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Ecriture

A mon père (4) - Le tombeau des lucioles, par Emmanuel Levine

Ecrit par Emmanuel Levine , le Mercredi, 11 Octobre 2017. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

 

 

Dans les joncs qui riaient, à chaque battement de sang,

un garçon serrait dans ses mains une boîte.

 

De la boîte jaunie tombée des doigts de l’enfant,

tombaient des perles d’amour et de nostalgie moite.

 

Elle chargeait l’air de petites reliques.

À celles, par Charles Orlac

Ecrit par Charles Orlac , le Lundi, 09 Octobre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

À celle qui

Verse l’eau fertile sur les sables de la nuit

Qui barre la route aux vaines encyclopédies

À celle des

Restanques lézardées sous l’effort de mémoire

Celles des

Villages perchés jeunes filles ou grand-mères loquaces

Leurs collines en marche vers des golfes rutilants

Je suis femme !, par Maissa Boutiche

Ecrit par Maissa Boutiche , le Vendredi, 06 Octobre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Ça n’a pas d’importance

Si l’absence me fouette

Et l’amour me fait fi

Je suis femme sacrifice

Fourmilière,

Qui s’efface dans l’oubli

Dans les grottes du passé

Ma pensée s’achemine

Reconnaît

Sa mémoire, son devoir

Dans la vie…

Charles, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Jeudi, 05 Octobre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Oh ! tu l’as bien cherché ! Hashischindécrottable !

soulard amidonné ! poète pitoyable !

te voilà pour de bon la gueule dans la fosse !

et ton Salut Public flotte au gré des carrosses

oh ! tu l’as bien voulu ! suceur de vents fanés !

rimeur à corps perdu ! maudit dandy damné !

tes fleurs ont la couleur d’une satanée messe

et ta Jeanne alitée n’est qu’une pute à tresses !

Trois histoires échappées 1) Rue du Bac – Histoire orgueilleuse, par Patrick Abraham

Ecrit par Patrick Abraham , le Vendredi, 29 Septembre 2017. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

Je le voyais souvent dans ce café-brasserie de la rue du Bac où il venait déjeuner presque chaque midi, en terrasse s’il faisait beau, à une table près de la porte des toilettes les jours de pluie ou de froidure hivernale. Ses livres n’étaient plus lus ni régulièrement réédités. Ses éditeurs l’oubliaient. D’autres modes, d’autres enjeux étaient apparus et ce qu’il avait aimé ou combattu, ce qui avait soulevé ses enthousiasmes ou déclenché ses colères n’était plus compris par personne. Je m’explique mal : il n’avait jamais été un écrivain d’idées. Ses emportements, ses enivrements – qui avaient emporté et enivré tant de lecteurs et surtout tant de lectrices trente-cinq ou quarante ans plus tôt – n’avaient eu de réalité et d’effet que par la force de son style – par ce qu’on nommait encore le style et qui était devenu aussi étranger à l’époque, je l’avais constaté, que l’ensemble de son œuvre ou les écrivains qui avaient nourri celle-ci. Je ne lui ai jamais parlé. Peut-être aurais-je dû le faire. Peut-être l’aveu de mon admiration et, je n’hésite pas à le dire, de mon amour pour lui eût-il rendu moins humiliante sa dérive vers la décrépitude physique et la honte sociale (oui : la honte de se survivre dans l’apparence d’un vieillard plutôt malpropre, quasi obèse et à demi aveugle, changeant rarement de chemise ou de costume et se lavant aussi rarement sans doute, engendrant à la terrasse ou dans le fond de ce café des ricanements ou des mimiques méprisantes chez les autres consommateurs).