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L’automne d’André Derain – Michel Bernard (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 13 Mai 2026. , dans La Une Livres, En Vitrine, Cette semaine, Les Livres, Critiques, Arts, Les Belles Lettres

L’automne d’André Derain – Michel Bernard – Les Belles Lettres – 180 p. – 21,50 euros – 03/04/26. . Ecrivain(s): Michel Bernard Edition: Les Belles Lettres

 

« Ce 25 février 1916, quand beaucoup se défilaient, il avait fait face, défié la mort, la mutilation. Il savait depuis que le courage ne lui manquait pas. Dans ce train qui l’emmène chez l’ennemi, il n’en est plus sûr. Il pousse la tête dehors, ferme les yeux, ouvre la bouche. »

L’automne d’André Derain est cet automne 41, ce vendredi 31 octobre 1941, où le peintre avec d’autres artistes, Vlaminck, Van Dongen, prend le train de nuit pour Munich à l’invitation de l’Allemagne nazie, qui rêve de s’afficher avec des peintres et des sculpteurs français, en échange de la libération d’artistes prisonniers, ce qu’oublieront les Allemands. Un voyage qui pour certains fut celui de la honte et de la trahison, mais Michel Bernard, n’est pas un procureur de la dernière heure, c’est un écrivain, un écrivain au talent éblouissant qui se saisit de ce voyage pour en faire un roman d’une force rare et profonde, comme il se saisit de la vie tumultueuse du peintre.Il ne donne pas de leçons d’histoire, il nous conte celle d’un peintre qui s’est laissé entraîner, sans enthousiasme, sans tomber dans les bras sanguinaires des nazis, vers l’Allemagne et ses musées.

Sollers, le musicien de la vie – Yannick Gomez (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 08 Mai 2026. , dans La Une Livres, En Vitrine, Cette semaine, Les Livres, Critiques, Essais

Sollers, le musicien de la vie – Yannick Gomez – Préface de Rémi Soulié – Essai – Nouvelle Marge – 144 p. – 18 euros – 06/12/2025.


« Je savoure toujours, chez lui, la vitesse et la fulgurance d’exécution – y compris avec une joie mauvaise, je le reconnais, parce qu’elle a le mérite d’égarer puis de perdre les demi-habiles qui, faute de reconnaître la virtuosité, soupçonnent l’imposture. Oui, Sollers est rapide, en immobile voyageur du temps. »

Rémi Soulié – Notes sur un inconnu – Préface

« Lorsque Sollers écrit sur Haydn, sur Mozart, il nous éclaire pour beaucoup sur sa propre conception de la littérature, et par là, en s’appuyant sur la musique, nous dévoile la valeur qu’il lui confère. Celle d’un trace, d’un héritage, d’une signature sonore voulue et espérée comme authentique et irréfragable. »

Yannick Gomez – Sollers, le musicien de la vie

La chute de Luis Ocaña dans le col de Menté – Christian Laborde (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 09 Avril 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Gallimard

La chute de Luis Ocaña dans le col de Menté – Christian Laborde – poésie – Préface d’Éric Fottorino – Gallimard – 56 p. – 10 euros – 12/03/26 . Ecrivain(s): Christian Laborde Edition: Gallimard

« Col de Menté, col de Dante, cercles de l’Enfer. La roue tourne. Christian Laborde a arrêté son stylo-sismographe au point de douleur. Là où se fige la grandeur. »

Éric Fottorino

« jeudi 8 juillet 1971 / le soleil est partout et l’ombre nulle part / Luis / tu réclamais la montagne la voici sous les roues / Luis / les cimes te voulaient elles t’ont / sur leur dos tu te meus et vous ne faites qu’un / ciel virages vélo tout est la même chose / tout se confond tout est apothéose »

Christian Laborde

« col de Menté / col de Menté menteur / maudit col de Menté / la montagne grelotte / maintenant c’est le grain / maintenant c’est la flotte / la drache la radée la rabasse la renâpée / celle que les bergers recourant au gascon / notamment chagat / et le T se prononce et lui-même fait peur »

Christian Laborde

Les tendresses de Zanzibar – Thomas Morales (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 26 Mars 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Les éditions du Rocher

Les tendresses de Zanzibar – Thomas Morales – Editions du Rocher. – 128 p. – 14,90 euros – 04/03/26 . Ecrivain(s): Thomas Morales Edition: Les éditions du Rocher

« La beauté est cette secousse furtive, qui ricoche à l’infini, et dont l’effet va grossissant. J’ai aimé son nez légèrement déplacé, ses épaule rondes, ses mollets musclés et son pubis d’or. Ce ne sont là que des détails, des morceaux de chair qui, sans l’ensemble, la mécanique céleste, ne veulent rien dire. Il faut voir toute cette matière se déplacer, se mouvoir sans peiner, c’était un corps d’arpèges. »

Les tendresses de Zanzibar est à l’image de la beauté de l’aimée qui l’irise : furtive et infinie, il est nourri d’une mécanique romanesque céleste, c’est ce qui fait sa grâce et sa force. Ce roman d’amour est une lettre à l’aimée disparue, écrite d’une plume souple et légère, inspirée, gracieuse, un roman d’une rare profondeur, qui touche tant le cœur que l’esprit, et qui ne laissera insensible que les cœurs de pierre et les âmes lourdes. Les tendresses de Zanzibar raconte les années de joies, de bonheurs, de découvertes du narrateur et de son aimée, les années où les peaux et les mots s’aimantent. Les romans d’amours sont éternels, lorsqu’ils possèdent cette force tellurique, mais aussi cette fragile légèreté ; cette élégance d’être et de vivre qui dure une éternité, qu’elle qu’en soit l’issue, ici la maladie, fatale, mais qui ne détruit pas les histoires partagées, les instants dégustés, la passion vive et vivifiante.

Ligne de risque – Éclats divins III (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 12 Mars 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Revues

 

Ligne de risque – Éclats divins III – Emmanuel Godo – François Meyronnis – Sandrick Le Maguer – Nicolas Machiavel – Numéro 5 – Nouvelle série – Novembre 2025 – 10 euros

Ton âme est un chemin – La vie spirituelle avec Dante – Emmanuel Godo – Artège – 320 p. – 18,90 euros – 18/09/24

« Ici on contemple l’art qui embellit / cette grande œuvre, et on distingue le bien / par quoi le monde céleste meut celui d’en bas. / Mais pour que soient comblés pour toi / tous les désirs qui sont nés dans cette sphère, / il me convient d’aller encore plus loin. / Tu veux savoir qui est dans cette lumière / qui scintille si fort à côté de moi, / comme rayon de soleil en eau pure. »

Dante Alighieri / Le Paradis / Chant IX / traduction Jacqueline Risset / Flammarion