marguerite Yourcenar et son Denier du rêve. Nos attentes en poche, deux papiers au format A4 pour toute confirmation, des coordonnées, des numéros et une adresse.

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (38)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 01 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Ce silence

Dont vous avez

 

De loin

Caressé un oiseau

 

De nuit

 

Ce baiser

Que vous posâtes