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Articles taggés avec: Chauché Philippe

Poéticide, Hans Limon - A dos de Dieu, Marcel Moreau, chez Quidam (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 01 Février 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Poéticide, Hans Limon, Quidam éditeur, coll. Les Indociles, novembre 2018, 96 pages, 13 €

A dos de Dieu, Marcel Moreau, Quidam éditeur, coll. Les Indociles, octobre 2018, 140 pages, 16 €

 

« Il me faudra du temps pour écoper ton spectre

et détourner mes pas de tes appas, Electre.

Mon corps à bout de cœur a besoin de repos.

Il faut parfois muer pour conserver sa peau ».

Poéticide, Rideau, Hans Limon

« Beffroi, c’est tout autre chose. Pendant ce temps-là, il pousse à travers la ville. Ses yeux sont noirs et ils sondent. Ses bras en battoir, son torse de corsaire. Rire qui siffle. Cheveux sales, pense sa voisine, dans le tramway. Il en descend, disparaît. Sa façon de s’enfoncer dans une foule : comme une machette. Tout autre chose. Pendant ce temps-là, il boit ».

A dos de Dieu, Marcel Moreau

Une jeunesse en fuite, Arnaud Le Guern (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 17 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Les éditions du Rocher

Une jeunesse en fuite, janvier 2019, 232 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Arnaud Le Guern Edition: Les éditions du Rocher

 

« J’ai vécu quinze ans fin de la terre, j’y reviens chaque année, en juillet, pour une poignée de jours. Maison de famille, entre Brest et le Conquet, où habitent mes parents. La commune se nomme Plougonvelin. Je préfère le nom de la plage sur laquelle donnent les terrasses de la villa : le Trez-Hir. Mon snobisme. Là-bas, j’ai vue sur l’océan et la campagne dans le dos. Repos du guerrier urbain après trop de derniers verres. Je suis cerné par les paysages de mon enfance. Horizon balnéaire et verdure aux fesses ».

Une jeunesse en fuite est le roman de cette jeunesse balnéaire bretonne, qui s’éternise et s’étire, comme si elle sortait d’une douce sieste face à l’océan. Une jeunesse en fuite est aussi le roman mélancolique d’une chanson d’été de Niagara, Christophe, Vanessa Paradis, ou des Guns N’Roses. Une jeunesse pétillante, amusée, joyeuse, qui flirte avec la vie et ses courbes délicieuses, où rien n’a plus d’importance qu’une certaine nonchalance affective et élective. L’écrivain narrateur possède l’insouciance des personnages des films de Vadim ou des livres de Beigbeder, il lit Charles Bukowski, France Football, l’Idiot International, et Jacques Laurent qu’il préfère lorsqu’il signe Cecil Saint-Laurent.

Les "cartes et le territoire" de la guerre dans la littérature française - Philippe Annocque, Michel Bernard (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 11 Janvier 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Mon jeune grand-père, Philippe Annocque, éd. Lunatique, coll. Parler Debout, novembre 2018, 192 pages, 20 €

La tranchée de Calonne, Michel Bernard, La Table Ronde, coll. La Petite Vermillon, novembre 2018, 208 pages, 7,30 €

 

« … J’ai reçu aussi une aimable carte de Mme Gillet qui m’envoie aussi ses veux ainsi que ceux de sa famille. Elle se met à ma disposition pour m’envoyer des livres si j’en ai besoin. Présentez-lui mes remerciements et mes meilleures amitiés pour elle et toute sa famille. Les formules de politesse prennent de la place sur une carte où chaque centimètre carré est compté. La politesse est peut-être l’équivalent de la propreté ou du soin vestimentaire, une affaire de dignité », Le 26 janvier 1917, Mon jeune grand-père.

Manifeste Incertain 7, Emily Dickinson, Marina Tsvetaieva, L’immense poésie, Frédéric Pajak (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 21 Décembre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Poésie, Editions Noir sur Blanc

Manifeste Incertain 7, Emily Dickinson, Marina Tsvetaieva, L’immense poésie, octobre 2018, 320 pages, 23 € . Ecrivain(s): Frédéric Pajak Edition: Editions Noir sur Blanc

 

« Emily Dickinson, Marina Tsvetaieva : qu’ont-elles en commun ? L’une est d’Amérique, l’autre de Russie. Celle-là appartient au XIXe siècle, celle-ci à la première moitié du XXe. Toutes deux n’ont jamais douté de leur art, malgré leur isolement, la censure ou l’indifférence ».

 

« Certains vont le dimanche à l’église

Et moi – je reste à la maison

Avec un merle pour choriste

Et pour voûte un verger », Emily Dickinson

Lettres à Philippe Sollers, 1958-1980, Dominique Rolin (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 03 Décembre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Correspondance, Gallimard

Lettres à Philippe Sollers, 1958-1980, octobre 2018, 480 pages, 24 € . Ecrivain(s): Dominique Rolin Edition: Gallimard

 

« Je relis votre livre (1) avec le même bonheur : la musique intérieure du récit qui m’avait touchée dès les premières pages recommence à chanter, rire et pleurer à la seconde lecture avec la même élasticité vibrante, si douce et si cruelle que j’en sors étrangement atteinte » (Le 7 novembre 1958).

« Je pensais en riant que lorsque paraîtra ton livre (2), la masse de tes ennemis ne l’emportera pas au paradis, merveilleuse expression qui n’aura jamais eu un sens plus exact. Ceux qui t’aiment au contraire l’emporteront, c’est-à-dire seront emportés par Paradis car ils l’auront mérité » (Mercredi 13 août 1980, 11 heures).

Plus de vingt ans séparent ces deux lettres, les premiers et les derniers mots de cette floraison désormais publiée sous la haute fidélité à l’écrivain, par Jean-Luc Outers, comme l’avait fait l’an passé Frans De Haes pour celles de Philippe Sollers. Des milliers de lettres échangées entre les deux écrivains amoureux, deux amoureux écrivains.