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Ecrits suivis

L’absente (3, suite et fin) - Réparation, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Mercredi, 19 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Nous sommes bien davantage que ce que nous sommes. Nous percevons à travers nos propres programmations, c’est notre cerveau qui voit. Nous pensons à partir de notre ressenti et nous ressentons à partir de nos pensées, c’est donc ce bain chimique que nous devons modifier si nous désirons changer (1).

J’avais donc fait un cauchemar. Assez commun, voire obscène. J’avais été dupé.

Nous étions samedi. Et sous « notre » baie vitrée ces mêmes qui bondissaient avant dix heures du matin, pour faire du sport, ces chiens se précipitant sur des bâtons, ce même horizon à marée basse un peu gris, un peu vert coincé sous une voûte mauve. Un décor étanche.

Rien n’avait été vraiment dérangé.

Mère (5), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 14 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Elle aimait son cousin.

Cette affection à la mère, à tout ce qui touche de près ou de loin la famille, ça le rend à moitié fou.

Mais, notre mère ? Qu’aurait-elle dit ? Elle aurait aimé ce fauteuil vert ?

Cette argenterie, par exemple.

C’est l’opus 28, car c’est avec lui que j’ai passé mes deux ans à la Villa Médicis comme correspondant. Un mode de vie. L’opus 28 !

Le cinéma des années 60. Toute cette période qui jouxtait la Guerre d’Algérie.

Et elle ?

Une addiction médicamenteuse. C’est pour ça, le suicide.

63 ?

Oui, octobre 63.

L’absente (2) - Brisure, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Jeudi, 13 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Des étendues et des jours qui commençaient à 6.15 am, à marée basse. Mon épouse prenait un bain devant « chez nous » entre maîtres et chiens, jeux de bâtons et aboiements autorisés avant dix heures du matin. Des odeurs de vase. Depuis notre terrasse, je guettais ses brasses, un point noir en surface, je guettais son retour. J’étais inquiet.

Zéro goutte en provenance des nuages.

On nous avait bien renseignés. 8000 résidents, 30.000 en période de vacances, une communauté d’artistes, de hippies, de gens fortunés, des retraités, des mines refaites, des mines affaissées. Des maoris chauffeurs de bus, des maoris avachis sur des chantiers, défaits, des femmes obèses, des femmes en pause, des femmes âgées caissières au supermarché. Puis des vacanciers chinois et français, des serveurs ou des jeunes « waffeurs » venus d’Europe ou d’Amérique pour parfaire divers apprentissages. Une destination dite phare, « encore vierge d’un tourisme de masse ». Oneroa nous attirait, Oneroa m’impressionnait.

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (39) - FIN

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 08 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Toutes les fois qu’il voudra, du crépuscule à l’aube, plonger en soi-même, n’insiste pas, efface-toi, prononce seulement les mots qui, en rêve, vous rendent fluide et vous munissent d’ouïes et de nageoires, car c’est le seul moyen de le suivre jusqu’au fond où tu apercevras, toute noire de poissons cendrés et ceinturée d’écume, son île, qui s’appelle

Un poème

 

FIN

 

Matthieu Gosztola

 

Mère (4), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 05 Octobre 2016. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Moi, j’aime les parfums. C’est une indication pour moi. C’est un signe, si tu préfères. Je reconnais que je suis ému par une odeur, la fragrance d’une tubéreuse par exemple. Et puis, les odeurs âcres qui dénotent du mauvais sort de l’horoscope du jour. C’est juste un peu mystique, si tu préfères.

Il faut tourner son doigt sur le planisphère, et là tu pointes un lieu : Punta Arenas. C’est la fin du monde !

Elle a pris un vol Bruxelles/Limoges avec 40 euros de bagages et un recueil des poèmes de Maria Tsvetaïeva. Et pour signet une photographie des colosses de Memnon.

Et puis, c’est le destin.

Tu vois, je te dis cela parce que mon idéal ce n’est pas cette partie de ma vie que je ne peux pas refaire, et qui est passée, qui est une chose brûlante en un sens, et même dangereuse.

Tiens, là, une odeur de cosmétique. De crayon de bois.