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Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, Charlotte Bousquet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 03 Septembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Fantastique, Aventures

Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, éd. Mnémos, juin 2018, 336 pages, 20 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet

 

C’est avec beaucoup de curiosité que s’est amorcée la lecture de ce premier volet du nouveau diptyque de fantasy de Charlotte Bousquet. Nombre de ses ouvrages recèlent un grand talent de conteuse et une plume solide, élégante, protéiforme, tout en proposant des univers variés, explorant le roman historique comme le fantastique, la BD pour ados ou le récit d’aventures. Son imaginaire n’a pas de bornes et son regard témoigne de ses engagements.

Dans Shâhra, nous retrouvons l’écriture soignée, fouillée, mêlant lettres, contes, poèmes ou extraits de prophéties aux quatre récits qui suivent chacune des héroïnes de ce monde des sables. Nous retrouvons également la magie, la divination, les êtres surnaturels, les divinités dans un ensemble de croyances rappelant celles des peuples premiers, donnant foi et parole aux visions et aux signes de la nature, aux soins des guérisseurs et chamans, reposant sur un fragile Equilibre des mondes, visible et invisible. Nous retrouvons la cruauté humaine sous toutes ses formes, notamment celle d’un terrifiant mage buveur d’énergie vitale, des personnages féminins ayant à trouver quelle est leur nature profonde et quelle est leur valeur, le lien avec l’animal et les totems, « nehlîl », la splendeur de la nature même la plus aride.

Occupe-toi d’Amélie, Georges Feydeau

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 03 Septembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Folio (Gallimard), Théâtre

Occupe-toi d’Amélie, juin 2018, 576 pages, 4,85 € . Ecrivain(s): Georges Feydeau Edition: Folio (Gallimard)

 

Appelé par ses obligations militaires, Étienne confie à son meilleur ami, Marcel, le soin de veiller sur sa fiancée durant son mois d’absence : « Occupe-toi d’Amélie ! ». Sur la base de cette instance dont l’ambiguïté ne tardera pas à se révéler scabreuse, s’enclenche une intrigue complexe émaillée de rencontres impromptues, de rebondissements, de quiproquos et de cocasseries en tous genres.

Rien n’est simple dans la vie. Malgré tout, lassée de tant d’amertume et de désespoir, la fée veillant sur nous avec une désinvolture de baudet daigne parfois nous gratifier d’un coup de pouce salutaire, l’insigne pichenette du destin : Marcel, noceur désargenté, a l’occasion d’hériter d’une fortune colossale à condition qu’il se marie. Il profite donc de l’aubaine « Amélie » pour faire croire à son parrain qu’il est sur le point d’épouser celle-ci. Autour de ce conjungo fictif gravite une nuée de personnages secondaires, notamment un Prince slave aussi prodigue que concupiscent, courant la prétentaine, butinant tout ce qui papillonne autour de son sceptre. Ses appétits débordants le conduisent naturellement à convoiter avec une assiduité juvénile la belle et gracile Amélie, laquelle, loin d’être effarouchée, se montre particulièrement réceptive aux promesses de cadeaux dont le Prince la couvre.

Punchlines, Des ados chez le psy, Samuel Dock

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Lundi, 03 Septembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais

Punchlines, Des ados chez le psy, First Editions, mai 2018, 207 pages, 15,95 € . Ecrivain(s): Samuel Dock

 

Samuel Dock nous avait secoués avec son Nouveau choc des générations, co-écrit avec Marie-France Castarède. Cette fois-ci, il revient nous « punchliner » en utilisant l’humour cinglant des adolescents et nous offre une belle bouffée d’optimisme sur cette période de la vie dénommée trop injustement « l’âge ingrat ».

L’humour est une façon de réinventer la réalité avec créativité. Et les adolescents ont un humour incisif qui bouscule notre vision du quotidien. L’adolescence est une transition de la perception : apprendre à voir sans le prisme parental. Ce « grand écart » entre l’enfance et l’âge adulte, comme le dénomme un des patients de l’auteur, pose un regard critique sur le monde adulte et nous permet de nous remettre en question.

Presque une nuit d’été, Thi Thu

Ecrit par Fanny Guyomard , le Vendredi, 31 Août 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, La rentrée littéraire, Rivages

Presque une nuit d’été, août 2018, 180 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Thi Thu Edition: Rivages

 

« Je voulais capter ce qui fait de l’homme un homme » (p.14).

Une narratrice erre dans les rues d’une ville indéterminée, ou dans l’imaginaire des récits qu’elle recueille. A travers son regard de photographe et les mots d’une romancière, elle tente de restituer la condition humaine, cette fragile existence emportée dans le flux des éléments, mais qui peut se retourner en force lorsqu’elle accepte d’épouser ce mouvement qui nous est imposé.

Le roman suit ce long cheminement, qui au départ ne semble concerner qu’une individualité ennuyée et vagabonde. Mais au fil des rencontres et des histoires, la narratrice de notre temps moderne prend pleinement conscience de l’universalité de sa quête personnelle. Car chaque protagoniste vit la même quête : trouver sa place.

Smile, Roddy Doyle

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 31 Août 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Iles britanniques, Roman, La rentrée littéraire, En Vitrine, Joelle Losfeld

Smile, août 2018, trad. anglais (Irlande) Christophe Mercier, 256 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Roddy Doyle Edition: Joelle Losfeld

 

Ce roman venu d’Irlande va vous offrir quelques heures de délicieuse addiction. Le narrateur, Victor, jeune homme qui vient de vivre une séparation douloureuse avec sa compagne – la très belle et brillante Rachel – fait son nouveau foyer dans un troquet médiocre où il rencontre des gens qu’il ne connaît pas. A l’exception de cet étrange Fitzpatrick, qui se présente comme un ancien camarade de classe, mais dont Victor n’a gardé aucun souvenir. Ou presque.

Et Victor va dérouler – au compte-gouttes – ses souvenirs intimes. Ceux de son enfance auprès de ses parents, au collège, sa vie avec Rachel.

Dans un style frôlant l’épure tant le parti pris de sobriété est flagrant, Roddy Doyle nous emmène sur les pas de Victor qui s’installe dans son petit (et laid) appartement de célibataire désormais. Le contact avec la vie d’homme seul est douloureux, un peu halluciné, comme si Victor se regardait vivre dans un film noir.