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Articles taggés avec: Robin Vincent

Robespierre, Hervé Leuwers

Ecrit par Vincent Robin , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Histoire, Fayard

Robespierre, août 2014, 460 pages, 25 € . Ecrivain(s): Hervé Leuwers Edition: Fayard

 

Fondamentalement imprégnés de certains très marquants épisodes de notre histoire, quelques noms illustres méritent amplement que soient étudiées encore, et en-dehors du champ idéologique ou partisan, les raisons de leur fusion irrévocable avec l’instant. S’agirait-il toutefois de ternir ou de redorer l’image de personnages fixés dans nos mémoires au moyen de prompts signaux emblématiques que, rapportée aux surenchères de la glorification ou à celles de la déchéance, la démarche paraîtrait essentiellement subjective et sans promesse de très nouveaux enseignements. Quand s’impose plutôt de comprendre par une simple mais rigoureuse observation comment la machine événementielle forgea sous son action des âmes emportées par ses plus sévères emballements, se regardent autrement les apparences et le fait d’acteurs livrés à eux. L’examen minutieux de comportements dans ces circonstances prépare au mieux à dire de qui ils émanent le plus probablement. Pourvu également que l’image de ces hommes soit demeurée perméable à une curiosité déliée de bornes et de carcans.

M. Poincaré et la Guerre de 1914, Etudes sur les responsabilités, Gustave Dupin

Ecrit par Vincent Robin , le Mardi, 07 Octobre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Livres décortiqués, Histoire

M. Poincaré et la Guerre de 1914, Etudes sur les responsabilités, Aviso éditions, 2014, 197 pages, 16 € . Ecrivain(s): Gustave Dupin

 

L’administration d’un sérum de vérité dilué avec le vénéneux liquide des injures reste probablement, à travers l’écriture et sous couvert d’analyse de certains épisodes dramatiques de l’histoire nationale, le pire traitement prodigué. Les slogans lapidaires de Poincaré-la-guerre et de Mitterrand-la-machette résument, sous cette peu orthodoxe manière de doctrine médicale phagocytée par l’anachronisme, l’élucubrant exposé du livre de Gustave Dupin, intitulé M. Poincaré et la guerre de 1914, paru dès 1935, mais dont Aviso réédite aujourd’hui le contenu bientôt discrédité par la longue (trop) et sulfureuse préface de Michel Sitbon.

Ancien trésorier du Réseau Voltaire, le préfacier exalté et obscur dénonciateur des responsabilités du premier conflit mondial, aveuglément imputées au président français de 1914, atteint bientôt des sommets dans la digression, la confusion et la profusion des assertions douteuses doublées de vindicte compulsive.

Tarquin le Superbe, Thierry Camous

Ecrit par Vincent Robin , le Lundi, 25 Août 2014. , dans La Une Livres, Payot, Critiques, Les Livres, Histoire

Tarquin le Superbe, avril 2014, 320 pages, 25 € . Ecrivain(s): Thierry Camous Edition: Payot

 

Même corroborées par différentes sources et d’aussi loin qu’elles remontent de la profondeur des temps, les relations historiques ne peuvent échapper au crible de l’examen critique pour assurer qu’elles traduisent du passé une réalité crédible. C’est bien finalement au rappel d’une telle leçon méthodique que nous renvoie l’historien et chercheur Thierry Camous dans son excellente étude consacrée au roi de Rome mais d’origine étrusque, Tarquin le Superbe. Une telle invitation scrupuleuse n’aura bien entendu épargné à son auteur lui-même toute reconnaissance approfondie, non point seulement des agissements rapportés au protagoniste visé par son propos, également et surtout celle de l’imprégnation idéologique selon laquelle les marques biographiques du même se seront vues à jamais retranscrites.

Sur ce sujet du second Tarquin, roi de l’Urbs des origines mais honni des propagandistes républicains de l’ère romaine suivante, par qui aussi sera presque exclusivement revenu le descriptif de son vécu (que des travaux actuels de l’archéologie confirment cependant), Thierry Camous témoigne d’un habile savoir placé à la réhabilitation objective d’un acteur politique de rôle éminent dans la Rome balbutiante, qu’une pernicieuse tradition scripturaire voua pourtant fermement à la honte et à la détestation…

Raymond Aubrac, Résister, reconstruire, transmettre, Pascal Convert

Ecrit par Vincent Robin , le Mardi, 17 Juin 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, Histoire, Seuil

Raymond Aubrac, Résister, reconstruire, transmettre, mai 2014, 710 pages, 25 € . Ecrivain(s): Pascal Convert Edition: Seuil

 

Parmi les gens illustres qui disparaissent, selon une loi de l’extinction hélas sans remède y compris pour eux, en quantité réduite se dénombrent les individus élevés à la célébrité par leur qualité d’esprit et leur marquante philanthropie. Ils sont assurément alors ceux dont le bilan d’existence laisse apparaître une assez visible concordance entre adhésion philosophique déclarée et comportement courant.

Sous ce rapport, « cent ans d’exactitude » pourraient ainsi labéliser l’étonnante biographie de celui dont il sera question ici, qui traversa de part en part le tumultueux siècle dernier des deux guerres mondiales, mais avec un singulier talent d’homme du savoir et du devoir humanistes. Emporté il y a deux ans par son âge avancé (98 ans), le combattant-résistant, ingénieur et diplomate Raymond Aubrac se sera en effet distingué sa vie durant dans cet art de la cohérence éprouvé par la traversée du temps, aussi en dépit d’infortunés dénigrements dont il aura été la cible jusqu’au soir de son expérience.

Qui a tué Jeanne d’Arc ?, Bernard Michal

Ecrit par Vincent Robin , le Jeudi, 15 Mai 2014. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Histoire, Editions Omnibus

Qui a tué Jeanne d’Arc ?, mars 2014, 200 p. 9 € . Ecrivain(s): Bernard Michal Edition: Editions Omnibus

Sur le bûcher dressé place du Vieux-Marché à Rouen en ce matin du 30 mai 1430, un écriteau stipule : « Jehanne qui s’est fait nommer la Pucelle, menteresse, pernicieuse, abuseresse du peuple, devineresse, superstitieuse, blasphémeresse de Dieu, présomptueuse, malcréante de la foi de Jésus-Christ, vanteresse, idolâtre, cruelle, dissolue, invocatrice de diables, apostate, schismatique et hérétique ». Il est environ 9 heures quand, « revêtue de la robe de deuil que l’Inquisition réserve à ses condamnés », juchée debout sur une charrette escortée par huit cents soldats anglais, apparaît à la foule, massivement rassemblée là, celle qui s’en va connaître le sort des flammes. Jean Massieu, l’huissier chargé des mouvements de l’inculpée, Martin Ladvenu, le frère dominicain également voué à l’entourer dans ces instants particuliers, l’ont informée auparavant. Pour elle, Jeanne d’Arc, le moment est venu où elle doit périr par le feu. Un tel déroulement tragique s’inscrit en réalité en application immédiate de la sentence officielle qui a été prononcée peu de temps avant contre la jeune femme.

Au regard du débat judiciaire de quatre mois qui se refermait ainsi, mais au long duquel l’accusée avait toujours semblé pouvoir légitimement défendre sa cause, un tel dénouement ne semblait devoir se confondre avec celui d’une exécution sommaire, quand bien même la liste additive des griefs accusateurs pesa d’un seul coup pour suggérer qu’une raison autre et supérieure se dissimulât tout derrière elle…