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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


De la providence, suivi de Lettres à Lucilius (lettres 71 à 74), Sénèque

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 26 Octobre 2017. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

De la providence, suivi de Lettres à Lucilius (lettres 71 à 74), avril 2017, trad. Emile Bréhier, 96 pages, 3,50 € . Ecrivain(s): Sénèque Edition: Folio (Gallimard)

 

« Qu’est-il de plus fou cependant

que d’avoir de l’angoisse pour des événements à venir,

et, au lieu de se garder pour les vrais tourments,

d’aller chercher des peines et de les appeler à soi ».

Le lecteur s’interrogeant sur la providence en général fera mieux de passer son chemin. Le thème est ici abordé sous un angle très particulier, annoncé en sous-titre : pourquoi les hommes de bien ne sont pas exempts de malheurs, malgré l’existence de la providence.

Que la providence existe et qu’elle gouverne entièrement les hommes, Sénèque n’en doute donc pas, convaincu que « nos destins nous mènent, et la première heure de notre naissance a réglé tout le temps qui nous reste ». Mais pourquoi la providence distribue-t-elle aveuglément les lots de malheur au lieu de tenir compte des mérites et démérites de chacun ?

Une année studieuse, Anne Wiazemsky

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 09 Octobre 2017. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Récits

Une année studieuse, 272 pages . Ecrivain(s): Anne Wiazemsky Edition: Folio (Gallimard)

Chapô de la rédaction : Anne Wiazemsky est décédée la semaine dernière. Cette publication est un hommage qui lui est rendu.

 

De cet ouvrage, il ne faut pas retenir une certaine violence de Godard (comme en témoigne sa stupéfiante agressivité abritant le mépris envers un policier – qui n’est pas sans évoquer À bout de souffle –, alors qu’il est surpris avec une mineure, dans les baisers, dans l’impatience des baisers), sa tyrannie, sa possessivité, sa jalousie, son goût sincère mais maladroit pour le mélo

De cet ouvrage, il faut retenir sa rencontre – sommet de détermination – avec Anne Wiazemsky, et son goût – profond – pour Nadja (il faut revoir et réécouter ses films – particulièrement Vivre sa vie, film en douze tableaux, 1962 ; Le Mépris, 1963 ; Une femme mariée, fragments d’un film tourné en 1964, 1964 ; Pierrot le fou, 1965 ; Masculin féminin, 1966 ; Deux ou trois choses que je sais d’elle, 1966 ; Passion, 1982 ; Je vous salue, Marie, 1985 ; Puissance de la parole, 1988 ; Nouvelle vague, 1990 ; For Ever Mozart, 1996 ; Éloge de l’amour, 2001 ; Notre musique, 2004 et Adieu au langage, 2014 – à la lumière – aveuglante – de cet amour pour le livre de Breton).

Rural noir, Benoît Minville

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Lundi, 09 Octobre 2017. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Rural noir, avril 2017, 307 pages, 7,20 € . Ecrivain(s): Benoît Minville Edition: Folio (Gallimard)

 

Après une absence de dix ans, Romain est de retour au lieudit Mouligny, commune de Tamnay-en-Bazois, dans la Nièvre, son berceau familial. Il y retrouve ce qui lui reste de famille : Chris, son frère, Julie la compagne de celui-ci et tous ses souvenirs de jeunesse.

Romain s’est enfuit brutalement à la mort de ses parents dans un accident de voiture, la vie avait perdu son sens. Éloigné de ses origines, il a voyagé, bourlingué, a grandi, s’est endurci. Aujourd’hui, lavé du goût trop salé des larmes que l’on a versées pour les choses et les êtres que l’on vous a arrachés trop tôt, il peut enfin remettre le pied sur la terre natale, y affronter le présent, l’avenir et surtout le passé, il est prêt. Chris, le cadet, après avoir devancé l’appel et s’être engagé dans l’armée, un rêve de gosse, a été démobilisé et le reçoit les bras grands ouverts. Il a conservé la maison des parents pendant l’absence de l’aîné. Il attend un enfant de Julie. Il s’est installé comme potier pour travailler le flammé morvandiau.

La France en automobile, Edith Wharton

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 13 Septembre 2017. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Récits, Voyages

La France en automobile, préface Julian Barnes, trad. américain Jean Pavans, 224 pages, 7,20 € . Ecrivain(s): Edith Wharton Edition: Folio (Gallimard)

 

On connaissait Edith Wharton romancière, auteure des intrigues des riches New-Yorkais du tournant du XXe siècle. On connaissait moins l’Edith Wharton touriste littéraire, amoureuse de la France et sillonnant les routes des provinces françaises avec son mari Teddy, parfois accompagnée du fidèle ami et écrivain Henry James. En effet, publié aux Etats-Unis en 1908 avec succès, La France en automobile n’avait jamais été traduit en français. C’est maintenant chose faite, et l’on se régale de ce voyage en terre de France, au volant d’une Panhard et Levassor 15hp achetée d’occasion à Londres et conduite allègrement par un chauffeur.

Wharton se promène d’abord de Boulogne à Amiens, Beauvais et Rouen, de Rouen à Fontainebleau, le long de la Loire et de l’Indre, de Nohant à Clermont, en Auvergne, de Royat jusqu’à Bourges, puis dans une deuxième partie, de Paris à Poitiers, de Poitiers aux Pyrénées, des Pyrénées vers la Provence, du Rhône à la Seine et enfin, dans une troisième partie, fait une excursion dans le Nord-Est de la France. Chacun, en fonction de ses attaches régionales, y trouvera son plaisir.

Un amour de soi, Serge Doubrovsky

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 04 Septembre 2017. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un amour de soi, 525 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Serge Doubrovsky Edition: Folio (Gallimard)

 

L’envers des mots, de l’amour

Serge Doubrovsky (1928-2017), père de l’autofiction et professeur de littérature française, a fait de sa vie un long roman, tout sauf tranquille. À travers son rapport aux autres, particulièrement aux femmes, il parle de lui, sous toutes les facettes, sous toutes les coutures, de A à Z, et le cul ne reste pas lettre morte. Au-delà de cette propension autotélique assumée, l’écrivain d’origine franco-russe a inventé une scriptographie sui generis, a forgé une langue déglinguée, poétique, déroutante qu’il déroule à l’envi dans Le fils (1977), Le livre brisé (1989)… et qu’il porte à son apogée dans Un amour de soi (1982), clin d’œil ironique à Un amour de Swann.

Le narrateur d’Un amour de soi, Serge Doubrovsky en personne, est un professeur de 42 ans exerçant entre Paris et New-York, marié, deux enfants. Il fait la connaissance de Rachel, « la juive new-yorkaise type, intelligente, névrotique », future enseignante elle aussi. Elle n’est pas son genre. Normal, Serge est un homme. Une fois ce détail remisé, ils exécutent leur première cabriole coïtale, formalité rapidement expédiée, trop rapidement au goût de la jeune femme de 27 ans :