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Articles taggés avec: Gosztola Matthieu

Chaque heure est possiblement native : le travail d’écriture de Colette Prévost (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 02 Novembre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

 

Qui, plus que Lisa Bresner (pour celles et ceux qui la connurent), fut poète ? François Cheng lui rend – tendrement – hommage dans Enfin le royaume (Gallimard, collection Blanche, 2018), esquissant un parallèle avec la destinée de la photographe Francesca Woodman : « La terrible vie terrestre n’est point pour toi. / Ton amour trop vaste pour qu’on pût t’aimer ; / Ton rêve trop haut pour qu’on te suivît. Par la fenêtre, / En un seul cri, tu rejoignis l’ange, ton propre être ». Et Cheng ajoute, en un autre quatrain dédié cette fois « à [tous] ceux qui habitent la poésie » : « Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi, / Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux, / Le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois, / Que fait résonner une très ancienne berceuse ».

Mais être poète, ce n’est pas seulement ainsi ouvrir.

Les Moments forts : Radu Lupu à Lyon et à Paris (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 30 Octobre 2018. , dans La Une CED, Ecriture

 

Pour rendre compte de ces concerts, est nécessaire un préalable déshabillage : se débarrasser des phrases, et faire appel à l’humilité du poème.

 

À l’

Écoute : douceurs qui ne pèsent

 

(Pas plus qu’un

Radeau lent de plumes)

 

((Sont comme est

Ressenti l’air par grande chaleur d’Orient))

l’œuvre de Simone de Beauvoir en La Pléiade [2/2] (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 25 Octobre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Le langage et ses vertus :

Simone de Beauvoir, Mémoires, tomes I et II, édition publiée sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Éliane Lecarme-Tabone avec la collaboration d’Hélène Baty-Delalande, Alexis Chabot, Jean-François Louette, Delphine Nicolas-Pierre, Élisabeth Russo, et Valérie Stemmer, chronologie par Sylvie Le Bon de Beauvoir, Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade, n°633 et 634, 2018.

 

Sylvie Le Bon de Beauvoir, Album Simone de Beauvoir, iconographie commentée, Albums de la Pléiade, n° 57, 2018,  256 pages, 198 ill.

 

Simone de Beauvoir écrit dans ses Mémoires d’une jeune fille rangée :

Parler de soi avec justesse, avec superbe : l’œuvre de Simone de Beauvoir en La Pléiade [1 sur 2] (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 19 Octobre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Simone de Beauvoir, Mémoires, tomes I et II, édition publiée sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Éliane Lecarme-Tabone avec la collaboration d’Hélène Baty-Delalande, Alexis Chabot, Jean-François Louette, Delphine Nicolas-Pierre, Élisabeth Russo, et Valérie Stemmer, chronologie par Sylvie Le Bon de Beauvoir, Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade, n°633 et 634, 2018

 

Sylvie Le Bon de Beauvoir, Album Simone de Beauvoir, iconographie commentée, Albums de la Pléiade, n°57, 2018, 256 pages, 198 ill.

 

Beauvoir, suivant les pas de Sartre, aimait du même amour la philosophie et le roman. Ces deux sphères privilégiées de la création ont fait don à la vie de Beauvoir de la renommée que l’on sait. L’on se souvient du succès de scandale du Deuxième Sexe en 1949, devenu avec le temps le titre auquel le nom de Beauvoir est le plus souvent associé. L’on se souvient du prix Goncourt couronnant Les Mandarins en 1954.

Lionel Ray, Souvenirs de la maison du Temps (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 10 Octobre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Lionel Ray, Souvenirs de la maison du Temps, Gallimard, collection Blanche, 2017

 

Aujourd’hui. Hier. Certaines œuvres ne cessent de cheminer en nous, empruntant le chemin de notre sang, venant faire corps, sans rudesse, avec chaque battement de notre cœur. Ainsi Ève de Charles Péguy (« FIDELI FIDELIS »)*. Par la grâce de la vieillesse, Lionel Ray, fin connaisseur de Péguy et amoureux du grand souffle que son œuvre contient (et qui semble emprunté, en une certaine manière – musicale – aux immensités de beauté que recèle la province de Terre de Feu), a su s’en remettre, tout entier, au murmure, grâce à quoi un ruisselet peut devenir une voix. Notre voix. Au point qu’il nous soit possible de vraiment parler.

Aujourd’hui ? « Un je-ne-sais-quoi d’azur et de cristal / C’est le diamant du regard sous des cheveux cendrés […] » Hier ? « On vivait à voix haute de fêtes furtives / Et d’innocence sous le regard radieux / Des saisons souveraines ».