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Arts

Une prière à la mer, Khaled Hosseini (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 29 Avril 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Albin Michel

Une prière à la mer, septembre 2018, ill. Dam Williams, 48 pages, 12 € . Ecrivain(s): Khaled Hosseini Edition: Albin Michel

 

Hommage aux migrants morts en mer

Un père syrien quitte son pays à bord d’une barque, portant son enfant Marwan dans les bras. Le père soliloque. D’une part, il évoque les beaux souvenirs de Homs : la ferme, les souks et ruelles animés, les gens chaleureux de différentes religions… La ville était un paradis.

« Si seulement tu avais de Homs le même souvenir que moi, Marwan. Dans les rues animées de la vieille ville, il y avait une mosquée pour nous autres musulmans, une église pour nos voisins chrétiens, ainsi qu’un vaste souk ou nous nous mêlions tous afin de marchander des pendentifs en or, des produits frais et des robes de mariée ».

D’autre part, il évoque les images noires dues le la guerre : les bombardements, les décombres, le sang… La ville devient un enfer. Ainsi, le père choisit la mer pour fuir la guerre et trouver un foyer ailleurs.

Mehdi Qotbi célèbre les cinquante ans de son activité artistique à Paris (par Mustapha Saha)

Ecrit par Mustapha Saha , le Lundi, 29 Avril 2019. , dans Arts, Les Chroniques, La Une CED

 

Paris. Avril 2019. Mehdi Qotbi célèbre les cinquante ans de son activité artistique sur les Champs Elysées, dans l’hôtel Marcel Dassault, siège d’Artcurial. L’artiste, redevenu lui-même, affiche, sans ambages, sa joie de revivre un vernissage après plusieurs années d’absence. Le président des musées marocains peut se prévaloir d’un bel activisme pour le rayonnement culturel du Maroc. Les expositions prestigieuses se succèdent. Les partenariats avec les institutions internationales se multiplient.

Je revois Mehdi Qotbi en tête à tête le lendemain matin. Il me confie son désir de se retirer le plus possible dans son atelier : « J’ai besoin de cette solitude de la création, de ce dialogue avec mes pinceaux et mes peaux de peinture, de ce corps à corps avec la toile, sans regard extérieur qui scrute et juge. Je n’oublie pas que je suis né artiste peintre, que je serai artiste peintre jusqu’à mon dernier souffle. La peinture est mon seul langage ».

La Foule Divinatoire des Rêves, Catherine Gil Alcala (par Claire Neige Jaunet)

Ecrit par Claire-Neige Jaunet , le Jeudi, 18 Avril 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

La Foule Divinatoire des Rêves, éditions La Maison Brûlée, mars 2018, 116 pages, 15 € . Ecrivain(s): Catherine Gil Alcala

 

La Foule Divinatoire des Rêves, de Catherine Gil Alcala, est un recueil de 39 rêves illustrés de dessins en noir et blanc où grimacent des figures tenant de l’humain, du diabolique, de la fantasmagorie, du monstrueux, et de l’animalité. Cette animalité est omniprésente dans les rêves, où le monde se disloque : des morceaux d’arc-en-ciel tombent, les aiguilles d’une montre tournent à l’envers, le ciel se remplit du « zonzonnement des extra-terrestres », « des larmes galactiques tombent » sur le dormeur, « une femme décapitée porte sa tête entre ses mains »… On y rencontre toute l’humanité et de tous les temps, une simple vieillarde, mais aussi une dame qui « joue au bilboquet aztèque », un homme au visage d’Etrusque, un homme qui joue « un air ancestral » sur son oud, Adam lui-même… et aussi Eros, et aussi « des voix intemporelles », et les dieux de l’Iliade… Et les rêves accueillent aussi bien le téléphone et le réfrigérateur que « la porte en ogive d’un temple » ou la guerre de Troie. Dans cet univers hétéroclite toutes les métamorphoses sont possibles, celle d’un morceau d’arc-en-ciel en « petit chien bleu », celle d’un homme en « statue de bois », de chaussures bleues en « deux oies blanches ensanglantées », ou de chouettes en fauves.

Les Moments forts (20) - Picasso et « ses » maîtres, une dialectique constante entre tradition et avant-garde (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 18 Avril 2019. , dans Arts, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Le plus beau rendez-vous (pluriel) de ces dix dernières années !

Nous sommes en 1947. Picasso fait une donation de dix toiles importantes (L’Atelier de la modiste, 1926 ; La Muse, 1935 ; Figure, 1927 ; Nature morte au citron et aux oranges, 1936 ; Nature morte aux cerises, 1943 ; Portrait de femme – Dora Maar –, 1938 ; L’Aubade, 1942 ; Le Rocking-chair, 1943 ; portrait de Dora Maar : Femme en bleu, 1944 ; La Casserole émaillée, 1945) au tout nouveau musée national d’Art moderne. Suite à cela, le directeur de l’ancien palais des rois improvise, un jour de fermeture du Louvre, leur accrochage dans les galeries du musée. Picasso est invité : il doit superviser l’expérience. Il confiera plus tard : « J’aurais aimé voir une de mes toiles cubistes à côté de La Bataille de San Romano d’Uccello » [1].

Les Moments forts (19) : Matisse à Beaubourg (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 05 Avril 2019. , dans Arts, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

La peinture de Matisse (et singulièrement les grands formats) est, pour notre vie, semblable au sommeil tel que décrit par Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra : « Silence ! Silence ! Le monde ne vient-il pas de s’accomplir ? Que m’arrive-t-il donc ? Comme un vent délicieux danse invisiblement sur les scintillantes paillettes de la mer, léger, léger comme une plume : ainsi – le sommeil danse sur moi. Il ne me ferme pas les yeux, il laisse mon âme en éveil. Il est léger, en vérité, léger comme une plume. Il me persuade, je ne sais comment ? il me touche intérieurement d’une main caressante, il me fait violence. Oui, il me fait violence, en sorte que mon âme s’élargit […] ».

Faisant bouger, suivant le même rythme lent et rapide et concerté et sauvage, la couleur autour d’une seule réalité (celle du bonheur), Matisse fait se mouvoir doucement l’âme de celui-ci. Dans le sens musical du terme. Comme le rappelle Max Dorra dans Quelle petite phrase bouleversante au cœur d’un être ?, l’âme, « coincée entre le fond de la caisse et la table [de l’instrument à cordes], permet à celle-ci de résister à la pression du chevalet », lequel est posé sur la table de l’instrument, tenant « uniquement par la pression des cordes dont il transmet à la table les vibrations ». « L’âme transmet à la caisse de résonance les vibrations produites par l’archet sur les cordes. La déplacer de façon infime transforme totalement la sonorité ».