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Articles taggés avec: Robin Vincent

Chateaubriand, Ghislain de Diesbach (par Vincent Robin)

Ecrit par Vincent Robin , le Mercredi, 31 Octobre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Biographie, Perrin

Chateaubriand, juin 2018, 670 pages, 27 € . Ecrivain(s): Ghislain de Diesbach Edition: Perrin

 

« Il lui faut de l’inquiétude, et non du bonheur domestique, de la gloire et de la réputation, quitte à gémir sous le fardeau de cette gloire et à s’affliger que cette réputation soit contestée par les envieux. Il lui faut de l’aventure, afin d’échapper à l’ennui, et du bonheur, pour le plaisir de se croire en butte aux caprices d’un singulier destin » (p.123). Dévoilant ces sortes de tortures doucereuses, récoltées d’une plus haute estime de soi appelant quelque très chrétien besoin mortificatoire, Ghislain de Diesbach nous livre ici probablement la plus parlante et éclairante synthèse du caractère original de François-Auguste de Chateaubriand. Affublé d’une particule largement aussi développée que la partie « tête », le bouillant et dogmatique aristo-natif de Saint-Malo transparaît en effet d’entrée en ce livre consacré à lui sous le trait d’un poète-écrivain-idéologue tourmenté… telles les eaux tumultueuses de cet océan tout près venu chahuter son avènement…

La Commune 1871, Emile Zola, par Vincent Robin

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 21 Septembre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

La Commune 1871, Emile Zola, Nouveau Monde Editions, juillet 2018, 312 pages, 9 €

 

« De février 1871 à août 1872, il produit des chroniques parlementaires sous le titre de La République en marche, publiées dans La Cloche et  le Sémaphore de Marseille. Elles lui permettent à la fois de se faire connaître du monde politique et d’y fonder de solides amitiés (et inimitiés) » (Wikipédia).Tout comme le confirme la très omnisciente bibliothèque du net – non sans démystifier au passage quelque pseudo originalité présente –, à trente et un an et à la charnière du dernier quart du XIXe siècle français, le jeune Emile Zola endossait la fonction de journaliste politique. Sans analyse contextuelle préalable très poussée, et probablement pour garantir à la fois les effets d’une immersion subite dans l’époque et dans les options singulières du rapporteur, le présent ouvrage déroule alors le tissu raccordé des articles de presse que l’écrivain adressa durant ce temps aux deux périodiques mentionnés plus haut. Au rythme d’un agenda consciencieusement suivi, les correspondances du pigiste reflètent ici, par enchaînement serré, les plus cruciaux moments dont il fut témoin ou interprète à travers les soudaines et turbulentes évolutions politiques du pays. Ces instants marquants auront été, essentiellement, les évènements rudes et dramatiques survenus dans et autour de Paris lors de la « Commune » (18 mars/3 juin 1871).

A propos de Souvenirs et solitude, Jean Zay, par Vincent Robin

Ecrit par Vincent Robin , le Mercredi, 24 Janvier 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Souvenirs et solitude, Jean Zay, Belin, janvier 2017, 576 pages, 11,90 €

Le long déroulement de notre histoire nationale n’aura jamais manqué de femmes ou d’hommes charismatiques sur le plan social et politique. Sortant du lot constamment fourni des revendicateurs de pouvoir à tout crin et des opportunistes de renoms inscrits dans notre mémoire collective, ils se seront ainsi magnifiquement singularisés par leur intelligence mais surtout par l’humanisme dont ils auront été les très éminents porte-voix. C’est en outre le plus souvent, et lorsqu’ils n’en furent pas empêchés par leur engagement ou par leur action sans détour ni intrigue, qu’ils se seront bientôt attachés une très légitime reconnaissance publique. En considérant leurs bienfaits sous cet angle, rapportés au cadre hexagonal et communautaire, c’est bien de la sorte en songeant plutôt à un Clemenceau qu’à un Talleyrand que sauraient être aujourd’hui distingués un honneur véritable fait au symbole de l’Etat et une raison noble donnée à la grandeur nationale. Encore faut-il admettre pour cela et une bonne fois que prime et primera toujours virtuellement sur l’intérêt égoïste des oligarchies et des élites, sur la richesse corporatiste et individualiste, la cause essentielle et vitale d’une population ralliée aux lois du juste partage démocratique. « Liberté, égalité et fraternité », les devises républicaines de l’Etat français resteront alors pour longtemps cette sonde efficace selon laquelle, du degré des paroles à la température des actes, se mesurera indéfiniment chez les hommes, toute récolte face au jugement de leurs pairs, tout mérite face à celui de l’histoire.

Maurice Barrès et le nationalisme français, Zeev Sternhell

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 21 Juillet 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Israël, Histoire, Fayard

Maurice Barrès et le nationalisme français, Arthème Fayard Pluriel, 2016, 432 pages, 12 € . Ecrivain(s): Zeev Sternhell Edition: Fayard

 

Ce volumineux contenu est en réalité une réédition de l’étude menée à bien il y a déjà plusieurs décennies par l’historien Zeev Sternhell pour sa thèse de doctorat. Son travail universitaire avait ainsi été publié une première fois en 1972. C’est alors, grâce à une sorte de dédicace auto-élogieuse dans l’avant-propos de cette reparution que, restituant la parole à son ancien superviseur et conseiller (Jean Touchard) à la Fondation nationale des sciences politiques, l’historien de l’Université hébraïque de Jérusalem relate le gratifiant retour récolté à chaud par lui et son docte ouvrage : « Sternhell, vous m’avez convaincu, je vous soutiendrai ! ». Dans ce contexte et au cœur de cette épaisse réalisation effectivement, le recours au scanner millimétrique, irradiant à la fois le spectre du « nationalisme » de la IIIe République française et celui de Maurice Barrès mis en surimpression, renvoyait indubitablement à quelque pâleur ou à l’imperfection de nombreux traitements jusqu’alors appliqués à ces deux évocations souvent arrimées dans un rapide mécanisme fusionnel. Aussi bien alors, tout comme le démontre habilement Sternhell à travers le résultat de ses recherches, parce que les mots « Barrès » et « nationalisme » ne se seront jamais fondus dans l’équation absolue que suggérait leur approche coutumière, un tel ouvrage éclairant et démystificateur mérite-t-il que l’on redécouvre maintenant (surtout au temps politique actuel) son propos savamment nuancé et instructeur.

Philippe-Auguste, Le bâtisseur de royaume, Bruno Galland

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 14 Avril 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Histoire, Belin

Philippe-Auguste, Le bâtisseur de royaume, 240 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Bruno Galland Edition: Belin

 

Dieudonné. L’histoire recense le plus couramment sous cette attribution de nom ceux que leur naissance lia à la théorie du bonheur providentiel. Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, le plus célèbre de ceux auxquels on attacha cette circonstancielle appellation fut bien alors le roi de France Louis XIV à son arrivée au monde, en l’an 1638. Parce que ce substantif était aussi chez eux le doublon d’un autre nom plus directement employé, d’autres individus moins en vue auront pourtant également détenu cette marque nominale dédiant leur avènement. Quels qu’ils furent, on serait bien en peine d’affirmer que sous ce référant assurément récolté de charité divine, l’« honneur de Dieu » présumé dans la droiture morale de chacun d’eux soit ensuite absolument resté sauf – salve honorus Deï – ainsi qu’on le disait autrefois. Il serait même sans doute aisé de repérer dans le cours de l’histoire les titulaires qui, sous ce qualificatif louangeur, se seront assez vite arrangés pour lui ôter son initial crédit de faveur et d’enchantement.