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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


Missak, Didier Daeninckx

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 26 Juin 2018. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Missak, mars 2018, 352 pages, 7,80 € . Ecrivain(s): Didier Daeninckx Edition: Folio (Gallimard)

 

Edité initialement en 2009 aux éditions Perrin, Missakfait l’objet d’une réédition en poche. On salue l’initiative qui nous replonge dans un aspect particulier de la Résistance, celui de l’Affiche Rouge.

21 février 1944. Missak Manouchian, communiste arménien, chef d’un réseau de résistants immigrés, est fusillé au mont Valérien, ainsi que ses compagnons d’armes. Ce sont tous des immigrés de différentes nationalités appartenant aux FTP-MOI. La seule femme du réseau sera, elle, décapitée à Stuttgart. Tous figuraient sur la célèbre affiche rouge, placardée sur les murs de Paris, à plusieurs milliers d’exemplaires. Missak, à quelques heures de son exécution, écrira une ultime lettre à son épouse, Mélinée, lettre bouleversante dans laquelle il la prie d’être heureuse, tout en écrivant qu’il mourra sans haine et en pardonnant à tous, « sauf à ceux qui l’ont dénoncé », cette dernière expression ayant été occultée dans les différentes publications de cette lettre.

Mrs Dalloway, Virginia Woolf

Ecrit par Christian Massé , le Lundi, 18 Juin 2018. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Mrs Dalloway, trad. Marie-Claire Pasquier, 1994, 368 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Virginia Woolf Edition: Folio (Gallimard)

 

Le roman résume la vie d’une femme du monde londonien, à travers les dix sept heures de son emploi du temps quotidien. Son milieu, mondain, son époque, post victorienne et Grande Guerre sont décrits. Mrs Dalloway restitue la vie animée de la ville que le lecteur découvre au rythme de Big Ben.

Avec en arrière-plan la guerre, la folie et la mort, ce roman initiatique traduit la quête du bonheur et de soi. Et aussi la recherche du temps perdu. La multiplicité des visages nourrit le moi de la narratrice (Virginia Woolf ?). Elle saisit les impressions, banales ou extraordinaires, évanescentes ou violentes, ainsi que les tensions entre l’intérieur d’un personnage et son environnement.

Quand on a lu À la recherche du temps perdu, on peut retrouver  Proust en lisant Woolf qui explore profondément l’intérieur des personnages. Les moments présents sont suivis de retours en arrière. La narratrice brouille la chronologie des vies et des événements : elle définit l’extériorité du réel par rapport à l’esprit de celui qui le reçoit dans son intériorité…

En hommage à Philip Roth (1) : Portnoy et son complexe

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Jeudi, 31 Mai 2018. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Portnoy et son complexe, trad. Henri Robillot, 384 pages, 8,30 € . Ecrivain(s): Philip Roth Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Portnoy ou la névrose désopilante

Roman phare de l’auteur américain Philip Roth né en 1933 à Newark, Portnoy et son complexe est une mise en abîme jubilatoire dévidant les tourments psychologiques d’un narrateur dont l’éducation juive fut excessivement austère et vertueuse.

L’éducation joue-t-elle réellement un rôle aussi crucial pour le développement de l’individu qu’on le proclame à hue et à dia dans les manuels ou dans les aréopages épris de respectabilité ? Assurément, répondraient Freud, Dolto et consorts. Selon le philosophème consacré, tout se jouerait avant l’âge de six ans, voire dans les premiers jours suivant la naissance.

L’Annonce, Marie-Hélène Lafon

Ecrit par Christian Massé , le Mardi, 22 Mai 2018. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Annonce, 196 pages, 15 € . Ecrivain(s): Marie-Hélène Lafon Edition: Folio (Gallimard)

 

Fridières, un lieu-dit accroché comme un roc à une terre : un clan familial y survit depuis des générations. Seul lien avec le monde : le journal La Montagne. Fridières : un rez-de-chaussée, à l’ancienne. Un étage, bientôt à l’américaine. Ce milieu conservateur, finalement, va se transformer.

Les personnages sont attachants : les deux oncles, 90 ans, des « vieux-garçons » ; Nicole, la nièce qui-s’occupe-de-tout et-de-tout-le-monde. Paul, son frère qui, à peine la cinquantaine, refuse de devenir comme ses oncles et qui est sûr de l’imminence de la fin du modèle agricole familial. Annette : vient du Nord, d’une filature, d’un milieu d’estropiés de la vie. Et son fils Éric, survivant de ce milieu et prêt à en embrasser un autre. La jeune femme va faire bouger les lignes de terre.

C’est l’histoire de l’insertion de ces deux nordistes qui réussit par l’amour façon cœur-grand-comme-ça, et l’envie de commencer à recommencer une vie, pour les deux principaux personnages, Paul et Annette. Lui qui veut échapper au célibat voué à l’élevage de chèvres. Elle qui veut fuir desgens du Nord.

Dans le café de la jeunesse perdue, Patrick Modiano

Ecrit par Fedwa Ghanima Bouzit , le Lundi, 30 Avril 2018. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Dans le café de la jeunesse perdue, 176 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Patrick Modiano Edition: Folio (Gallimard)

 

Les cafés de la jeunesse perdue, ces lieux de transit. Ces lieux où l’on tente d’égarer ses doutes et ses incertitudes. On y est bruyant et fantasque pour mieux couvrir les pensées anxieuses qui nous rongent. On se gonfle d’égo, on mime l’âge adulte alors que l’on n’est qu’adulescent, peut-être le restera-t-on toujours. On prend des postures intelligentes, on se tient le menton, on lève les yeux au plafond, on regarde dans le vide… On est persuadé que l’on a un talent unique à dévoiler au monde, que l’on finira peintre, écrivain ou intellectuel.

On croit tous en l’éternité du café. C’est le rituel quotidien qui rythme nos journées. On y entre aux mêmes heures, on s’installe aux mêmes tables. Le café est départagé en territoires bien distincts que l’on apprend à respecter. On y fait des connaissances que l’on croit tout aussi éternelles. On croit connaître ces personnes sur le bout des doigts, mais tout comme nous, elles se tissent des identités factices, fantasmées, projetées dans un avenir incertain.