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Ping Pang Qiu 乒乓球, Angélica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 18 Juin 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Théâtre, Les solitaires intempestifs

Ping Pang Qiu 乒乓球, traduit de l’espagnol par Christilla Vasserot, 45 pages, 2013, 10 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

Née en 1966 en Espagne, Angélica Liddell, depuis son enfance, est habitée par des personnages, des dialogues. Plutôt que de s’engager dans un apprentissage conventionnel du théâtre, elle se construit dans les rencontres. La vie et le théâtre ne font qu’un. Elle écrit, elle met en scène, elle est sur le plateau : elle se mutile, boit de l’alcool, elle dit toutes les horreurs des êtres et du monde. Elle fonde la compagnie Atra Bilis en 1993 et ne cesse d’écrire (une vingtaine de pièces à son actif). En France, le public découvre la puissance de son théâtre lors du festival d’Avignon en 2010 avec la pièce La maison de la force, spectacle de quatre heures.

Ses œuvres parlent de la douleur des clandestins africains qui s’échouent sur les côtes espagnoles, des monstres comme Richard III, des femmes mexicaines… Angélica Liddell est sans aucun doute comme Rodrigo Garcia un phare du théâtre contemporain ibérique.

Pour entrer dans l’univers d’Angélina Liddell, il faut visiter son site organisé en deux parties : la vida et el trabajo. Il réunit des collages, des dessins, des détournements. Les corps des femmes y sont suppliciés, érotisés : www.angelicaliddell.com

Ekphrasis 4 - Architextures

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 11 Juin 2013. , dans La Une CED, Documents, Les Dossiers

 

A Hervé Bougel : il saura pourquoi.

 

Elle est revenue à Grenoble.

Elle est venue retrouver celui avec lequel elle arpenta sa jeunesse.

 

Des villes, des villes nouvelles. Ce que l’on ne nomme plus les grands ensembles. Les cités, les quartiers. La France rapatrie, reloge. Philipe Cognée est un enfant des sixties.

Murailles de Chine, barres interminables que l’on dynamite déjà. Grands rêves, des appartements avec douche, des cabines d’ascenseur à petit hublot qui montent comme des fusées de la conquête spatiale jusqu’au quinzième étage. Le vide-ordure dans la cuisine lumineuse fait descendre vertigineusement les reliefs du repas. Les cafards en ont profité.

Créer "Chef-d'oeuvre" de Christian Lollike

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 05 Juin 2013. , dans La Une CED, Etudes, Les Dossiers

ou les quatre voix dans la poussière du monde


Simon Delétang est un infatigable guetteur du théâtre d’aujourd’hui. Il a pour lui l’énergie de sa jeunesse et l’on comprend qu’il soit un « frère » du danois Christian Lollike qu’il a été le premier à monter en France en 2011 avec sa pièce Angoisse cosmique ou le jour où Brad Pitt fut atteint de paranoïa. En 2012, il aborde Chef-d’œuvre avec les étudiants du TNB. C’est avec quatre jeunes comédiens de cette équipe qu’il revient sur le texte qu’il crée en traduction française aux Ateliers à Lyon, en mai 2013, théâtre dont il fut jusqu’à récemment co-directeur.

Le texte s’interroge sur le spectacle du monde, celui sans doute qui n’eut pas d’égal dans la mémoire des hommes : le 9/II à New York. Est-ce bien lui le chef-d’œuvre absolu, plus que l’acte guerrier et terroriste, des images en direct live pour nourrir le monstre CNN ? Lollike ne peut donner à voir et à entendre la pièce sur les étrangers qui semblait initialement prévue. Il faudra faire concourir toutes les horreurs du monde : Rwanda, famine africaine, Titanic, Beslan. Le monde ne serait-il devenu qu’un immense reality-show ?

Mourir tendre, Guy Régis Jr

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 16 Mai 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Livres décortiqués, Théâtre, Les solitaires intempestifs

Mourir tendre, 2013, 96 pages, 13 € . Ecrivain(s): Guy Régis Jr Edition: Les solitaires intempestifs

 

 

« Le théâtre est mon rêve d’homme »

 

Le titre d’une œuvre est comme une clef d’or qui nous ouvre les portes d’un lieu mystérieux. Guy Régis Jr plus que tout autre auteur nous invite à une lecture où l’incertitude syntaxique dit déjà le monde autrement. Il ne s’agit pas d’exotisme haïtien, créole, mais d’une vision poétique nouvelle. Mourir va généralement avec jeune, vieux ; mourir ici s’associe à un mot doux. Nous le comprendrons totalement à la fin du texte (p.90) quand l’un d’entre eux dira « je voudrais mourir tendre » comme un oiseau. Tendre de mourir en plein vol. Et d’ajouter « De mourir de la vie ».

Tout le texte de la pièce tendra vers ce point de délivrance, vers son mot ultime « finissement ».

Chef-d'oeuvre, Christian Lollike

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 09 Mai 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Pays nordiques, Théâtre

Chef-d’œuvre, traduction du danois Catherine-Lise Dubost, Editions Théâtrales, collection Traits d’Union, 2008, 36 pages, 9 € (chez le même éditeur : Service suicide ; Histoire à venir) . Ecrivain(s): Christian Lollike

 

WTC 9/11 ou peut-on encore faire du théâtre ?

 

Chef-d’œuvre est une œuvre coup de poing. Son auteur revendique l’influence du philosophe slovène Zizek, auteur de Bienvenue dans le désert du réel, ouvrage dans lequel il s’interroge sur la dimension spectaculaire de l’événement universellement médiatisé. Elle peut révolter, ébranler les convictions des lecteurs et des spectateurs, elle dérange les bonnes consciences.

Comme souvent chez Lollike, les personnages n’existent plus. Il se sert des lettres de l’alphabet de A à Z pour identifier l’entrée des voix. La première partie du texte convoque les voix de A à D. Il s’agit des positions de débatteurs autour de la question des spectacles qu’offre notre monde, spectacles de terreur, spectacle de téléréalité ; de toute façon tout est performance.