Identification

Arts

Post-Minimalisme et Anti-form, Dépassement de l’esthétique minimale, Claudine Humblet (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Jeudi, 14 Février 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Post-Minimalisme et Anti-form, Dépassement de l’esthétique minimale, Skira, Genève, 2017 . Ecrivain(s): Claudine Humblet

 

Le livre de Claudine Humblet est pertinent car il se nourrit non seulement de ses connaissances mais aussi de ses rencontres avec les artistes d’un art qui s’édifie d’abord dans années 60-70 et réunit un certain nombre de créateurs. Celle qui connaît parfaitement l’évolution de l’art aux USA depuis la Nouvelle Abstraction puis L’Art Minimal offre ainsi le troisième temps de sa trilogie américaine. Elle met en avant l’importance des matériaux (quelle qu’en soit la nature) au moment où le ménage ayant été fait au sein des vieilles images écrasées sous le poids du passé.

L’art peut renouer avec des concepts structuraux auxquels et paradoxalement l’Anti-form donne voie en renouvelant le sens du geste, le choix du matériau et le positionnement de l’œuvre dans l’espace. Ils demeurent souvent méconnus en Europe. C’est le cas d’Eva Hesse, décédée très jeune, de Keith Sonnier qui récrée son propre langage formel, de Gary Kuehn, Lynda Benglis, Rill Bollinger, Alan Saret et – plus connu mais non le moindre – Richard Serra. Tous ces créateurs font clignoter dans les cases et caves du cerveau des lumières intempestives.

Les Origines Sportives du Cinéma, Georges Demenÿ (par Jean Durry)

Ecrit par Jean Durry , le Lundi, 04 Février 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Les Origines Sportives du Cinéma, Somogy Editions d’Art, INSEP, 2017, 240 pages, 35 € . Ecrivain(s): Georges Demenÿ

 

De haut niveau.

L’intérêt des Editions Art Somogy pour le thème du sport, manifesté par exemple dès 1996 avec l’édition de L’affiche de sport dans le monde, de François et Serge Laget, s’exprime ici de la façon la plus pertinente. Une maquette impeccable soutient un texte aussi nourri que précis.

L’équilibre noir et blanc d’une mise en page esthétique met en valeur la qualité exceptionnelle des documents réunis. En hommage à André Drevon et à son travail pionnier des années 1990 ainsi qu’à Pierre Simonet, fondateur de l’iconothèque de l’INSEP – Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance –, sont donc resitués la trajectoire et l’apport de Georges Demenÿ – fin visage, lorgnons, moustache et barbiche. L’équipe conduite par Patrick Diquet, s’appuyant sur la restitution des images menée de longue haleine par Stéphane Dabrowski, ainsi que sur les recherches de Christophe Meunier pour la préparation du présent ouvrage, s’est de propos délibéré inscrite dans les pas et le sillage de Drevon, reprenant volontairement les jalons qu’il a posés et le titre même donné en 1994 au film qu’il avait consacré à Demenÿ.

L’origine du monde, Vie du modèle, Claude Schopp (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 31 Janvier 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Phébus

L’origine du monde, Vie du modèle, octobre 2018, 160 pages, 15 € . Ecrivain(s): Claude Schopp Edition: Phébus

Ne manque pas de saveur l’histoire de L’Origine du monde de Courbet, depuis sa brève possession par son commanditaire Khalil-Bey, de 1866 à 1868, jusqu’à son arrivée au musée d’Orsay en 1995.

« Les circonstances de la commande à un artiste célèbre et controversé, la personnalité du commanditaire, le sujet du tableau, ses étranges aventures, ses disparitions, tout concourt à construire une légende », remarque Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France.

En 1864, Courbet peint un tableau refusé au Salon pour son sujet scabreux : Vénus poursuivant Psyché de sa jalousie (tableau dont on a perdu la trace lors de la Seconde Guerre mondiale). « Au début de l’été 1866, Khalil-Bey en entend parler par Sainte-Beuve dans le fameux salon de Mme de Tourbey. Sa curiosité est piquée, il désire le voir. Il s’aventure chez Courbet, 32, rue Hautefeuille, loin des quartiers élégants de la rive droite, et offre d’acquérir la toile. Courbet vient de la vendre à un amateur. “Faites m’en un pareil”, dit le prince. “Non, je vous ferai la suite” répondit Courbet ». Ces prémices sont rapportés par Jules Troubat, alors secrétaire de Sainte-Beuve. L’Origine du monde fait partie de la transaction conclue entre le peintre et le collectionneur. Et le tableau est réalisé par Courbet rapidement, durant le même été 1866.

Federico Fellini Le métier de cinéaste, Rita Cirio (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 28 Janvier 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Seuil, Albums

Federico Fellini Le métier de cinéaste, septembre 2018, trad. italien René de Ceccatty, 256 pages, 39 € . Ecrivain(s): Rita Cirio Edition: Seuil

 

 

Un album de toute beauté pour honorer la mémoire d’un des plus grands cinéastes du XXe, Federico Fellini (1920-1993), qui propose une interview au long cours, entreprise par la journaliste Rita Cirio, durant les années 1992-1993, à l’extrême fin du parcours du grand créateur.

L’intérêt manifeste de ces entretiens tient à l’ampleur qu’ils dessinent dans l’approche de l’œuvre collective d’un cinéaste majeur, dans la mesure où ils traitent de l’équipe de travail, d’un regard sur les acteurs, la mise en scène, la direction d’acteurs, le rôle des producteurs, ainsi que sur l’artisanat propre au cinéaste, qui ne devint réalisateur qu’après une longue période d’apprentissage dans le journalisme (les revues Marc’Aurelio, Cine Magazzino), dans le travail de scénariste.

Le peintre dévorant la femme, Kamel Daoud (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Vendredi, 18 Janvier 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Stock

Le peintre dévorant la femme, octobre 2018, 140 pages, 17 € . Ecrivain(s): Kamel Daoud Edition: Stock

 

Kamel Daoud : robinsonnade au Musée Picasso

Ce livre est le fruit d’une nuit que Kamel Daoud a passée au Musée Picasso à Paris. Pour lui, c’est une nuit sacrée. « Si j’ai accepté, c’est pour une unique raison : l’érotisme est une clef dans ma vision du monde et de ma culture ».

Le livre est constitué de plusieurs chapitres titrés, centrés tous sur Picasso, mais qui expliquent aussi la relation de l’Homme au monde à travers des thèmes philosophiques comme le corps, le nu, l’amour, l’altérité…

L’auteur commence par décrire Paris. Pour lui, ce n’est pas seulement une géographie et une topographie, mais une philosophie. « Paris est le Paradis, el Firdaous, pour celui qui vient du sud du monde : mais il y perd son corps, son droit de jouissance, son sexe et sa chaleur à cause de ses soupçons ou de ses différences et pauvretés ».