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Conversations, Francis Bacon (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 14 Juin 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Arts, Les Livres

Conversations, Francis Bacon, L’Atelier Contemporain, coll. Écrits d’artistes, février 2019, préface Yannick Haenel, photographies Marc Trivier, 208 pages, 20 €

Les entretiens menés avec Bacon sont passionnants, lorsqu’on s’intéresse à la peinture. Ils éclairent sa création. L’une des plus fortes du XXe siècle.

Retrouvez (voulez-vous ?) les supports suivants : Cambridge Opinion, n°37, janvier 1964 ; Chroniques de L’Art vivant, n°26, décembre 1971-janvier 1972 ; Le Monde, 3 novembre 1971 ; L’Express, 15 novembre 1971 ; Jardin des Arts, n°204, novembre 1971 ; La Quinzaine littéraire, 16-30 novembre 1971 ; The Listener, 16 mars 1972 ; La peinture britannique de Gainsborough à Bacon, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 9 mai-1er septembre 1977 ; Newsweek, 24 janvier 1977 ; L’Express, 7-13 février 1977 ; Le Matin, 19 janvier 1984 ; Le Monde, 26 janvier 1984 ; Beaux-Arts Magazine, n°10, février 1984 ; Libération, 29 septembre 1987 ; Art International, automne 1987 et automne 1989 ; Le Figaro, 29 avril 1992 ; Catalogue Francis Bacon, Marlborough Gallery, Madrid, 1992 ; Catalogue Corps crucifiés, Musée Picasso, Paris, 17 novembre 1992-1er mars 1993. Vous n’avez pas le temps ? Pas le courage ? Eh bien procurez-vous l’ouvrage publié par L’Atelier Contemporain, qui réunit – quelle belle idée ! – l’ensemble de ces publications, en en retirant tout ce qui ne concerne pas Bacon, et plus précisément tout ce qui ne concerne pas sa parole.

Pour saluer la parution d’Ubu roi dans la collection Folio+Collège (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 07 Juin 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Théâtre

Ubu roi, Alfred Jarry, Gallimard, coll. Folio+Collège, n°56, mars 2019, dossier par François Mouttapa, 192 pages, 2,90 €

Lorsqu’on lit (ou assiste à une représentation d’) Ubu roi, le rire fuse. Du fait d’une mécanique plaquée sur du vivant, pour reprendre les mots, célèbres, de Bergson (l’on sait que les comédiens évoluèrent, lors de la première, au plateau comme des pantins), Bergson qui fut par ailleurs l’un des enseignants de Jarry ? Oui, mais pas uniquement. Il s’agit du rire tel que défini par Jill Fell : « le rire a la faculté de faire parler ce qui est hétérogène à la structuration du sujet dans une société donnée ».

Lorsqu’on lit (ou assiste à une représentation d’) Ubu roi, l’on savoure le véritable détournement de la tradition littéraire opéré par des mineurs (ceux qui sont responsables de cette œuvre : les frères Morin, Jarry). Ainsi que la voix, spécifique, de la pièce. Cette voix est double, prévient Paul Edwards : « Premièrement, alexandrins et hémistiches la rythment parfois, comme une tragédie qui se voudrait antique ; des mots archaïques lui donnent le ton désuet d’un texte historique – ce qui, en bref tend à élever en dignité et en noblesse le Père Ubu et toute la pièce. Deuxièmement, et inextricablement liée [à] cette voix de la grandeur, est celle de la misère. Le Père Ubu parle comme un voyou ».

Œuvres, tome II, Friedrich Nietzsche en la Pléiade (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 31 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Œuvres, tome II, Friedrich Nietzsche, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, n°637, mars 2019, trad. allemand Dorian Astor, Julien Hervier, Pierre Klossowski, Marc de Launay, Robert Rovini, 1568 pages, 65 € (prix de lancement jusqu’au 31/12/2019)

 

Nietzsche peut heurter, quand, dans Le Gai savoir, à la question « Où résident tes plus grands dangers ? », il répond : « [d]ans la compassion ». S’opposant ainsi implicitement à un auteur comme Michelet, à qui Eugène Noël avouera aimer l’œuvre « surtout parce qu’[elle] est une grande école de pitié ». C’est dans Aurore [1] que Nietzsche explicite son analyse de la pitié : « Compatir, dans la mesure où cela fait véritablement pâtir – et ce doit être ici notre unique point de vue – est une faiblesse comme tout abandon à un affect nocif. Cela accroît la souffrance dans le monde : même si indirectement, ici ou là, une souffrance peut être atténuée ou supprimée grâce à la compassion, il n’est pas permis d’exploiter ces conséquences occasionnelles et dans l’ensemble insignifiantes pour justifier son essence qui est, nous venons de le dire, nocive. Supposons qu’elle règne un seul jour en maîtresse : elle entraînerait aussitôt l’anéantissement de l’humanité ».

Trois concerts, Lola Gruber (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 24 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Phébus

Trois concerts, Lola Gruber, Phébus, janvier 2019, 592 pages, 24 €

 

Lorsqu’on est soi-même musicien, l’on peut mesurer qu’il n’y a pas une fausse note dans ce roman sur la musique. Et applaudir (c’est si rare). Est-ce parce que Lola Gruber est musicienne ? Pascale Roze affirme dans son émouvante Lettre d’été : « Dire la vérité, rien que la vérité, celle qui porte le sceau du vécu. Pas s’autoriser à écrire autre chose. Pas agrémenter. Parfois, je pense que c’est la seule issue, que devant la pléthore des textes, devant les ramures infinies des formes, toutes explorées, toutes fatiguées, il ne reste qu’un seul appui, une seule légitimité à l’écrit : l’expérience, qu’un seul enjeu : sa transcription dans un langage nu comme les chiffres ».

En réalité, Lola Gruber, pour l’écriture de Trois concerts, quitte à faire mentir Pascale Roze, s’est appuyée – et c’est en cela qu’elle a pu retranscrire et communiquer dans toute sa verdeur au millier de nuances l’expérience d’une musicienne – sur un long travail de documentation.

La Fabuleuse découverte de la tombe de Toutânkhamon, Howard Carter (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 17 Mai 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Histoire, Roman, Libretto

La Fabuleuse découverte de la tombe de Toutânkhamon (traduit de l’anglais par Martine Wiznitzer), 2019, 176 pages, 8 euros 10 . Ecrivain(s): Howard Carter Edition: Libretto

 

« Depuis qu’il médite, a reconnu l’écrivain et musicien Jacques Drillon en l’un de ses – précieux – ouvrages, l’homme se demande s’il trouvera plus rapidement ce qu’il cherche derrière la "porte d’or de l’imagination", ou derrière la "porte basse et honteuse de l’expérience" dont parle Proust ». Mais il est un lacis de couloirs qui fait se rejoindre porte basse et porte d’or. Ce sont les labyrinthes de passages, de tunnels et de chambres, ornés de scènes dont la beauté se doit d’accompagner le roi défunt dans son voyage vers l’autre monde, où il sera accueilli par Osiris.

Nous songeons aux tombes égyptiennes, bien sûr (coordonnées : 25° 44′ 27″ nord, 32° 36′ 08″ est). Soit, par exemple, celle de Ramsès II, ainsi décrite par Claude Obsomer : « Un escalier d’une vingtaine de marches à glissière centrale donne accès à la porte, dont le linteau est orné de l’astre solaire […]. Un premier corridor en pente offre des parois consacrées à la renaissance journalière du roi […].