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Ecriture

Le complexe de l’écrivain (5), par Eric Dubois

Ecrit par Eric Dubois , le Mardi, 16 Janvier 2018. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

J’ai posté la lettre. Et j’ai attendu. Frédéric Beigbeder m’a répondu. On a pris rendez-vous au Bonaparte.

Voici notre entretien. Autour d’un crème pour moi et pour Frédéric, un cocktail (j’ai oublié le nom) dont il raffole.

– Bonjour Frédéric !

– Bonjour.

– Comment allez-vous ?

– Je vais bien. Et vous ?

Un long silence.

Hommage, par Alain Cuzon

Ecrit par Alain Cuzon , le Lundi, 15 Janvier 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

« Chaque goutte de sève contient la plénitude de l’arbre entier »

Maharishi Mahesh Yogi

 

La nuit, je dors

Emporté par des rêves tourmentés,

Une voile déchirée dans la tempête.

 

La nuit, je dors

Etourdi par des songes mélancoliques,

Dans l’écume des pénombres

Arrachées à l’océan des douleurs intestines.

Jean-Jacques Marimbert : Deux poèmes

Ecrit par Jean-Jacques Marimbert , le Mercredi, 10 Janvier 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Frisson du mimosa

L’image est parfois diluée dans l’éther de l’extase

De l’absence, en décide le hasard. Ou bien, je ne

Sais, l’autre le rêve le miroir la colère le chagrin

La joie, je ne sais. Parfois, du peintre le repentir,

 

Je ne sais, de l’autre, rêve miroir colère chagrin,

De la joie, se voit plein ciel, le sillon d’un destin

Neuf. Nouveau printemps. Ce matin, un rien aura

Suffi, pour que le merle du quartier s’époumone,

Friedrich Nietzsche, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Mardi, 09 Janvier 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

je suis un noir poète, un généalogiste

promenant cent marteaux sur la brume des pistes

idoles fracassées, sanguinaires créances

tout mon verbe vomit : volonté de puissance !

 

je te le dis, le christianisme a nié le corps

pour noyer l’innocent de péchés, de remords

et l’âme de l’enfant miroitera diaphane

lorsqu’auront déserté les vicieuses soutanes

L’écrivain et l’albatros, par Tawfiq Belfadel

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 08 Janvier 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Il fait beau. Des oiseaux solitaires font sentinelle sur des arbres sans feuillage, lançant des cris maladroits. Au loin, un grand champ où essaiment les déchets de la ville. De temps en temps, un sac en plastique s’envole en imitant les mouettes. La fin du monde sera un sac en plastique. Le soleil est luisant rendant l’automne une prolongation d’été ; l’écosystème est dégradé et la Terre commence à vieillir. Elle est atteinte d’un cancer qui s’appelle l’homme. La montagne, géante, est couronnée par des nuages timides.

Je suis accroupi face au lac. La mer n’est pas loin d’ici, juste à quelques pas.

J’ai rompu mes rencontres avec la mer. Depuis mon enfance, j’allais la contempler pendant des heures ; c’était mon miroir. Je lui racontais des pans de ma vie et elle me reflétait en échange les abîmes de mon âme que l’ontologie était impuissante à découvrir. Un jour, elle a cessé de m’écouter parce que ma catharsis était surchargée de traumatismes et de mélancolies. Mon spleen dépassait sa lumière. Ce jour-là, j’ai noué ma relation avec le lac.