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Ecriture

Mon amour est un corbeau (Poème 1), Le bateau de la vie (Poème 2), par Imène Bensitouah

Ecrit par Imene Bensitouah , le Mercredi, 20 Septembre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Mon amour est un corbeau (Poème 1)

 

Un fil d’amour s’étend dans le ciel de mon cœur

Sur le fil, des oiseaux s’endorment

Ils étaient chamarrés, charmeurs

Je m’approche joyeusement, ils volent

Seul un oiseau rêve encore !

C’était un corbeau

Emmitouflé dans sa noire noirceur

Confidentielle, par Clément G. Second

Ecrit par Clément G. Second , le Mardi, 19 Septembre 2017. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Tata Lily, notre grand-tante, avait beau se montrer la plus affectueusement enveloppante des Ancêtres de la famille, ses bras nous bercer dans sa voluptueuse corpulence, ses lèvres pourtant aussi poilues que celles des autres tantes ne jamais picoter nos joues lorsqu’elle nous embrassait, la douceur de son visage rendre irrésistible le moindre de ses désirs ; Camille et moi finîmes par nous accorder à la trouver insupportable sur le chapitre des courses dans la ville haute.

Chaque matin, éveillés de bonne heure dans la chambre-dortoir où les croisillons de la fenêtre sans persiennes tamisaient mal la première entrée du jour, nous nous levions en silence parmi nos cadets endormis et filions sur la terrasse puis jusqu’à la cuisine. Tata Lily, comme le rapportait sa légende confirmée discrètement par nos parents, devait avoir eu le temps dès avant l’aurore de prendre son bain de mer dissimulée nue derrière les rochers non loin de la Marine puis de nous préparer le petit-déjeuner. Après le rite copieux des baisers tendres ponctués de mèches encore mouillées, nous pouvions tremper à loisir ses tartines à l’huile d’olive dans un succulent chocolat de son secret. La table débarrassée, nous nous glissions tant bien que mal entre de nouvelles salves de baisers pour nous adonner à la contemplation de la mer depuis le muret de la terrasse tout en esquissant les possibles de notre journée enfantine.

Sentier escarpé, par Alix Lerman Enriquez

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 18 Septembre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

J’arpente le jour comme j’arpente

le sentier escarpé de mon passé

qui brûle sous le soleil

et le silence de l’été.

 

J’y croise quelques coquilles d’escargot

effritées par l’érosion du vent,

encore accrochées à la pierre friable

comme le sable rose

de mes plages d’enfance.

Lilia, par Tawfiq Belfadel

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Jeudi, 14 Septembre 2017. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

À feu B. Benamar

 

Tunisie. Je ne savais pas pourquoi ce mot se confondait toujours dans ma tête avec le mot « Liberté ».

J’avançais vers le musée Bardo, un bouquet de jasmin dans la main. A l’entrée, des images de sang et de cris bourdonnaient autour de ma tête. Elles me dérangeaient, me donnaient envie de crier, m’empêchaient d’entrer au musée, me forçaient de penser à la mort. J’enfonçai mon nez dans le bouquet et d’un coup toutes ces images se dissipèrent. En Tunisie, l’odeur de la vie était plus forte que celle de la mort. Je posai le bouquet au seuil pour rendre hommage aux victimes de l’attaque. J’entrai.

Je passais d’un couloir à l’autre en admirant les œuvres. J’étais notamment fasciné par les mosaïques qui racontaient des siècles d’Histoire. Près d’une sculpture en marbre, une jeune fille me tendit son téléphone et me pria de la prendre en photo.

A mon père (2) - Jour de pierre, par Emmanuel Levine

Ecrit par Emmanuel Levine , le Mardi, 12 Septembre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

Au petit matin, nous sommes avec toi.

Le rabbin appelle : Raphaël, Raphaël –

le nom d’un dieu qui guérit.

 

Découpant ton linceul,

il donnait à mon frère, à ma mère, à mes sœurs,

un brin de ton habit de ciel.

 

Au cœur de vies en train de déchanter,

nous avons affronté les rues grises.