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Arts

La Méguila d’Esther, Gérard Garouste

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Jeudi, 24 Mars 2016. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Hermann

La Méguila d’Esther, février 2016, 128 pages, 30 € . Ecrivain(s): Gérard Garouste Edition: Hermann

 

C'est aujourd'hui la fête juive de Pourim qui célèbre Esther, épouse du roi Assuérus.

 

Gérard Garouste dans les « pas » d’Esther

Quoique « canonisé » avec retard peut-être parce qu’il relevait davantage du genre romanesque que de genre historique, le livre d’Esther fait néanmoins partie du patrimoine historique du peuple juif. Qu’importe si les Sages du Talmud l’ont d’abord considéré comme hétérodoxe. L’œuvre est singulière sous son apparence profane : elle fait exception dans la conception du lien entre Dieu et les hommes. Les prières n’existent pas dans ce livre mais uniquement des manifestations qui lui sont associées : « Mardochée déchira ses vêtements, se couvrit d’une silice et de cendres ». Tout au long du récit s’affiche une confiance déterminée dans le salut du peuple juif enraciné dans les textes plus anciens. La Providence est distillée tout au long du récit et c’est elle qui retient Garouste. Comprenant que la situation du secret est de l’ordre de l’exil de la Face le peintre cherche à exhumer le caché, à accorder une rédemption à la trace enfouie dans les ténèbres.

Le Louvre insolent, Cécile Baron et François Ferrier

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 19 Mars 2016. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anamosa

Le Louvre insolent, Cécile Baron et François Ferrier, mars 2016, 128 pages, 16,50 € Edition: Anamosa

 

 

Nouvelle venue dans le domaine des sciences humaines, la jeune maison d’édition Anamosa ouvre ses publications avec un ouvrage hybride et irrévérencieux à la croisée des chemins entre le guide muséologique et l’histoire des arts.

Ce que proposent là Cécile Baron et François Ferrier, c’est ni plus ni moins que de visiter le musée du Louvre autrement et, tant qu’à faire, en se marrant un peu. Si les trois chapitres qui structurent le livre sont on ne peut plus classiques (Écoles du Nord, École française, Écoles italienne et espagnole), les titres qui accompagnent chaque œuvre étudiée sont bien plus évocateurs : Gym Tonic, La main au panier, La croisière s’amuse… autant d’accroches qui donnent le ton d’un ouvrage décalé mais toujours érudit.

Carnet d/Art

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 12 Mars 2016. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues

 

Magazine culturel semestriel – dont le « Numéro 01 » est paru en 2013 –, Carnet d’Art projette, à chaque parution, ses lumières sur un thème déterminé qu’il traite à travers le prisme de plusieurs rubriques telles que « Réfléchir, Dossier, Rencontrer, Raconter, Galeries, Art de vivre », elles-mêmes scindées en différents sujets. Ouvert aux mondes du cinéma, de la littérature, de la musique, de la photographie, du spectacle, des arts plastiques, de l’art de vivre et de la société, Carnet d’Art propose à ses lecteurs un panel d’articles de qualité, accompagnés d’une importante documentation iconographique et photographique.

Ainsi, dans l’avant-dernier numéro intitulé Le dialogue, figure un très bel article consacré aux vieux bistrots, « archipels hors du temps » où « la vie […] reste faite d’échanges brûlants, de petites joies et de sourdes amertumes ». Agrémentée par de magnifiques portraits en noir et blanc, la parole est ainsi donnée aux acteurs de ces établissements : ici à Ladi Fentrouci, tenancier du bistrot Le California à Saint-Michel de Mauricienne, là, à Paul, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, doyen de La Tarentaise, dernier bistrot à Plombière Saint-Marcel en Savoie ; ou encore, à Jean-Pierre, tenancier de Chez Firmin à Annecy :

Idées fixes, Patrick Sirot

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mardi, 08 Mars 2016. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Idées fixes, éd. Chez Higgins, coll. Carnets d’artiste, Montreuil, 2016

 

Eric Higgins ouvre de manière magistrale sa nouvelle collection de carnets d’artiste et sa nouvelle aventure réalisée avec Marie Bolton. En édition limitée enrichie d’une œuvre originale de chaque créateur, cette collection permet de faire découvrir les dessous des œuvres d’artistes qui ne se laissent pas détrousser facilement. Patrick Sirot le prouve.

Dans ces dessins l’être devient un monstre presque invertébré et parfois une sorte de larve dont les soupentes sont des garde-manger étranges. L’artiste (et poète) fait passer du paroxysme de l’idéal à un abîme. Il aiguillonne autant l’absurde que le critique du monde par ses germinations plastiques. Elles ouvrent des perspectives que nous voulons souvent ignorer.

Les dessins, par leur trace, leur « odeur », créent des hantises en des situations qui placent l’être dans ses miasmes. Patrick Sirot transforme l’homme en pantin. Et Topor ne renierait pas de telles œuvres. Comme les siennes, ici, le graphisme remplace le travail du deuil et de la mélancolie par celui du comique et de la drôlerie. Les situations qui pourtant ne prêtent pas à rire. Et c’est un euphémisme.

Les surprises de Fragonard, Philippe Sollers

Ecrit par Sanda Voïca , le Jeudi, 18 Février 2016. , dans Arts, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Gallimard

Les surprises de Fragonard, septembre 2015, 144 pages, 73 illustrations, 25 € . Ecrivain(s): Philippe Sollers Edition: Gallimard

 

Les Surprises sans fin de Philippe Sollers

Il s’agit d’une troisième réédition du texte de Philippe Sollers – la première fois était en 1987, à l’occasion d’une grande exposition au Grand Palais dédiée à Fragonard. Cette fois-ci le texte, avec une photogravure entièrement renouvelée, a aussi voulu accompagner les visiteurs de cette autre exposition de Fragonard, au Musée du Luxembourg. L’exposition a été ouverte entre le 16 septembre 2015 et le 24 janvier 2016.

A chaque réédition nous « vérifions l’expérience ». Contents que devant ce texte « on nous abandonne dehors ». Philippe Sollers, dans ses pages, est « le double transparent dans sa parallèle » de Fragonard, lâche-t-il dès le début – mais il est plus que cela car ce texte est « le double transparent dans sa parallèle » de chacun d’entre nous, à condition qu’on sache l’entendre ou attendre, comme lui a fait avec Fragonard. Qu’on s’en rende compte, lecteur, de ce double.

Heureux de constater, en (re)lisant ce texte, qu’on a été exclu par la plupart des autres textes ou livres du jour ou d’hier – osons-nous dire même de demain. Il est toujours le temps de dire que Philippe Sollers est un grand écrivain, profond – comme il a dit du peintre : « Il est temps de faire de Fragonard un peintre profond ».