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Le poème contemporain à l’école (1/2), par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 19 Janvier 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

De la nécessité d’impliquer les élèves dans une réception active,

personnelle et créative de la poésie

1/2

 

Si, constate Nathalie Brillant Rannou, « [d]u point de vue enseignant, en 1978 déjà, Jean-François Halté faisait état d’une insécurité initiale à l’égard de la poésie en classe, on peut légitimement penser que cette suspicion est encore largement partagée ». [1] Et mettre l’élève en relation avec des poèmes contemporains, lui permettre de faire, par ce biais, des découvertes propres à enrichir sa « bibliothèque intérieure » [2], cela va encore moins de soi.

De l’avantage d’être en vie, Mathieu Terence

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 12 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Gallimard

De l’avantage d’être en vie, 128 pages, avril 2017, 12 € . Ecrivain(s): Mathieu Terence Edition: Gallimard

 

Mathieu Terence écrivait dans Petit éloge de la joie (Folio, 2011) : « La joie n’est pas volontaire. Elle ne se décide pas, pas plus qu’elle ne se décrète. Il faut fuir comme la peste ceux qui en vendraient la recette. En revanche, la joie exige un climat favorable : un état d’esprit pareil à un état de grâce. Le climat favorable se favorise ».

Dans la lignée d’Ezra Pound, qui lance : « Que l’amour m’apprenne à composer un chant qui ne soit ni second, ni troisième, mais premier à libérer le cœur aigri », De l’avantage d’être en vie nous invite, fragment après fragment, à cet « état d’esprit pareil à un état de grâce ».

Le programme de cet essai peut se résumer ainsi : « Une sagesse est à opposer au nihilisme. Une sagesse échappant à ses prédicats morbides, à son hypnose consumériste et à sa dangereuse frustration. […] On peut cultiver son second souffle et rompre son isolement en partageant la joie d’une vie délivrée du conditionnement mélancolique, une vie véridique. On peut célébrer l’avantage d’être en vie ».

Rien de trop, éloge du haïku, Antoine Arsan

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 18 Décembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Poésie, Gallimard

Rien de trop, éloge du haïku, 2017, 11 € . Ecrivain(s): Antoine Arsan Edition: Gallimard

 

À la suite de l’indispensable Fourmis sans ombre, le livre du haïku, anthologie-promenade de Maurice Coyaud (Phébus, 1978), Antoine Arsan dirige notre regard vers le haïku, en essayant (il s’agit de tracer une voie directe) de gommer toute espèce d’intermédiaire qui serait, en définitive, futile bavardage, rappelant la façon qu’a cette forme poétique d’être accessible « à tous, sans initiation ni propédeutique ». Pour autant, si le haïku parle « au cœur sans intermédiaire obligé », si son essence « est profondément populaire », il atteint « dans l’expression une délicatesse, une élégance, un raffinement qui relèvent d’une forme inédite d’aristocratie ».

Mais un haïku, qu’est-ce exactement ?

« Forme poétique proprement japonaise, le haïku est la version ramassée en dix-sept syllabes d’un poème qui en comportait à l’origine trente et une – expression plus déliée que celle de la poésie officielle, longtemps inspirée du modèle chinois. Cette version courte s’est imposée à l’usage, tant par sa légèreté […] que par sa difficulté, beaucoup plus stimulante. […] [N]i élégiaque, ni lyrique, le haïku s’attache à saisir l’instant dans ce qu’il a d’insaisissable. Il se nourrit pour l’essentiel de la nature et du quotidien de la vie, dans une approche qui peut dissimuler une délicate subjectivité ».

Fictions (anthologie) 20, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 13 Décembre 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique

 

Les volets sont clos

Cernés par les fleurs

 

*

 

Elle dit :

 

« En ce moment

Je pense aux yeux

 

Des filles

Quand elles sont

Daniel Mesguich, Estuaires, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 08 Décembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

Daniel Mesguich, Estuaires, annotation et postface de Stella Spriet, Gallimard, collection Hors série Littérature, 2017

Daniel Mesguich a raison lorsqu’il écrit : « […] d’une manière générale, je tiens que nul, pour écrire, n’a besoin jamais d’autorisation, si ce n’est celle de sa force propre et de son désir […] ». En témoigne cette somme passionnante, qui émane d’un homme de théâtre érudit – par amour et non par devoir –, où les approximations sont fort peu nombreuses. L’on se souvient des cours au Collège de France (en 2007 et 2008) de Michael Edwards, réunis sous le titre Shakespeare, le poète au théâtre chez Fayard, et plus précisément de ce passage : « Nous pensons d’abord à la signification des mots, mais nous savons qu’un poète est conscient en même temps, et sans qu’il y ait deux actes séparés de l’intellect, de tout ce que dit le langage et du corps invisible où ce dire se meut, dans des sons et des rythmes qui animent la bouche et que l’oreille savoure ». S’intéressant avec raison, en homme de théâtre accompli, à ces sons et à ces rythmes, Daniel Mesguich écrit : « […] les mots, on le sait, peuvent aussi bien tuer que les épées : que serait sinon, d’ailleurs, ce poison versé dans l’oreille, dont meurt Hamlet-père ?… La preuve ? Essayez de prononcer rapidement : “words, words, words”, vous comprenez vite que vous êtes en train de dire “sword, sword, sword”, épée, épée, épée ». C’est aller vite en besogne et oublier que words et sword offrent des sonorités bien différentes. Mais c’est là détail, et, c’est bien connu, le diable se cache dans les détails.