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Articles taggés avec: Genon Arnaud

La disparition des lucioles (réflexions sur l’acte photographique), Denis Roche

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 31 Août 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Arts, Les Livres, Essais, Seuil

La disparition des lucioles (réflexions sur l’acte photographique), mai 2016, 204 pages, 25 € . Ecrivain(s): Denis Roche Edition: Seuil

 

La photographie comme vertige.

C’est en 1974 que Denis Roche – écrivain, photographe et éditeur – fonda au Seuil la collection Fiction & Cie, qui réédite, moins d’un an après la disparition de celui qui fut aussi poète, La disparition des lucioles (réflexions sur l’acte photographique), initialement paru en 1982 aux Editions de l’Etoile. Il s’agit d’un livre hybride, entre l’essai théorique et l’autobiographie, d’un livre-patchwork où se côtoient textes, entretiens et préfaces déjà parus, textes inédits et photographies qui interrogent les rapports entre la littérature et la photographie.

Denis Roche est un de ceux – avec Roland Barthes (La Chambre claire, 1980), Gilles Mora, Claude Nori et Bernard Plossu (fondateurs des Cahiers de la photographie) – qui a donné à la photographie ses lettres de noblesse en la considérant non pas à l’ombre de la peinture, comme elle l’a souvent été, mais comme un art à part entière : « Il faudrait d’abord accepter que la photographie ne soit le décalque ou le substitut de rien, qu’elle soit son propre sujet et que ce sujet seul soit son étude, sa définition, sa visée ».

Le Charme des après-midi sans fin, Dany Laferrière

Ecrit par Arnaud Genon , le Mardi, 23 Août 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Zulma

Le Charme des après-midi sans fin, mai 2016, 216 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Zulma

 

Nostalgie pagnolienne en Haïti

Les éditions Zulma rééditent Le Charme des après-midi sans fin de Dany Laferrière, initialement publié à Montréal, en 1997. Le narrateur, Vieux Os, double de l’auteur au centre de plusieurs de ses romans (L’Odeur du café, 1991, Pays sans chapeau, 1996, Le cri des oiseaux fous, 2000…) nous y raconte sa vie d’adolescent haïtien, à Petit-Goâve au sud-ouest de Port-au-Prince, dans les années 60.

Le roman est avant tout l’occasion de dresser une série de portraits attendrissants, amusants ou grinçants, ceux des figures que le jeune garçon a côtoyées durant son enfance et qu’il peint ici avec une certaine nostalgie. On y trouve d’abord Da, sa grand-mère aimante qui prend soin de lui et qu’entoure une odeur de café, ces cafés qu’elle sirote à longueur de journée et qu’elle offre à ceux qui viennent lui rendre visite. Elle est le cœur (à tous les sens du terme) de son univers, celle autour de qui tourne sa vie. Il y a aussi les amis, Rico et Frantz notamment, l’évocation des premiers amours, des premières déclarations, des secrets que garçons et filles s’échangent. Le notaire Loné qui, dans sa jeunesse, était tombé amoureux de Da et qui s’attache à Vieux Os en qui il voit un garçon à part…

Barbe rose, Mathieu Simonet

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 09 Mai 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Seuil

Barbe rose, mars 2016, 190 pages, 16 € . Ecrivain(s): Mathieu Simonet Edition: Seuil

 

L’ogre-doux

« Je tente d’écrire de l’autobiographie collective ; c’est-à-dire que je mélange mon intimité à celle des autres. Mon écriture à celle des autres. Mon travail est fondé tout autant sur l’écriture que sur le collage de textes ou d’histoires orales qui ne m’appartiennent pas. Je suis un scénographe » (1).

Voici présentée – par lui-même – la singulière entreprise de Mathieu Simonet. Depuis la parution de son premier livre, Les Carnets blancs (Seuil, 2010), il écrit sa vie, la fragmente et la mêle à la vie des autres, à leurs voix. Il orchestre des rencontres, des échanges, il fait circuler des secrets (comme aimait le faire Hervé Guibert). En fait, il propose une nouvelle écriture du « je » qui se construit dans et par le dialogue avec autrui qu’elle convoque, qu’elle provoque. Avec Mathieu Simonet, le « je » devient rapidement un « je » pluriel, un jeu tout court. C’est peut-être la raison pour laquelle son travail nous happe si vite, nous embarque et nous invite à le suivre.

Comédie française Ça a débuté comme ça, Fabrice Luchini

Ecrit par Arnaud Genon , le Mardi, 03 Mai 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Biographie, Flammarion

Comédie française Ça a débuté comme ça, mars 2016, 256 pages, 19 € . Ecrivain(s): Fabrice Luchini Edition: Flammarion

 

 

Le passeur de textes

On ne sait pas grand-chose de Fabrice Luchini. On connaît le personnage médiatique, qui vient présenter ses spectacles ou ses films avec brio sur les plateaux de télévision et n’épargne aucun présentateur de ses coups de folie drolatiques. On connaît le comédien de talent, qui prête sa voix aux plus grands auteurs français. Il livre bien, de temps en temps, dans une interview quelques « indiscrétions » un peu plus intimes, mais le plus souvent pour amuser la galerie, de sorte qu’on ne sait jamais si elles sont réelles ou de circonstance. Son autobiographie, que publient les éditions Flammarion, est alors d’autant plus attendue par tous ceux qui suivent le comédien et en admirent le talent.

« Toute vie est un roman » : entretien avec Laurent Herrou, 12 avril 2016, par Arnaud Genon

Ecrit par Arnaud Genon , le Mardi, 26 Avril 2016. , dans La Une CED, Entretiens, Les Dossiers

 

Journal 2015, Laurent Herrou, Jacques Flament éditions, avril 2016

 

Laurent Herrou est né à Quimper en 1967. En 2000, il a publié Laura, sa première autofiction, aux éditions Balland, dans la collection Le Rayon dirigée par Guillaume Dustan. Il met au cœur de ce premier livre les thématiques et problématiques qui hantent désormais son travail : la difficile quête identitaire d’un sujet tiraillé entre le masculin et le féminin, le bonheur et son impossible réalisation, l’écriture du corps – le sien – et des corps – les autres, fantasmés ou réels – et de leurs désirs…

De là émerge un « je » fragmentaire, multiple et insaisissable (Le bunker, Jacques Flament éditions, 2015) qui se dit et s’invente, se projette et se décuple à travers romans, autofictions, journaux personnels, textes courts publiés en revues ou petites vidéos.

Il vient de publier, aux très sérieuses et indépendantes éditions Jacques Flament, son journal de l’année 2015.