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Afrique

Petit piment, Alain Mabanckou

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 17 Octobre 2015. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Seuil, La rentrée littéraire

Petit piment, aout 2015, 274 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Alain Mabanckou Edition: Seuil

 

Itinéraire d’un enfant perdu dans la République du Congo

Le dernier roman d’Alain Mabanckou se construit selon une structure narrative originale. Dans les premiers chapitres, le lecteur fait la connaissance de Moïse, un enfant orphelin qui est placé dans une institution éducative de Loango dirigée par Dieudonné Ngoulmoumako, homme aussi violent que corrompu. L’enfant grandit entre les leçons, les bêtises d’écoliers et les coups des surveillants. Cependant, l’atmosphère est empreinte d’insouciance et d’innocence. Les enfants, et Moïse en particulier, attendent avec impatience, chaque semaine,  l’arrivée de Papa Moupelo, le prêtre de l’orphelinat de Loango.

« Chaque week-end nous attendions son arrivée avec impatience et l’applaudissions dès que nous apercevons sa vieille 4L dont le moteur, disions-nous, souffrait de tuberculose chronique ».

L’enfance du jeune garçon a été façonnée par les rires et la douceur de cet homme. Il lui permet de supporter les brimades de l’orphelinat et le mépris qu’on voue aux enfants sans parents.

Love is power, ou quelque chose comme ça, A. Igoni Barrett

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 23 Septembre 2015. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, La rentrée littéraire, Zulma

Love is power, ou quelque chose comme ça, septembre 2015, traduit de l’anglais (Nigeria) par Sika Fakambi, 352 pages, 22 € . Ecrivain(s): A. Igoni Barrett Edition: Zulma

 

Les écrivains nigérians ont cette particularité de rafler avec une remarquable régularité le Prix Caine de la meilleure nouvelle en langue anglaise d’un auteur africain. A. Igoni Barrett est un écrivain nigérian de 36 ans, déjà récompensé par de nombreux prix et l’un des rares avec Helon Habila (publié chez Actes Sud) à être traduit en français.

La publication par les éditions Zulma d’un recueil de neuf nouvelles d’Igoni Barrett est une opportunité pour découvrir un univers littéraire en plein essor, vivant, actuel, et dont la remarquable qualité risquait fort d’échapper aux lecteurs francophones submergés par une production hexagonale en ce mois de septembre 2015.

Il existe des moments magiques de lecture et Love is power, ou quelque chose comme ça en regorge. C’est un livre que l’on laisse à portée de main une fois terminé, tant il est impossible de se détacher brutalement des récits de ce jeune auteur. Chacune de ces nouvelles possède une touche, une palette de tons qui renvoient le lecteur à des sentiments variés, parfois même contradictoires, mais toujours intenses.

Les maquisards, Hemley Boum

Ecrit par Theo Ananissoh , le Samedi, 29 Août 2015. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La Cheminante

Les maquisards, mars 2015, 384 pages, 22 € . Ecrivain(s): Hemley Boum Edition: La Cheminante

 

Une courte préface pour situer le sujet du roman.

En gros, dans l’histoire des décolonisations en Afrique noire, les colonisateurs anglo-saxons ont fait avec les leaders indépendantistes. Mugabe, chef d’une armée de libération, faisait la navette à la fin des années soixante-dix entre la Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe) et Londres pour des négociations. Mandela fut en quelque sorte mis au frais pour plus tard. Son nom cristallisait toute la lutte contre le régime d’apartheid, il était un facteur d’unité pour les différents peuples noirs d’Afrique du Sud ; on aurait pu éteindre ce symbole au fond de l’île prison de Robben Island… Jomo Kenyatta (Kenya) ou Nkrumah (Ghana) furent d’abord mis en prison puis reçus à la table des négociations pour l’indépendance. Les Britanniques avaient formé ces gens, et leur pragmatisme acceptait ceux-ci comme interlocuteurs. Ailleurs, par contre, on s’irrita beaucoup des revendications d’indépendance. C’était comme si l’affaire était d’ordre personnel ou affectif et que l’on se trouvait offensé. Radicalisation, refus outragé de faire de la politique.

La Trinité bantoue, Max Lobe (2ème article)

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Mercredi, 26 Août 2015. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Editions Zoe

La Trinité bantoue, août 2014, 208 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Max Lobe Edition: Editions Zoe

 

Mwána, jeune étudiant de culture bantoue, vit en Helvétie dans un appartement qu’il partage avec Ruedi, son jeune amant roux, et l’amant de celui-ci, Dominique, qu’ils voient tous les deux alternativement. Il vient de perdre son emploi et il angoisse à l’idée de ne pas en retrouver.

Dans une narration très oralisée ponctuée de termes empruntés à l’italien, pays frontalier, comme « cioé » par exemple et de formules héritées de sa culture, Max Lobe nous offre un récit savoureux et parfois drôle au milieu des moments « cailloux » que traverse Mwána. Difficultés qui n’entament pas son optimisme et sa détermination puisque « Nzambé n’a fait qu’ébaucher l’homme. C’est ici-là sur terre que chacun se crée lui-même ». Il convient seulement de se battre pour s’en sortir et ne jamais baisser les bras. Et comme Ruedi ne veut pas demander « le gombo » de ses parents, mais ne cherche pas vraiment à travailler (il passe son temps devant son ordi quand il n’est pas à la fac ou dans les bras de son amant), Mwána se sent responsable pour deux.

La Trinité bantoue, Max Lobe

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 12 Juin 2015. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Editions Zoe

La Trinité bantoue, août 2014, 208 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Max Lobe Edition: Editions Zoe

 

Quand viendra le jour où je serai là, au bon endroit et au bon moment ?

Mwána Matatizo (héros de ce roman)

 

Titulaire d’un diplôme universitaire délivré par une « école de Blancs », Mwána Matatizo, originaire du Bantouland, cherche sans succès un emploi dans la région genevoise. Les événements s’acharnent contre lui. Les choses simples deviennent compliquées et il a l’impression que le ciel lui tombe sur le « Kongôlibôn ».

Sa mère, Monga Míngá, atteinte d’un cancer de la gorge, réussit à quitter l’Afrique grâce à sa sœur, Kosambela, qui, par son travail en tant que femme de ménage à la clinique San Salvatore de Lugano, a pu obtenir la charité des « Sœurs-Managers » ; celles-ci ont une grande estime pour Kosambela en raison de sa foi catholique, et ont accepté d’y accueillir sa mère :