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Robert Laffont

Les Éditions Robert Laffont sont une maison d'édition française fondée en 1941 par Robert Laffont.

Elle publie des biographies, des témoignages, des livres d'ésotérisme, de la littérature de langue française, de la littérature traduite de langue étrangère, des mémoires, desromans policiers, des romans d'espionnage, des livres de spiritualité et l'encyclopédie annuelle Quid.

La collection « Bouquins », créée par Guy Schoeller, qu'elle héberge depuis sa création, est probablement celle qui la distingue le plus de ses concurrents bien qu'elle ait lancé les collections « Vécu » et « Best Sellers ».

Elle possède les éditions JulliardSeghers et NiL. Elle diffuse dans différents pays francophones et possède des bureaux en Belgique et au Canada.

Elle a été acquise au début des années 1990 par le groupe de la Cité. En 2010, elle est dirigée par Leonello Brandolini, avec pour directrice générale Nicole Lattès.

L'éditeur fait partie intégrante du groupe Editis, deuxième groupe d'édition français.


L’Avant-Poste, Dmitri Glukhosky (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 30 Mars 2026. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Roman

L’Avant-Poste, Dmitri Glukhosky, trad. du russe par Raphaëlle Pache, Robert Laffont, février 2023, 368 pages, 22 € Edition: Robert Laffont

Dmitry Glukhovsky est un auteur russe en délicatesse avec le pouvoir en place depuis 2022 ; cela seul le rend sympathique. À la fois journaliste et auteur de romans de science-fiction, il tend à son pays un miroir sans nulle déformation, si ce n’est le grossissement de certains traits observables par toute personne honnêtement informée. Ce miroir, outre par son travail journalistique, il le tend au travers de romans dystopiques, se déroulant dans une Russie post-apocalyptique, dont les plus connus sont la série Métro (2033, 2034 et 2035). Ces trois romans, publiés entre 2005 et 2015, ont rencontré un succès phénoménal, tant en Russie qu’à l’international, faisant même l’objet d’une adaptation en jeu vidéo.

Ils ont pour personnage principal un certain Artyom, qui se transforme peu à peu en héros dans le métro moscovite devenu univers à part entière, renfermé sur lui-même puisque la surface est irradiée et peuplée de créatures monstrueuses – avec le vague espoir qu’existe une ville perdue au fin fond de l’ex-empire russe qui ait survécu, où l’on puisse respirer à l’air libre et cultiver des légumes. Tout le génie de cette série résidait dans la cosmogonie créée par Glukhosky, jusqu’à la confrontation entre des héritiers du nazisme et les tenants du communisme. Rien à redire.

La Petite Fille dans la forêt des contes, Pierre Péju (par François Baillon)

Ecrit par François Baillon , le Mardi, 19 Novembre 2024. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Contes

La Petite Fille dans la forêt des contes, Pierre Péju, Robert Laffont, 2018, 296 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Pierre Péju Edition: Robert Laffont

Cinq ans après la publication de Psychanalyse des contes de fées, Pierre Péju élabore en quelque sorte une réponse à Bruno Bettelheim à travers la voix de cette Petite fille dans la forêt des contes : on ne peut pas parler ici d’ouvrage foncièrement théorique, mais plutôt du prolongement d’une réflexion initiale, déjà riche, sur les contes traditionnels. Sans vraiment réfuter l’interprétation qu’en fait Bettelheim, interprétation qui se base essentiellement sur les travaux psychanalytiques de Freud, Péju en propose un élargissement, et avertit aussi des maladresses très dommageables qui pourraient nous revenir si l’on faisait du livre de Bettelheim une vérité établie.

Conduit par le célèbre personnage du joueur de flûte de Hameln qui, grâce à son génie musical, emmène à sa suite tous les enfants d’un village vers un endroit dont on ne saura jamais rien, Pierre Péju se penche sur la figure de la petite fille (mais pas uniquement) et accorde une certaine place aux contes allemands de l’époque romantique : Hoffmann et Grimm sont les noms les plus connus en France, mais l’auteur réserve un éclairage égal à la richesse des contes de Ludwig Tieck, Achim d’Arnim ou Clemens Brentano.

