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Fictions (anthologie) 20, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 13 Décembre 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique

 

Les volets sont clos

Cernés par les fleurs

 

*

 

Elle dit :

 

« En ce moment

Je pense aux yeux

 

Des filles

Quand elles sont

Daniel Mesguich, Estuaires, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 08 Décembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

Daniel Mesguich, Estuaires, annotation et postface de Stella Spriet, Gallimard, collection Hors série Littérature, 2017

Daniel Mesguich a raison lorsqu’il écrit : « […] d’une manière générale, je tiens que nul, pour écrire, n’a besoin jamais d’autorisation, si ce n’est celle de sa force propre et de son désir […] ». En témoigne cette somme passionnante, qui émane d’un homme de théâtre érudit – par amour et non par devoir –, où les approximations sont fort peu nombreuses. L’on se souvient des cours au Collège de France (en 2007 et 2008) de Michael Edwards, réunis sous le titre Shakespeare, le poète au théâtre chez Fayard, et plus précisément de ce passage : « Nous pensons d’abord à la signification des mots, mais nous savons qu’un poète est conscient en même temps, et sans qu’il y ait deux actes séparés de l’intellect, de tout ce que dit le langage et du corps invisible où ce dire se meut, dans des sons et des rythmes qui animent la bouche et que l’oreille savoure ». S’intéressant avec raison, en homme de théâtre accompli, à ces sons et à ces rythmes, Daniel Mesguich écrit : « […] les mots, on le sait, peuvent aussi bien tuer que les épées : que serait sinon, d’ailleurs, ce poison versé dans l’oreille, dont meurt Hamlet-père ?… La preuve ? Essayez de prononcer rapidement : “words, words, words”, vous comprenez vite que vous êtes en train de dire “sword, sword, sword”, épée, épée, épée ». C’est aller vite en besogne et oublier que words et sword offrent des sonorités bien différentes. Mais c’est là détail, et, c’est bien connu, le diable se cache dans les détails.

Lars Eidinger, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 01 Décembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

 

Soit la fin des années 1990.

Lars Eidinger est étudiant à l’Académie d’art dramatique Ernst-Busch de Berlin, « la plus prestigieuse école de théâtre d’Allemagne ».

Un jour, il doit, au cours d’un exercice, réciter le monologue de Franz Moor, dans Les Brigands de Schiller.

« Il s’assied sur une chaise et, pendant une minute, suce un bonbon ». Sans dire un mot. « C’est long, une minute de silence. Quand elle s’achève, Lars Eidinger dit la première phrase : “Das dauert mir zu lange” (“Il me prend trop de temps”) ».

Fictions (anthologie) - 19, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 29 Novembre 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique

 

Le matin

L’homme qui souffre

Lave son passé au savon

(Quelques cicatrices)

 

Il se pèse

Et maquille son humeur

Avec des compliments

(Puis il écoute)

 

*

Rouge sang-dragon, Colette Prévost (2ème critique)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 21 Novembre 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Les Vanneaux

Rouge sang-dragon, avril 2017, 80 pages, 15 € . Ecrivain(s): Colette Prévost Edition: Les Vanneaux

 

Dire « le tremblé de la lumière / l’épaisseur vivante de l’espace », c’est ce à quoi s’emploie Colette Prévost.

Qui cite Henry Bouillier et son introduction à l’édition critique des Stèles de Victor Segalen, en ouverture de Rouge sang-dragon : « On voudrait pouvoir définir avec rigueur les rapports entre les combinaisons de volumes, de couleurs, de son, et l’ébranlement affectif qu’elles provoquent dans le cœur de celui qui les contemple et qui les entend ».

Et Colette Prévost d’ajouter : « Cet “ébranlement affectif” m’a frappée lorsque j’ai vu les tableaux de Max Mitau, plasticien bordelais, qui puise son œuvre à pleines mains dans les pigments purs. Ses tableaux m’ont forcée à l’arrêt debout, face à leurs faces comme l’exprimait Victor Segalen à propos de ses Stèles. Dans l’œuvre de Mitau la lumière traverse le minéral, coloré ou ténébreux, comme l’œil de la stèle de bois qui ornait certaines stèles percées d’un trou rond par où l’œil assuré du ciel lointain vient viser l’arrivant. Je me suis sentie transpercée, à nu. Mitau, forgeron ou alchimiste, je ne sais… le pigment sang-dragon, exsudat de l’arbre sang-dragon, l’étrange dragonnier de l’île de Socotra au large du Yémen, donne ce rouge puissant, alchimique, ou celui de l’atelier-forge… ».