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Ecriture

Les enfants des égouts Chapitre III, par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Lundi, 02 Juillet 2018. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

 

Partie 01

On ne meurt jamais d’une vraie mort, on laisse toujours un témoin ou dix-neuf.

Il n’y aurait pas de chapitre deux. Il ne se passe jamais rien dans un chapitre deux, c’est de la littérature.

Les choses n’étaient pas venues à moi, elles ne m’attendaient pas non plus dans le temps, dans mon temps, ma chronologie. Je n’avais pas décidé un jour, d’aller d’un point A à un point B, je ne m’étais pas perdu en chemin. Il ne s’est rien passé, j’ai juste vieilli plus vite que je n’ai grandi.

Les Marquises, par Henri Cachau

Ecrit par Henri Cachau , le Lundi, 02 Juillet 2018. , dans Ecriture, La Une CED, Récits

 

Achevée sa période « Blédine », Francis Combes découvrit que les réclames, les campagnes publicitaires ou politiques, mieux que toutes sortes de Nouvelles (fausses) ou mauvais romans, reflétaient le sens profond de la vie communautaire. Abusée qu’elle fut par d’insignifiants petits riens, insidieusement son attention se vit rattrapée par ces racoleuses sollicitations, proposées par l’intermédiaire d’encarts luxueux, de dépliants, de documents d’appel ou sophistiqués catalogues nous intimant de voyager… Qu’importent les façons dont les voyagistes nous vendent : la Thaïlande, la Sicile, le Maroc, les Seychelles ou les Marquises, dorénavant à crédit toutes ces destinations sont à notre portée… C’est ce qui ressortait de cette fallacieuse réclame dont le susnommé se méfia, songea que plutôt parcourir le globe en tous sens et à trop vive allure, l’urgence serait de circonstanciellement rendre compte d’un lieu, d’un paysage, d’une ville, d’un amour ? Si ce potentiel mental existait, pensait-il, nous commencerions par être attentifs aux réminiscences, leurs translations n’affectant que des géographies apprises, puis, hélas, oubliées…

Mizugashi : La thérapie, par Khalid el Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Vendredi, 29 Juin 2018. , dans Ecriture, La Une CED

J’occupe le d. Me manger. J’occupe. Mes yeux. Je ne sais pas s’ils sont blancs ou vraiment blancs.

J’occupe le d. Il me mange et j’admire la façon. J’occupe. Je suis vivant mais la conscience.

J’occupe le d. Il m’aime comme. J’occupe. Je suis en train de préparer un délicieux repas.

J’occupe le d. Tu ne peux pas entrer. J’occupe. Ma tête ne ressemble à rien. Sauf.

J’occupe le d. Et je l’aime vraiment. J’occupe. Comme. Mais la conscience. Sauf.

J’occupe le d. Il peut entrer. J’occupe. Prendre le contrôle. Sauf.

J’occupe le d. Il me permet de devenir. J’occupe. Je ne vais pas être déçu.

J’occupe le d. Il s’est tellement identifié à. J’occupe. Une partie de moi-même. Mais. Sauf.

J’occupe le d. Les dents et dedans. J’occupe. Son sourire.

 

Khalid EL Morabethi

Football, Sept Brevitas (Petites proses de cent mots), par Clément G. Second

Ecrit par Clément G. Second , le Lundi, 25 Juin 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

D’agneau et d’or

Le magnifique ballon créé pour l’inauguration du grand stade, cuir d’agneau, coutures au fil d’or, fut lancé par une gloire nationale avec tant d’emphase que, survolant l’enceinte, il alla se perdre dans le lacis du bidonville voisin.

Plus tard, des gamins l’adoptèrent sans rien remarquer sous la boue collée de la flaque où il avait macéré.

Lorsqu’on leur eut presque arraché les oreilles pour s’être emparés de cette relique de la cérémonie, ils reprirent l’habituelle balle crevée qui absorbait les frappes – non sans avoir rangé avec soin dans leur mémoire une couche supplémentaire de haine pour quand ils seraient grands.

Presque par hasard, par Marcel Alalof

Ecrit par Marcel Alalof , le Mercredi, 20 Juin 2018. , dans Ecriture, La Une CED, Récits

 

Pendant mes années avec Danielle, je suis parti en vacances avec des romans de Sollers, le seul auteur à ce jour qui m’a permis de sauter autant de pages que je le voulais, sans provoquer en moi honte ou culpabilité. J’ai compris avec lui, que le lecteur n’était pas obligé de tout lire. Grâce à lui, j’ai compris que tout le monde pouvait écrire. Puis, je suis passé aux essais de Sollers, où j’ai découvert tout autre chose et son talent. Tout cela pour dire qu’on peut être grand écrivain sans savoir raconter une histoire. Aux confins de l’Ile-De-France, dans le lycée où j’ai fait mon internat, j’ai côtoyé celui qui m’a fait connaître Les Chants de Maldoror. Le livre était sur sa table, dans la salle d’études. Mais, il ne m’a jamais parlé du livre qui, sur le bureau, était son secret.