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Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


Datura, Leena Krohn (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 11 Décembre 2025. , dans Zulma, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Datura, Leena Krohn, trad. Claire Saint-Germain, 256 p., éd. Zulma, oct.2025, 21,50€ Edition: Zulma

 

Leena Krohn (née en 1947 à Helsinki, écrivaine finlandaise, dont les œuvres sont traduites en de nombreuses langues), campe, dans son dernier livre intitulé Datura, le récit et la voix intérieure d’une narratrice asthmatique, en proie à de fréquentes crises de toux. La clé du roman de Leena Krohn réside dans le fait que la réalité du monde est sans cesse altérée, dans la vie courante et dans l’intimité. C’est ce qui va arriver à l’héroïne (jamais prénommée), quand sa sœur va lui offrir en guise de cadeau d’anniversaire une plante magnifique mais toxique, le datura aux « graines noires, en forme de minuscules reins » ; les hallucinations vont alors commencer ! Devenue secrétaire de rédaction d’un journal à sensations, Le Nouvel Anomaliste (quelque peu conspirationniste), la jeune femme va se familiariser avec l’occulte et le paranormal - sujets traités avec humour. La découverte de ce monde crypté, qui laisse le champ libre aux suppositions les plus inexpliquées et les plus loufoques, tient un peu de la franc-maçonnerie, dans la mesure où les expériences sont posées comme des énigmes à déchiffrer et qui changent le quotidien de la jeune éditorialiste.

Revue Apulée, #9 Art et Politique, Collectif (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 10 Septembre 2024. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues

Revue Apulée, #9 Art et Politique, Collectif, éditions Zulma, mai 2024, 416 pages, 25 € Edition: Zulma

 

Création et pouvoir

Le numéro 9 de la Revue Apulée, riche de près de 90 contributrices et contributeurs, aborde ce qui fait lien entre l’art comme « invention permanente (ou pour le dire autrement work in process) et le politique, lieu [qui] n’échappe guère aux ressacs de l’histoire » [Hubert Haddad]. Et ce, en dépit d’une société contemporaine, travaillée et minée par l’« explosion des typologies identitaires, assignations sexuées, biologiques, communautaristes, ethniques [et de la] subite profusion de micro-intégrismes claniques » [Haddad]. La Revue Apulée propose un panorama des 20ème et 21ème siècles, du point de vue historique, anthropologique et esthétique. Ce qui semble transparaître ici, c’est le concept cher à Jean-Paul Sartre, celui de « littérature engagée », ou plus précisément de l’écrivain engagé, conscient, et le plus lucide possible ; l’engagement vu comme une obligation morale définissant une éthique dans laquelle l’homme est toujours responsable de lui-même.

Les Terrasses d’Orsol, Mohammed Dib (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 16 Mai 2024. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Les Terrasses d’Orsol, Mohammed Dib, éditions Zulma, février 2024, 192 pages, 9,95 € Edition: Zulma

Hors lieu / décentrement

Mohammed Dib, né à Tlemcen en 1920 (capitale de l’art andalou), décédé en 2003 à La Celle-Saint-Cloud, poète, romancier, dramaturge, a reçu de nombreux prix prestigieux (Académie française, Francophonie, Mallarmé, Découvreurs de la Ville de Boulogne/Mer, etc.). L’auteur fait partie intégrante du patrimoine des littératures française et algérienne.

Son roman, Les Terrasses d’Orsol, commence par la voix d’adresse d’un voyageur pressé, qui consigne des faits et des observations dans un journal, tâche officielle qui lui a été commandée par l’Etat. Mohammed Dib nous entraîne d’abord dans le soliloque fou d’un récitant sans nom ni prénom, lequel déambule et se perd dans les impasses et le rhizome de la ville de Jarbher. Il se trouve soudainement enveloppé de « nappes secrètes », entouré de forces occultes d’un onirisme noir, cauchemar de Lovecraft. Le romancier use d’un procédé « psychogéographique », assimilé à une sorte de dérive situationniste. En spéléologue, le protagoniste tente de retrouver des traces, une issue et une sortie possibles dans ce curieux itinéraire détourné.

L’art et son miroir, Hubert Haddad (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Mardi, 05 Décembre 2023. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Arts

L’art et son miroir / Hubert Haddad / Editions Zulma Essais / 624 pages / 26,50€ / Octobre 2023 . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

Effets de miroirs

 

D’emblée, l’ouvrage de Hubert Haddad « L’art et son miroir » nous conduit à l’essentiel, le premier texte s’intitulant « Sans préambule ». Pas de fioritures, ni de préliminaires, donc, il faut aller au cœur de l’œuvre d’art. Ce qui frappe en premier lieu, selon lui, c’est la profusion des œuvres, celles des musées où se célèbre une « grand-messe ininterrompue », celles des collectionneurs dont la quête a « quelque chose de pathétique », celles encore d’Internet « encyclopédie dédalique » où la moindre œuvre est répertoriée et à portée de clic. Que penser de toute cette profusion ? Est-ce un « sanctuaire déconsacré » selon l’antienne malrucienne, une « divine brocantaille », ou encore un ensemble de « butins de guerre, contrebandes royales, pillage des colonialisme, potlatchs diplomatiques » ? Derrière toute cette corne d’abondance qui dégueule de partout, il y a le geste créateur sur lequel s’interroge Hubert Haddad.

L’Invention du Diable, Hubert Haddad (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 17 Août 2022. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Invention du Diable, Hubert Haddad, Zulma, août 2022, 314 pages, 21,70 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

Hubert Haddad n’aura jamais fini de nous émerveiller. On le sait grand styliste et on le sait métamorphique dans son écriture. Ce roman est un des moments marquants de ces métamorphoses. Il enfourche ici – et ce n’est pas seulement une métaphore car ce roman regorge de cavalcades – la langue de la Renaissance, un peu précieuse, dynamique, profondément poétique pour nous conter la geste baroque de Papillon de Lasphrise à travers temps, champs, villes et moult aventures réjouissantes.

Il faut dire que ses premiers pas en ce monde furent, pour le moins, erratiques et dangereux. Condamné à la naissance par la médecine charlatane de son temps, Papillon fait ainsi connaissance avec la plus fidèle des compagnes des hommes, la plus obstinée, la mort. Et c’est probablement ainsi qu’il devint… immortel. La mort, première ennemie des hommes, celle qui élimine alors la plus large part des enfants qui naissent, machine cynique qui ne rend de comptes à personne, miséreux ou puissant, et joue aux dés la vie des hommes.