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Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

Les bords de la fiction, Jacques Rancière

Ecrit par Fedwa Ghanima Bouzit , le Jeudi, 01 Février 2018. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Les bords de la fiction, septembre 2017, 208 p. 21 € . Ecrivain(s): Jacques Rancière Edition: Seuil

La fiction n’est pas pure invention et vagabondage de l’esprit. Il y a une raison fictionnelle, un système par lequel on nous dit comment les choses en général peuvent arriver. C’est la matrice d’Aristote qui nous montre comment on peut passer de la prospérité à l’infortune, de l’attente à l’inattendu, de l’ignorance au savoir, moyennant une péripétie ou une épreuve. Pour Jacques Rancière, cette matrice est aujourd’hui encore la base de tout savoir produit par nos sociétés. Mais certains changements sensibles sont advenus depuis l’époque d’Aristote.

Tout d’abord, le champ de la fiction s’est élargi. Il a dépassé la poésie pour englober toutes sortes de discours littéraires, historiques, sociologiques et politiques. Ensuite, c’est une transformation de l’objet de la fiction. Avec la prépondérance de la littérature en particulier, on cesse de se courber devant l’exceptionnel et l’héroïque pour se pencher sur le trivial et le commun. On trouve une poésie aussi dans ces choses jusque-là honnies et négligées, dans les activités nécessaires de la vie et l’écoulement des existences ordinaires. Ainsi, la littérature vient briser la dichotomie entre vies sans histoire et vies héroïques. C’est en partie grâce au développement des sciences sociales qui mettent en lumière cet obscur des activités quotidiennes.

Dernières nouvelles du spectacle (Ce que les médias font à la littérature), Vincent Kaufmann

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 31 Janvier 2018. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Dernières nouvelles du spectacle (Ce que les médias font à la littérature), octobre 2017, 280 pages, 20 € . Ecrivain(s): Vincent Kaufmann Edition: Seuil

 

 

Et la littérature, dans tout ça ?

En 2001, Vincent Kaufmann, professeur de littérature et d’histoire des médias à l’Université de St. Gall en Suisse, publiait chez Fayard un ouvrage remarqué, consacré à l’auteur de La Société du spectacle (1967), intitulé Guy Debord. La révolution au service de la poésie. Seize ans plus tard, dans la lignée des travaux du situationniste, il s’intéresse à la « spectacularisation de l’auteur » contemporain et aux conséquences de ce phénomène sur la littérature elle-même. Le constat est sévère, les perspectives, dès les premières pages, alarmistes : « La spectacularisation de l’auteur telle qu’on l’envisage ici, c’est en somme une des modalités, qui n’en exclut pas d’autres, de la disparition de la littérature comme champ ou comme institution ».

Danser dans la poussière, Thomas H. Cook

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mardi, 16 Janvier 2018. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Danser dans la poussière, septembre 2017, trad. anglais (USA) Philippe Loubat-Delranc, 355 pages, 21 € . Ecrivain(s): Thomas H. Cook Edition: Seuil

Dans un roman policier il y a souvent plus que de l’action, plus qu’une énigme à résoudre. L’ensemble peut par exemple s’appuyer, ce qui est courant, sur une analyse psychologique ou sociologique, voire anthropologique. Le livre de Thomas H. Cook en est une excellente illustration. Ainsi, l’auteur situe l’action de son ouvrage dans un état imaginaire, le Lubanda, situé en Afrique orientale quelque part près du Ghana, et va soulever au fil des pages les questions ethniques et géopolitiques notamment que l’intervention humanitaire américaine peut éveiller dans cette partie du monde.

Ray Campbell, l’un des héros, américain d’origine, qui appartint dans les années 1990 à une ONG tentant de venir en aide au Lubanda, souffrant de misère endémique, se voit dans les années 2010 rattrapé par son histoire alors qu’il est installé aux USA à la tête d’une florissante société d’évaluation des risques. En effet, son ami Bill Hammond, responsable de la banque Mansfield Trust vient lui apprendre le meurtre dans un passage de New-York de Seso Alaya qui fut son guide et son interprète à Rupala, la capitale du Lubanda. Seso avait laissé dans sa chambre d’hôtel un morceau de papier sur lequel on avait griffonné le numéro de téléphone d’Hammond et il aurait été en possession de documents relatifs au meurtre de Martine Aubert, une lubandaise, qui fut le grand amour platonique de Ray à l’époque où il travaillait pour ce pays d’Afrique.

Petit Dico à l’usage des darons et des daronnes qui désespèrent de comprendre leurs enfants, Salah Guemriche

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 23 Novembre 2017. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Petit Dico à l’usage des darons et des daronnes qui désespèrent de comprendre leurs enfants, novembre 2017, 192 pages, 14,90 € . Ecrivain(s): Salah Guemriche Edition: Seuil

 

Si la France a vu naître dans ses cités vers les années 1970 une sorte d’argot des jeunes (porté essentiellement par des collégiens), destiné à n’être pas compris des parents, de la cité voisine ou de la police, ce dernier, largement diffusé et enrichi depuis – via notamment les rappeurs, le cinéma ou les réseaux sociaux… – s’est étendu aux lycéens et aux étudiants, gagnant la société entière. Une évolution que les publicitaires ont bien sentie n’hésitant pas à reprendre ce langage dans leurs slogans visant la jeunesse.

Avec près de deux cents entrées allant de « Afficher (quelqu’un) » à « Zyva » présentées avec humour et souvent illustrées de paroles de chansons Rap (auxquelles s’ajoute un index de mots en verlan ainsi que d’acronymes ou d’abréviations), ce petit dictionnaire copieusement annoté nous propose une sorte d’instantané de ce « parler djeun’s » haut en couleurs qui devrait faciliter la communication intergénérationnelle. Mais ce n’est pas le seul intérêt de cet ouvrage qui semble s’élargir à une tout autre ambition

Par le vent pleuré, Ron Rash

Ecrit par André Angot , le Mercredi, 08 Novembre 2017. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Par le vent pleuré, août 2017, trad. anglais (USA) Isabelle Reinharez, 208 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Ron Rash Edition: Seuil

 

La découverte macabre d’ossements humains au bord d’une petite rivière bordant un bourg des Appalaches va être l’occasion pour Eugène Matney, écrivain raté noyant les ruines de sa vie personnelle dans les brumes de l’alcool, de replonger dans un douloureux passé.

50 ans auparavant, au cours de l’été, Eugène et son frère lors d’une banale partie de pêche vont voir leurs vies bouleversées par une ondine surgissant des flots : Ligeia Mosely, sirène sexuelle, éclaireuse d’un monde nouveau, symbole d’une révolution qui va marquer leurs destins.

Dans ce court roman, proche de la « novella », Ron Rash se sert de la structure du polar pour revenir sur ses thèmes de prédilection.

Une fois de plus l’eau, comme dans les légendes celtiques qui lui sont chères, est associée à la mort.

De sa voix singulière et cynique, il joue avec l’intensité dramatique pour croquer le portrait d’homme pris dans le piège d’une existence vouée à la solitude infinie et le chagrin le plus implacable.