Ton frère, Minh Tran Huy (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 10 Juin 2024. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Ton frère, Minh Tran Huy, Robert Laffont, Coll. Les Affranchis, mars 2024, 166 pages, 17 € Edition: Robert Laffont

 

On se souvient avec émotion de son précédent livre, Un enfant sans histoire, publié en 2022, où l’écrivaine française d’origine vietnamienne évoque avec désarroi mais force et courage son parcours de combattante de mère d’un enfant autiste sévère. Malgré des soins incessants prodigués par son époux et elle-même, son fils Paul reste muré dans un mutisme effroyable dont il ne semble plus possible de le défaire.

Avec son dernier livre, Ton frère, elle renoue avec cette histoire douloureuse, mais elle le fait d’une manière originale en adressant une lettre pleine d’humanité et de poésie à Serge, le petit frère « neurotypique » de Paul. À Serge, l’enfant inespéré, elle lui parle avec pudeur de la difficulté de vivre au quotidien avec ce grand frère « un peu spécial », qui semble enfermé dans sa gangue de solitude et de terreur.

Raymond Radiguet, Un jeune homme sérieux dans les années folles, Chloé Radiguet, Julien Cendres (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Jeudi, 18 Janvier 2024. , dans Robert Laffont, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Raymond Radiguet, Un jeune homme sérieux dans les années folles, Chloé Radiguet, Julien Cendres, Robert Laffont, octobre 2023, 306 pages, 24 €

 

La récente biographie de Raymond Radiguet par Chloé Radiguet (nièce de l’écrivain) et Julien Cendres a le mérite de resituer l’auteur du Diable au corps dans un contexte familial, social et culturel d’une extrême précision et donc de détruire quelques mythes. Non, Radiguet n’apparut pas dans le ciel littéraire du début des années 20 telle une comète imprévisible. Il ne fut pas non plus un génie paresseux, produisant son œuvre presque malgré lui ou parce que Cocteau l’y aurait contraint : sortant certes beaucoup, s’amusant avec ses amis peintres, poètes ou musiciens à Montmartre, Montparnasse ou ailleurs, il s’astreignit cependant par périodes à un labeur méthodique lui permettant, en si peu d’années, de noircir un nombre impressionnant de pages se rattachant aux genres les plus variés, de la poésie au roman en passant par des saynètes, des articles et des essais ou ébauches d’essais – dont un bref et troublant « Les Prodiges » (pp.475-476 des O.C., Grasset, septembre 2023), daté de l’automne 1920, édité par Cocteau en 1956. Et rien dans cette œuvre ne fut le fruit d’une sorte d’auto-génération spontanée puisque, comme Rimbaud ou Ducasse, dès l’adolescence, il lut (et assimila, s’appropria) énormément.

Les petits farceurs, Louis-Henri de La Rochefoucauld (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 17 Novembre 2023. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les petits farceurs, Louis-Henri de La Rochefoucauld, éd. Robert Laffont, août 2023, 226 pages, 20 € Edition: Robert Laffont

 

« Les maudits, pourtant, ne mènent pas la grande vie. On ne peut pas avoir le spleen et l’argent du spleen. J’ai compris à son contact que je ne serais jamais quelqu’un. Je n’étais pas animé par la même énergie, ni par cette envie d’en découdre. Avoir eu des ancêtres bien placées à la Cour m’avait appris qu’il faut fuir une lumière trop éclatante, la disgrâce n’est jamais loin ».

Les petits farceurs est le roman d’un moraliste qui s’immerge armé de l’art du roman dans une nouvelle Cour, celle des maisons d’édition. Les petits farceurs trouve sa source au cœur de l’amitié entre deux jeunes étudiants, Henri qui devient le narrateur de ce roman, et Paul qui rêve de célébrité romanesque et qui y perdra son talent, ses rêves et sa vie. Henri va un rien gâcher sa carrière universitaire, préférant écrire dans Avant-Garde, un magazine qui « ne parlait que d’artistes louches dont je ne savais rien et de phénomènes générationnels encore plus improbables », il ne va pas y faire fortune mais bien s’y amuser, comme dans une comédie des Marx Brothers.