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Les derniers Indiens, Marie-Hélène Lafon (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Vendredi, 20 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Le Livre de Poche

Les derniers Indiens, Marie-Hélène Lafon, Le livre de poche, 152 p. 7,90 € . Ecrivain(s): Marie-Hélène Lafon Edition: Le Livre de Poche

 

« Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l’on passait en voiture devant les panneaux d’information touristique du parc régional des Volcans d’Auvergne, on est les derniers Indiens. »

La mère, c’est celle de Pierre, son préféré, mort prématurément d’un cancer généralisé, et de Marie et Jean, de quatre et cinq ans ses cadets. Quand la romancière livre l’histoire de la famille Santoire du point de vue de sa fille, la mère, veuve, est morte depuis longtemps mais elle n’a pas disparu, paradoxalement plus vivante ou du moins plus vivace que ses deux vieux enfants restés célibataires, gardiens d’un temple dans lequel les habitudes tiennent lieu de foi.

Car de la confiance en l’avenir, ils n’en ont pas sauf la certitude que leur destin est scellé dans ce constat de la mère : ils sont « les derniers Indiens », paysans du Cantal qui vivent dans leur ferme comme dans une réserve où la modernité de la fin du XXème et du début du XXIème siècle les a progressivement fait se reclure.

La douceur rouge des étoiles – Laurent Fassin – Peintures de Benoît De Roux (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 19 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, L'Atelier Contemporain

La douceur rouge des étoiles – Laurent Fassin – Peintures de Benoît De Roux – L’Atelier Contemporain – 152 p. – 25 euros – 03/10/25. Edition: L'Atelier Contemporain

 

 

Le gris-bleu par la fenêtre ouverte – l’entend-elle

Le gris-bleu a tourmenté nos voix – les sent-elle

Les moucherons en chiffon aimantent – les hirondelles – les touche-t-elle

Laisse sa langue aux sons (les vois—tu)

Ô vieille demoiselle jusqu’aux étoiles qui luisent nous parlons des silences

chemisiers de dentelles que vous portiez – naguère…

Par la fenêtre ouverte I

Emma et le jardin secret, Beatrice Masini (par François Baillon)

Ecrit par François Baillon , le Jeudi, 19 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse

Emma et le jardin secret, Beatrice Masini Traduction de l’italien : Sophie Gallo-Selva Les Petites Moustaches Éditions – Juin 2013 156 pages – 12 €

 

Les enfants ne sont-ils pas les personnes les plus désignées pour percer les mystères, lever les secrets, braver les non-dits ? À l’image de cette enfance intrépide, volontaire et curieuse, Emma souhaite ardemment posséder, et surtout, entrer dans le jardin qui fait partie de son immeuble. Un immeuble somme toute spécial, puisqu’il s’agit d’un « noble petit palais datant de la Renaissance, situé dans une longue rue étroite au sein du centre historique de Milan. » (p. 3) Quant au jardin, seul le concierge, Monsieur Colnaghi, y a accès pour y effectuer ponctuellement un grand nettoyage de printemps. On sait aussi que l’immeuble et le jardin sont la propriété du comte Hercule Ricotti, un personnage-mystère qu’on n’a jamais croisé dans Milan. Contre toute attente, une circonstance exceptionnelle donne l’occasion à Emma de volatiliser la clef très ancienne qui ouvre le portail du jardin. Pourtant, c’est un événement encore plus fortuit et anodin qui lui permettra d’y entrer vraiment, d’y jouer régulièrement, d’y découvrir des arcades anciennes où se promenaient, cinq cents ans plus tôt, de hauts personnages moyenâgeux, ainsi qu’une fontaine asséchée au fond de laquelle est resté un message énigmatique en latin.

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo (par Marjorie Rafécas Peydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Lundi, 16 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo, Ed. Guy Trédaniel Septembre 2025, 129 pages, 9,90 €

 

Qui croit encore en la vertu ? Mot hérité du temps des romains, la vertu semble ennuyer notre époque qui préfère ruminer la « moraline », pour reprendre cette expression nietzschéenne. C’est donc une gageure, de la part de Marc Alpozzo, d’avoir voulu la dépoussiérer et tenter de la hisser vers les devants de la scène.

Nous confondons à tort « vertu » et « morale ». Pourtant, André Comte-Sponville avait déjà tenté une réhabilitation ambitieuse de la vertu avec son Petit traité des grandes vertus en 1995. Contrairement à la vertu qui cherche à nous libérer, la morale est un système de contrôle et un moule « prêt-à-penser ».

Le jardinier et la mort, Guéorgui Gospodinov, (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 12 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Pays de l'Est, Roman

Guéorgui Gospodinov, Le jardinier et la mort, Trad. du bulgare Marie Vrinat-Nikolov, 232 pp, 21,50 €

 

Soleil bulgare

Nous voilà dans le jardin le plus doux. Celui des quatre saisons et des gestes que les semaisons imposent. La mort du semeur y compris.

L’auteur, Guéorgui Gospodinov est bulgare et fils de son père, le jardinier qui est mort.

Il meurt en douceur. Au long d’un livre triste, mélancolique et joyeux comme des fleurs qui viennent au printemps, des fruits qu’on cueille à l’automne et l’odeur des terres, dans les mains, entre les ongles.

Gospodinov dit le deuil gai, le deuil doux, le deuil jardinier.

Énumération des maladies…. Mon père énumère ses maladies comme Homère les vaisseaux dans le Chant II de l’Iliade ou comme il décrit la fabrication du bouclier d’Achille au chant XVIII.