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52.dimanche (XXXIX)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 30 Novembre 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

le corps

quelle place, à quel degré, où et comment ?

un corps clos, fermé, sans continuation

ce corps-là, seul, est celui qui existe, en vérité

un corps non écrit, invalide, impropre à rester au milieu de la page ?

car écrire, de toute évidence, au contraire peut-être de la peinture, évacue, fait disparaître, anéantit, défait ce que le corps produit comme élocution, humeurs, au profit de quelque chose d’inorganique

forme de présence qui s’efface mais qui cependant ne disparaît pas, mais se constitue comme éclipse, comme un discours qui s’interpose

A propos de "Galaxies intérieures" d'Anise Koltz

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 25 Novembre 2013. , dans La Une CED, Documents, Les Dossiers

Galaxies intérieures, Anise Koltz, ed. Arfuyen, octobre 2013, 10 €

 

Dilatation


Je m’arrête un instant dans ma lecture de ce recueil de poèmes de la poétesse luxembourgeoise Anise Koltz, qui publie un nouveau livre chez le très bon éditeur Arfuyen, pour chercher un équilibre entre les différents sentiments et diverses notions que me donnent les poèmes. Ils sont écrits, on le ressent, au-devant d’une réflexion mature au sujet de notre issue terrestre à tous, plus ou moins brève pour chacun. Oui, je fais une pause pour rassembler mes idées et éclaircir mes pensées. Car c’est bien de la pensée dont il s’agit là, peut-être plus que de langage – même si l’écriture de ce texte est d’une clarté de cristal. Or, pour le cas des idées, il faut se frotter au monde de l’abstraction et ne pas simplement laisser « chanter » le langage. On doit, et je me dois à mon tour, de mener une activité spéculative, et c’est fort plaisant.

52.dimanche (XXXVIII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 23 Novembre 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

anxiété

sujet fort difficile

surtout, si l’on considère cette idée dans son aspect vertical, l’anxiété comme un brisement

une façon personnelle, un exercice de l’anxiété, de cette sorte de proximité que l’on a par exemple avec les créatures chtoniennes, qui sont des merveilles d’inquiétude et de mélancolie

je pense aux brouillons de Leopardi, intéressant cette question

oui, une force dure et savante dans l’angoisse à laquelle je crois

le sentiment de l’angoisse, ce qui ne renvoie à rien

l’anxiété qui est juste une fleur ardente et rouge sans matière, sans chose

52.dimanche (XXXVII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 16 Novembre 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

réel

le réel en sa représentation

n’est-ce pas là à quoi va toute tentative pour écrire ou décrire ?

oui, décrire fabrique du réel où, en quelque sorte, la réalité se défait et se refait dans le langage

fusion dans le corps de la langue du corps de la chose

produire de l’effet de réel avec un peu de vision, que sais-je, le cercle rouge de l’abat-jour de la lampe ou le reflet d’argent qui se jette depuis l’huis de la ruelle

est-ce suffisant pour motiver cette lettre dans son ensemble ?

Poèmes du festin céleste, Jean-Yves Masson

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 15 Novembre 2013. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Poèmes du festin céleste, L’Escampette, 2002 . Ecrivain(s): Jean-Yves Masson

 

Nombres à propos des Poèmes du festin céleste, anthologie personnelle de Jean-Yves Masson

 

Aborder la riche livraison des poèmes de l’anthologie personnelle de Jean-Yves Masson nécessite de petits préliminaires. Au regard de la question des temps et de la composition – 1983/1995, donc du très jeune âge du poète qui débute jusqu’au devant de la personne adulte, dont la trace est visible au fur et à mesure de la lecture – et le saut jusqu’au livre, je voudrais dire deux ou trois choses. Paru en 2002, donc presque une dizaine d’années après ma propre intervention ici – dix années de plus, après la dédicace que l’auteur m’a fait en 2003 –, je ne peux que dire que cela intéresse plus le sujet de l’auteur que ne le laisse entendre cette anecdote des nombres.

En effet, l’étoffe poétique de Jean-Yves Masson a souvent traité la question du mètre en poésie. Il est d’ailleurs connu pour des onzains et des neuvains chez Cheyne éditeur. L’anthologie que j’ai dans ma bibliothèque est dédicacée ainsi pour Didier Ayres : cet « album de vers anciens » revus, mais légèrement par celui que je suis aujourd’hui […] janvier 2003.