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L’amour en bref, Michel Collot (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 21 Novembre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

L’amour en bref, Michel Collot, Tarabuste éditeur, 95 pages, 13 €

Données à lire ici, de belles pages sur l’amour, qui, proches d’Apollinaire, dénudent le poème avec innocence (une innocence éperdue). Pour que, tendrement modulé, il se rapproche, doucement, de la chanson. Qui le dénudent pour qu’il devienne le reflet vrai – infiniment chatoyant – d’une naïvetédes sens, du ressenti (au sens étymologique du terme). Tant il est vrai qu’aimer, c’est trouver (et non re-trouver) son enfance. Tant il est vrai qu’aimer, c’est naître réellement. Dans une connaissance acquise de soi qui résulte, toute, de la connaissance, éblouie, de l’autre. Tant il est vrai qu’aimer, c’est « [s]’unir à la chair / Du monde ».

*

Levé à l’aube

quand je m’éveille

l’astre s’élève

sur les flots sombres

l’espoir soulève

le poids des ombres.

Moby Dick ou Le Cachalot, Herman Melville (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 13 Novembre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, USA, Gallimard

Moby-Dick ou Le Cachalot, avril 2018, édition et trad. anglais (USA) Philippe Jaworski, illust. Rockwell Kent, 1024 pages, 25 € . Ecrivain(s): Herman Melville Edition: Gallimard

 

Le Times de New York publia, en 1891, la notice nécrologique suivante : « Il vient de mourir et d’être inhumé dans notre ville, cette semaine, à un âge avancé, un homme si peu connu, même de nom, de la génération aujourd’hui dans sa pleine maturité, qu’il ne s’est trouvé qu’un seul journal pour lui consacrer une notice nécrologique, et celle-ci n’était longue que de trois ou quatre lignes ». De quel homme s’agit-il ? Melville. Inconcevable, n’est-ce pas ? Et pourtant cela fut.

« Comme c’est le cas de bien d’autres icônes littéraires américaines, relate Philippe Jaworski dans son excellente introduction, Moby-Dick s’est peu à peu glissé dans tous les recoins de la conscience nationale. […] Accédant au rang de classique universel, la sombre histoire imaginée par Melville n’a pas laissé indifférents cinéastes, musiciens, dessinateurs, illustrateurs, peintres (abstraits aussi bien que figuratifs), adaptateurs en tout genre ».

Les Moments forts : Roberto Bolaño aux Ateliers Berthier, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 06 Novembre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

2666est le chef-d’œuvre publié un an après la mort de Bolañoet la dispersion de ses cendres dans la Méditerranée,adapté intelligemment par Julien Gosselin*, pour être présenté à Avignon, et représenté à l’Odéon.

« [U]n livre, c’est d’abord un objet particulier qu’on touche, qu’on voit, aléatoirement qu’on sent,mais qu’on n’entend pas. Le grand problème est donc de savoir quelle voix peut sortir du livre, ou plutôt comment le livre peut faire surgir quelque chose comme de la voix […] », écrivent Christian Biet et Christophe Triau dans Qu’est-ce que le théâtre ? (Gallimard, collection Folio essais, 2006).

Avec 2666, aux Ateliers Berthier, les notions de style, de timbre, de ton, qui renvoient à une écriture et à une lecture apparemment abstraites et silencieuses, sont devenues ostensiblement phonétisées, rythmées. Et poétisées. Du reste, le poète est, détective sauvage, chercheur hétérodoxe du réel, la figure narrative dominante dans les nouvelles et les romans de Bolaño où s’enchevêtrent avec brio les intrigues (cf. Europe, n°1070-1071-1072, juin-août 2018).

Chaque heure est possiblement native : le travail d’écriture de Colette Prévost (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 02 Novembre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

 

Qui, plus que Lisa Bresner (pour celles et ceux qui la connurent), fut poète ? François Cheng lui rend – tendrement – hommage dans Enfin le royaume (Gallimard, collection Blanche, 2018), esquissant un parallèle avec la destinée de la photographe Francesca Woodman : « La terrible vie terrestre n’est point pour toi. / Ton amour trop vaste pour qu’on pût t’aimer ; / Ton rêve trop haut pour qu’on te suivît. Par la fenêtre, / En un seul cri, tu rejoignis l’ange, ton propre être ». Et Cheng ajoute, en un autre quatrain dédié cette fois « à [tous] ceux qui habitent la poésie » : « Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi, / Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux, / Le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois, / Que fait résonner une très ancienne berceuse ».

Mais être poète, ce n’est pas seulement ainsi ouvrir.

Les Moments forts : Radu Lupu à Lyon et à Paris (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 30 Octobre 2018. , dans La Une CED, Ecriture

 

Pour rendre compte de ces concerts, est nécessaire un préalable déshabillage : se débarrasser des phrases, et faire appel à l’humilité du poème.

 

À l’

Écoute : douceurs qui ne pèsent

 

(Pas plus qu’un

Radeau lent de plumes)

 

((Sont comme est

Ressenti l’air par grande chaleur d’Orient))