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Ecriture

Mes « veux » pour 2018, par Tawfiq Belfadel

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 14 Mars 2018. , dans Ecriture, La Une CED

 

Loin des vœux, mes veux.

Le verbe « vouloir » est un verbe impersonnel dans mon pays. L’Algérie. Il se conjugue uniquement avec le gouvernement. Exemple : c’est le gouvernement qui veut. Le conjuguer avec d’autres pronoms est une atteinte à la stabilité du pays et un appel à un coup d’Etat.

Je vais briser ce tabou. Voici donc mes « veux » :

Je suis un enfant algérien. Je veux dans ma ville un cinéma, un théâtre, un clown, un centre culturel, pour vivre mon enfance que vous exploitez dans deux lieux : l’école coranique et l’école publique. Je veux une enfance puissante qui ne serait jamais menacée par une baleine virtuelle. Je veux vivre !

Je suis un jeune Algérien. Je veux vivre ma jeunesse qui m’échappe. Je ne veux pas que vous réduisiez mon humanité à deux cartes : carte du service militaire, et carte électorale. Vivre est un verbe qui m’est spolié et je m’aventure sur une barque pour le chercher ailleurs. A la recherche du verbe perdu. Je veux vivre !

La vie est un vaste jardin de roses, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Mardi, 13 Mars 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

– Hé Ô, faut pas avoir peur ! souffla-t-elle dans le creux de mes oreilles pendant que je dormais à poings fermés, après une journée de dur labeur.

L’aube des jours heureux fait son entrée dans la légende primitive. Pendant ce temps, je m’agrippe au sommeil qui m’entraîne jusqu’aux confins de mes origines lointaines. Je dors profondément !

Le tumulte des mots susurrés par la quiétude aurorale qui tremble de tendresse, à l’aube de la brume fuyante, a cessé, tandis que la vie continue à moissonner la terre belle et généreuse.

Là-bas, loin de nos aveuglements, des êtres de chair, des hommes, des femmes et des enfants, esseulés, les corps enveloppés dans le coffin de l’au-delà, offrent leur âme en libation. Au seuil de l’éternité or-rougeoyante, une salve de rires déchire la terre d’un mouvement hystérique. Etonnement rédempteur !

Dévotion, par Eric Seyrac

Ecrit par Eric Seyrac , le Mardi, 13 Mars 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

(J’ai peut-être écrit ce poème. Je ne sais plus. Je le publie, en tout cas. J’y identifie des moments de ma vie. D’autres vers, et leurs allusions, me sont en revanche impénétrables. L’auteur en serait-il ce voyageur sans bagage qui sortit de sa chambre dans la banlieue de Lisbonne après avoir réglé sa note et dont on retrouva le corps roulé par les vagues sur la plage de Cascais ? Quant à Edwin Holmes, nom par lequel le texte se conclut, la lecture rêveuse d’une biographie d’Arthur R. donnera quelques pistes, je crois).

 

A des matins et à des soirs

Aux jours qui, de ces matins à ces soirs, n’ont pas été trop massacreurs.

A mes jours massacrés.

Saccagés.

Des phrases. Un melon, par Khalid El Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Lundi, 12 Mars 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Les poissons boivent de l’eau salée.

Le microbe choisit toujours les belles robes.

Quand j’allume mon ordinateur, il me dit que je suis le bienvenu.

Depuis le début, c’était simple comme Van Gogh.

Mon Moby Dick pourrait se trouver dans un autre univers ou une autre partie de l’univers.

Il existe un homme sourd mais il peut écouter la pluie quand elle tombe.

Des ombres dans l’immeuble, ils attendent que les cafards deviennent vides pour qu’ils les hantent.

Je vois tout ce qui va sortir par la bouche.

La fourchette est une intelligence humaine.

Ophélie, par Hans Limon (hommage à A. R.)

Ecrit par Hans Limon , le Mercredi, 07 Mars 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

tu flottes comme un nymphéa sur les eaux vertes

Ophélie sacrifiée, sœur aimée de Laërte

les rois du Danemark ont noyé tes versets

de leurs nappes de sang largement déversées

 

« m’aime-t-il ? est-il fou ? que cherche-t-il au fond

de mes vierges pensées ? dans mes plus noirs tréfonds

son nom béni pénètre et m’obsède et me guette

et mon corps alourdi soupire encore : Hamlet !