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Arts

Les mots du peintre, Emmanuel Merle, peintures de Georges Badin

Ecrit par France Burghelle Rey , le Mardi, 05 Septembre 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Les mots du peintre, Emmanuel Merle, peintures de Georges Badin, éd. Encre et lumière, 2016, 100 pages, 23 €

 

L’élégance simple des mots, voilà ce qui frappe le lecteur d’Emmanuel Merle dès les premiers vers du recueil où s’impose la prégnance de la finitude dans la présence consolante de la couleur (« l’infini du bleu ») qui « apprivoise » la mort. Avec le vert qui tient son identité de l’herbe naît alors la lumière et un feuillage qui couvre le néant, celui du « blanc du papier ».

Mais se pose, malgré tout, la question du lieu du fait que « la toile refuse les couleurs » et que prédomine le rouge, teinte du sang et de la violence. Aussi pour le frère synesthésique du peintre-démiurge, Georges Badin, dont quatre peintures illustrent les textes, viennent les questions et les injonctions qui leur font suite. Au sujet, entre autres, du mystère des mots – jusque dans les derniers vers du livre le poète parle de les « déshabiller » – et du travail orphique du peintre qui donne « une voix aux morts ».

Les Caliguliennes, Jacques Cauda

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Samedi, 01 Juillet 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Les Caliguliennes, Les Crocs électriques, 2017, photographies d’Elizabeth Prouvost, . Ecrivain(s): Jacques Cauda

 

Jacques Cauda le « meurtrier »

Jacques Cauda dans la lignée de Sade et d’Artaud pousse la littérature littéralement dans le corps. Celui des femmes. Et celui de la première d’entre elles qui donne autant la nuit que le jour et à laquelle dans Les Caliguliennes les photographies d’Elizabeth Prouvost donnent des reflets aux noirceurs incestueuses.

Le livre est subliment « abject » en ce qu’il taillade. C’est donc un opéra – entendons ouverture. Et l’auteur y pénètre par toutes les blessures et les orifices. Jaillissent les éclaboussures provoquées par les saillies de l’écriture faite d’enjambements et des crimes. Chaque texte devient générateur d’une dévoration orgasmique. L’œuvre devient une histoire de sons et de cris fondamentaux sortis du plus profond de l’être. Le souffle est là sans pompe lyrique mais elle aspire le sang et le cerveau. La liberté se fait chair. Celle-ci ne résiste pas au sublime désordre rhétorique de Cauda. Il crachait ses poumons face à ceux qui en pincent pour les fortes poitrines.

Maria by Callas, Tom Volf

Ecrit par Elisa Amaru , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Maria by Callas, éd. Assouline, juin 2017, introduction Nadia Stancioff, préface Georges Prêtre, 150 ill., 260 pages, 195 € . Ecrivain(s): Tom Volf

 

« Tout ce que j’ai à dire est dans la musique. Tout est là, dans mes enregistrements », Maria Callas

 

Les éditions Assouline nous enchantent avec la sortie du nouveau titre Maria by Callas, dédié à celle qui reste l’icône féminine du monde de l’opéra. Une somme photographique, enrichie de nombreuses interviews et confidences de ses proches, collègues et amis, qui nous fait entrevoir l’âme derrière la voix.

Aux yeux du grand public, la Callas sera pour toujours la diva assoluta légendaire du 20e siècle, prima donna inaccessible et idole, jusqu’à sa mort, des plus grands temples mondiaux de l’art lyrique. Une autre Maria existe pourtant. Plus tourmentée, plus mystérieuse, plus virile. Un être à la voix d’or, mais double, voire duel. En quête perpétuelle d’elle-même à travers son interprétation des rôles tragiques du répertoire opératique : Violetta Valéry de La Traviata, et la Norma

Alliance Divine, Louise Thunin

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 08 Juin 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

. Ecrivain(s): Louise Thunin

 

 

Louise Thunin, dont l’œuvre est riche et dense, comme cherche à le montrer l’article que nous lui avons consacré dans la revue Europe (n°1045, mai 2016), nous rappelle, en ces temps troublés, que toute poésie est d’abord intérieure, et qu’elle est – n’en déplaise au nihilisme, triomphant au cœur de nos sociétés consuméristes – sœur du divin.

Il n’est que de lire, que de jouer avec Alliance divine pour s’en rendre compte.

 

Un extrait ?

Portraits d’insectes, Jean-Henri Fabre

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 29 Mai 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anthologie, Le Castor Astral

Portraits d’insectes, mai 2017, Edition présentée par Philippe Galanopoulos, Dessins de Pierre Zanzucchi, 14 € . Ecrivain(s): Jean-Henri Fabre Edition: Le Castor Astral

 

« Que de fois aux dernières lueurs du soir, ne m’arrive-t-il pas de le rencontrer lorsque, faisant la chasse aux idées, j’erre au hasard dans le jardin ! Quelque chose fuit, roule en culbutes devant mes pas. Est-ce une feuille morte déplacée par le vent ? Non, c’est le mignon Crapaud que je viens de troubler dans son pèlerinage ».

Merveille des merveilles, plaisir absolu de relire ces portraits d’insectes de Jean-Henri Fabre, le poète scientifique, l’entomologiste du roman de la nature, le génie de l’observation, du détail, l’homme qui se penche dans son jardin de l’Harmas à Sérignan-du-Comtat et voit tout, tout un univers en mouvement permanent, comme sa pensée qui virevolte telle une abeille. Dans sa préface éclairante, Philippe Galanopoulos note : « Fabre conserve (au contraire) le plaisir d’écrire et fait du style une marque de distinction. Il ne se soumet pas à l’orthodoxie du siècle : jamais il n’oppose la littérature à la science ». Jean-Henri Fabre a bouleversé la science, l’observation, et son style, sa manière, cette matière vivante, a passionné ses lecteurs depuis leur première édition en 1879, les scientifiques du monde entier, les lettrés et les écrivains – Victor Hugo, Remy de Gourmont, Maurice Maeterlinck, mais aussi André Breton et Roger Caillois sans oublier le subtil Gilles Deleuze, et Edmond Rostand : « Ce grand savant pense en philosophe, voit en artiste, sent et s’exprime en poète ».